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parotomie le meilleur point de division de notre ouvrage, bien qu’elle soit, en réalité, la première thérapeutique aclive qui ait été appliquée aux ruptures de l’utérus.En effet, l'expectation seule fleurissait, sans éclat, avant son apparition, ce qui n'empêche pas qu'il a fallu à l’incision abdominale de longues années pour effacer, entièrement et définitivement, de la mémoire de tous, le souvenir de la méthode surannée qui l'avait précédée. Existe-t-il d’ailleurs un seul exemple de théories ou de pratiques nouvelles venant à leur naissance, supplanter, du jour au lendemain el sans coup férir, celles, déjà existantes, qui, par le fait même de leur ancienneté, jouissent d’un véritable brevet de véracité ou de perfection ? Qu’on songe, à toute la longue série de luttes vives qu’eut à entreprendre le grand Pasteur, de 1860 à 1880, pour faire définitivement accepter au monde ses idées, aujourd'hui confirmées, sur l'action des germes parasitaires dans les fièvres chirurgicale et puerpérale. Nous l’avons dit, la laparotomie ne fit pas exception à cetle règle ; ce n’est que lentement et progressivement qu'elle triompha. Inaugurée en France, pour rupture utérine, par Thibault Desbois (1) en 1767, elle resta longtemps une intervention exceptionnelle et elle n’est entrée dans la pratique chirurgicale que vers la ioitié de ce siècle, sous l'influence de l’auteur américain Frask et surtout sous l'influence des brillantes statistiques qu’ila publiées de 1848 à 1858 (2). Ces statistiques ont été reprises et complétées plus tard par Jolly dans sa thèse de 1870 (3). C'est de cette époque peu reculée que date le
(1) Déneux, De la rupture de la matrice. Thèse Paris, 1804.
(2) Trask, Am. Journ. of med. Sciences, 1848 et 1856, XV et XXXII, p. 104, 383, 81.
(3) Jozey, Thèse Paris, 4870.
véritable succès de cette opération ; c’est alors qu'on vitle traitement des ruptures utérines par la laparotomie s'ancrer petit à petit et tous les jours davantage en France et à l’éfranger, pendant que s’évanouissait progressivement le rêve de ceux qui avaient vu d’abord dans l’expectation, ensuite dans la plupart des méthodes de traitement par voie vaginale, le plus sûr moyen de traitement. D'où, ilne faudrait pas conclure que tous les procédés de traitement par le vagin méritent absolument d’être rejetés. Nous verrons plus tard qu'il en est de bons, susceptibles de donner d'excellents résultats dans quelques cas, rares il est vrai, de rupture de la matrice.
En résumé, dans l'étude comparée que nous allons entreprendre des différentes méthodes de traitement usitées dans les ruptures de l'utérus, nous ne suivrons pas l’ordre chronologique d'apparition de ces méthodes ; nous estimons qu'il vaut mieux nous servir de la laparotomie, bien qu'ancienne, pour scinder notre travail en deux parties.
Dans la première partie, nous étudierons l’expectation et les méthodes de traitement par voie vaginale. Nous examinerons leur valeur réelle et réciproque en même temps que les causes du juste discrédit de la plupart.
Dans la deurième partie, nous nous confinerons entièrement dans l'étude des méthodes de traitement par voie sanglante abdominale, par cette laparotomie qui, après avoir été longtemps elle-même un procédé thérapeutique (laparotomie sans suture),a ouvert progressivement et successivement la voie à la suture utérine , à l’hystérectomie abdominale partielle (opération de Porro) et à l’hystérectomie abdominale totale.
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