‹ Étude comparée du sphygmographe de Marey et du sphygmographe de DudgeonChapitre 10 sur 21 · D LE · texte numérisé non relu

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d'où formation d'un crochet. Pour nous en assurer, nous avons répété l'expérience suivante de Buisson (1).

Au moyen d'un petit curseur glissant le long d’une des branches montantes de l'instrument, nous avons empêché l'aiguille de revenir jusqu’à son point de départ nous avons limité sa course d’abord aux trois quarts supérieurs de la ligne d’ascension, puis de plus en plus, à la moitié, au quart, et enfin au sommet, qui seul était inscrit sur le tracé : il est évident que de cette manière nous détruisions peu à peu la force d'inertie et qu'au sommet elle devait ètre nulle.

Nous avons répété cette expérience plusieurs fois, et dans tous les cas nous avons obtenu la même pointe au sommet.

Au commencement de la systole on rencontre souvent, mais pas toujours, un petit soulèvement de la ligne de descente (voir tracé n° 2A BuRI I D.UCéCR Fée sulte :

1° Soit de la fermeture des valvules sigmoïdes, au moment où vient de passer l’ondée sanguine.

2 Soit de la chute brusque de la pression artérielle; dans ce cas, les tuniques artérielles distendues par le sang reviennent sur elles-même d’une manière brusque, ce qui explique l'absence de plateau, et ce crochet résulterait du retrait beaucoup

(1) Marey. Circulation du sang, page 217.

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plus lent de la tunique artérielle non distendue. Nous avons encore cherché d’autres explications : ainsi ce crochet qui existe aussi presque toujours dans l'insuffisance aortique compliquée de lésions mitrales, comme nous le verrons plus loin (tracés 4, (4 bis), pl. ID) nous avait fait penser qu’il pouvait bien être dù à la fermeture de ces valvules, mais la difficulté d’expérimentation nous à empêché de nous prononcer catégoriquement ; nous donnons simplement les différentes théories, sans nous en tenir à une seule, les sachant toutes sujettes à discussion.

La ligne de descente se continue ensuite plus ou moins obliquement puis il se produit un crochet prédicrotique qui existe toujours, mais se trouve plus ou moins marqué; dans quelques cas il n’était visible que sous forme d’une petite ondulation (voir tracés n® 3,9, 7, pl. I). Après le crochet prédicrotique et très près de lui se produit le dicrotisme, toujours bien accentué (mêmes tracés).

Différentes théories ont été émises pour expliquer le prédicrotisme et le dicrotisme. Ozanam dans son traité de la Circulation et du pouls (1) n’en donne pas moins de onze ; cette multiplicité montre bien l'incertitude où l’on se trouve pour l’expliquer, aussi nous nous contentons de renvoyer le lecteur à ces traités spéciaux.

La fin de la ligne de descente du tracé n'offre rien de particulier à signaler et présente deux ondula-

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tions plus où moins marquées dont la première qui suit le dicrotisme présente une concavité supérieure, effet de réaction, produit sans doute par le dicrotisme.

L'angle mférieur formé par la réunion de la ligne de descente (systole artérielle) et la ligne d’ascension (diastole) est en movenne de 24 à 26°.

Tels sont les caractères observés dans les tracés obtenus à l’aide du sphygmograhe de Dudgeon.

Parmi ces caractères, nous avons vu que tous n'étaient pas constants: voici ce que nous avons observés dans certains cas :

Quand le petit soulèvement qui vient au début de la ligne de descente n’existe pas (nous avons vu qu’il n’était pas constant), la ligne d’ascension reste la même, mais la ligne dé descente se trouve modifiée : elle est beaucoup moins oblique et descend brusquement jusqu’en bas du tracé et là seulement se produit le soulèvement prédicrotique et dicrotique d’une manière plus accentuée que dans les autres tracés (voir tracés n° 3, 4, 5, pl. D.

Nous venons de donner les caractères des différentes parties qui constituent un tracé, il nous reste encore à examiner ces différentes parties, les unes par rapport aux autres, mais auparavant nous allons dire ce qu'il faut entendre, d’après Marey, par phase syvstolique et phase diastolique cardiaque.

Pour Marey le cœur entre en contraction dès le début de la ligne d’ascension et cette contraction se prolonge jusqu’au moment où se produit le dicro-

tisme, c'est ce qu'il appelle la phase systolique cardiaque ; à partir du dicrotisme jusqu’à la fin du tracé, c’est la phase diastolique. Dans les tracés obtenus à l’aide du sphygmographe de Dudgeon, nous avons toujours trouvé une phase systolique moins longue, dans la proportion de 2 à 3 ou de 2 à 4, que la phase diastolique du même tracé (voir tracés Dudgeon, pl. I et Il).

Les crochets prédicrotiques et dicrotiques étaient presque toujours rapprochés l’un de l’autre et occupaient sur la ligne systolique une place indifférente, c'est-à-dire qu'ils se trouvaient tantôt avant, tantôt après le milieu de cette ligne.

Il. — CARACTÈRES DES TRACÉS OBTENUS AVEC LE

SPHYGMOGRAPHE DE MAREY

Voici maintenant ce que nous avons observé avec le sphygmographe de Marey sur les mêmes sujets et aux mêmes heures de la journée.

La ligne d’ascension (diastole artérielle) est plus ou moins verticale et quelquefois même assez oblique (voir tracés, 2° colonne, pl. D. Elle présente aussi moins d'amplitude (voir tracés de Marey, pl. I, ID. Elle est toujours surmontée d’un plateau ayant la forme d’un demi-cercle reliant la ligne diastolique à la ligne systolique. Dans tous nos tracés nous n'a-

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vons constaté l'absence de ce plateau que 4 ou 5 fois (voir tracés (4 bis) pl. I et ID); dans ces cas, il était remplacé par un angle aigu simple ou un angle suivi immédiatement d’un petit crochet qui se confondait pour ainsi dire avec le sommet et formait plateau (tracé (3 bis), pl. D.

L’angle de diastole et de systole supérieur est plus ouvert par le fait de l’existence de ce plateau et la ligne d'ensemble systolique forme une diagonale partant du plateau et allant aboutir au bas de la diastole du tracé suivant. Vers le milieu de la ligne systolique, on rencontre le crochet prédicrotique qui n'existe pas toujours et, immédiatement après lui, le dicrotisme qui est toujours bien marqué (voir tracés Marey, pl. Tet ID). La fin de la ligne de descente se continue d’une manière presque droite ou sous forme de deux arcs de cercle dont le premier présente sa concavité en haut et le second en sens inverse. L’angle inférieur systolo-diastolique est plus ou moins ouvert et mesure de 24 à 26°.

Quant à la position de ces différentes parties, les unes par rapport aux autres, elle est plus variable que dans les tracés obtenus par Le sphygmographe de Dudgeon. Comme longueur, la phase systolique cardiaque est plus petite que la phase diastolique dans le rapport de 1 à 2. Dans les autres cas elle est égale.

Le dicrotisme est le prédicrotisme se suivent de très près et occupent une place indifférentee sur la ligne de descente.

Oops IT. — APPRÉCIATION GÉNÉRALE. .

On voit par ces quelques études que les tracés obtenus par les sphymographes de Dudgeon et de Marey sont identiques : les deux appareils ne différent que par leur degré de sensibilité. Le sphygmooraphe de Dudgeon est plus sensible que celui de Marey ;nous allons essayer de le prouver.

a) D'abord la ligne diastolique artérielle, qui est plus verticale, mesure une plus grande amplitude ; elle exprime mieux le bondissement de l'artère, la dilatation brusque de celle-ci sous l’influence de la contraction cardiaque.

b) Le sommet aigu de l’angle supérieur est aussi une conséquence de cette mème sensibilité, le plateau que nous trouvons dans les tracés obtenus par le sphygmographe de Marey ne peut s’expliquer que par linertie de l’appareil, la vitesse sanguine dans l’artère (à l’état normal) ne permettant pas au sang de stationner assez longtemps pour le produire.

c) Le crochet prédicrotique que nous avons tou- Jours trouvé dans les sphygmogrammes de Dudgeon et qui n'existe pas toujours dans ceux de Marey tient aussi à sa sensibilité plus grande; quoique nous ne puissions l'expliquer, c’est un élément constant de plus dans le tracé sphygmographique, élément qui «doit avoir sa valeur. |

d) La fin de la systole artérielle qui est aussi

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