Moniteur du 29 avril 1790, t. IV, p. 234 et suivantes
La regrettable suspension de l’exécution des peines prononcées par les Conseils de guerre, ne tarda pas à produire les plus fâcheux effets : aussi le 6 août de la même année, le ministre de la Guerre monte-t-il à la tribune de l’Assemblée pour y faire la déclaration suivante (1): « Je me prépare à mettre sous vos yeux le nouveau travail que le roim'aordonné d’après les bases que vous avez décrétées sur la nouvelle organisation de l’armée ; mais le retour de l’ordre et de la discipline doit être en ce moment l’objet le plus pressant de votre sollicitude. Le roi m’envoie avant tout pour vous prévenir de la licence effrénée qui s’est introduite dans l’armée. A chaque instant il arrive de nouveaux courriers porteurs de fâcheuses nouvelles ; dans le dernier message que j’ai eu l’honneur de faire auprès de vous, je vous exposais le danger des comités qui s’élaient formés dans les régiments ; c'est là que fermentent les plus violentes passions ; c’est là que deux fois s’est préparée la détention du lieutenant-colonel de Poitou; c’estlà que Royal-Champagne a conçu l'insurrection par suite de laquelle il a refusé comme sous-lieutenant un sous-officier que ses services et son anciennelé appelaient à ce grade. Une partie de l’armée négocie avec le ministère et tous les jours mon cabinet est rempli de soldats députés vers moietqui viennentm'intimer fièrementles volontés de leurs commettants. »