Journal officiel du 31 mars 1909, p. 929 et
Ts
si bien ces lignes : « L’armée est notre ennemie directe puisqu'elle est la force brutale mise au service de nos maîtres contre nous (1). »
Et c’est parce que le parti collectiviste a une parfaite connaissance de toutes les difficultés actuelles qu'il apporte tant d’ardeur et d’habileté incontestable à désagréger Les forces militaires en s’attaquant à la discipline qui seule leur sert de ciment, mais qui n’a pas toujours pour défenseurs convaincus ceux-là même qui y font le plus fréquent appel.
Mais ces raisons supérieures de conservation ne doivent pas nuire aux idées de saine amélioration bien au contraire ; plus un organe est indispensable dans son ensemble, plus on doit s’efforcer d’en perfectionner toutes les parties. C’est pourquoi nous allons examiner successivement chacune des principales objections faites à cette institution nationale. Nous rejetterons les affirmations sans fondement ou les erreurs manifestes qui ne tiennent pas à l'examen mais nous retiendrons précieusement les critiques justifiées susceptibles d'amener dans la réorganisation espérée et qui semble devoir être proche plus de garanties de force, de justice et d'équité.
Nous procèderons donc à l'examen méthodique des
1. Paul Fesch, L'Année sociale el économique en France et à l’étranger (Paris, 1907). (Voir les 2 chapitres : L’Antimilitarisme, La Con-
fédération générale du travail),
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critiques formulées au Parlement en nous efforçant, autant que possible, d’être complet mais tout en nous restreignant du reste à une discussion aussi succincte que précise. Nous ferons cependant une exception en faveur de la principale objection qui fera plus particulièrement l’objet de toute la première partie de notre étude, parce que nous la considérons, à juste titre, comme plus véritablement juridique parmi toutes les objections faites contre l’existence d’une justice militaire spéciale ; nous voulons parler de la contradiction qu’on a voulu voir dans l’existence de celte juridiction avec le principe de « l'Unité de Juridiction ». C’en en quelque sorte une question préjudicielle et qu’il est nécessaire de résoudre immédiatement et aussi complètement que possible, car elle domine de très haut tout le débat.
Nous sentons très bien, en abordant cette étude, toute l’audace qu’il nous faut avoir, de vouloir affronter de si vastes questions alors que nous n’avons à notre actif qu’un bagage trop restreint des connaissances et des lumières qui nous auraient été indispensables pour le mener à bien.
Nous en avons fait l'expérience du reste en mettant au point ce travail et nous avons trop bien compris qu’il nous aurait fallu,pour couronner nos efforts, une autorité et une compétence particulières qui nous font totalement défaut.
Toutefois, la seule excuse de notre témérité aux
et —-
- yeux de tous ceux qui seraient tentés de nous reprocher les nombreuses lacunes de cet essai, sera, nous
l’espérons, le culte ardent quenous professons et que
nous avons voué depuis toujours à tout ce qui tou-
che de près comme de loin à l’Armée et à la Patrie,