A. France. Le Mannequin d’osier, p
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« A côté des articles qui nous montrent une passion irréductible, écrit le général Pedoya, nous avons vu un ancien ministre, républicain modéré, écrire : La justice militaire n’est plus dans notre société moderne qu’un organe suranné en contradiction par sa nature mème avec nos mœurs et nos idées ; elle n’a pas d’autre résultat que de perpétuer une conception de l’armée et de sa discipline qui remonte à plusieurs siècles dans le passé. Quand on l’aura supprimée, on sera étonné qu'elle ait pu subsister jusqu'aux premières années du xx° siècle. (1) »
Quoi qu’il en soit cependant du plus ou moins de fondement de tous ces griefs et de toutes ces criliques, leur véritable cause, au fond, c’est toujours l'erreur primordiale que nous avons déjà signalée plusieurs fois : l'oubli, la méconnaissance de la distinction fondamentale qu’il faut faire entre la Société civile fondée sur la liberté et la Société militaire basée
sur l’obéissance.
La justice militaire a pour mission exclusive d’appliquer et d'interpréter les lois gardiennes de la discipline et de l’obéissance. Elle est et doit être en quelque sorte l’organe d’exploitation de la crainte du châtiment en faveur de la discipline, la continuation
de l’action disciplinaire qui appartient à tout chef