‹ Etude Critique des Réactions dites Quantitatives utilisant les Antigènes Cardiolipidiques (Méthodes de floculation et de fixation du complément)Chapitre 8 sur 69 · A UN TUBE · texte numérisé non relu

A UN TUBE

La technique de fixation du complément avait été à l'origine d'une tentative d'appréciation du degré de positivité d'un sérum par l'évaluation de l'intensité de l'hémolyse. Vernes et Jeanselme introduisent, en effet, des échelles colérimétriques réalisées avec diverses solutions de fuschine et d'acide picrique : la comparaison des couleurs obtenues par ces dilutions avec celle de l'hémolyse du tube-réaction permet de chiffrer celle-ci; par la suite cette échelle est remplacée par une échelle à hémolyse d'hématies : les résultats varient entre Ho et HB8, méthode encore employée en France, soit sous cette forme, soit en employant une notation

par croix: ++EL+ + ou 0.

Si cette technique permet une certaine classification des sérums faiblement positifs, elle n'autorise pas à juger du taux de réagines contenues dans les sérums très positifs et ne donne aucune possibilité de réaliser une distinction entre tous les sérums classés Ho ou ++++, surtout avec les réactions modernes qui ont un seuil de positivité très bas: nous verrons que le taux d'anticorps peut baisser considérablement sans que le nombre de croix de la sérologie qualitative change.

Les réactions de floculation subirent la même codification : mais c'est à Vernes que revient le mérite d'avoir tenté de mettre au point une réaction qu'il voulait vraiment quantitative, un procédé de « syphilimétrie », en proposant sa réaction au péréthynol : appréciation de la densité optique d'un sérum par addition à ce dernier d'une solution de péréthynol préparée à partir du cœur de cheval. Pour cet auteur, la densité optique correspond au taux de pallidine, sécrétion du tréponème, qui se trouverait dans le sérum expertisé. || y aurait proportionnalité entre le chiffre

ER Tres

déterminé au photomètre et la teneur en pallidine puisqu'au terme d'une expérience, il constatait que si à un sérum négatif on ajoutait de la pallidine en quantité croissante, la densité optique du mélange augmentait en proportion. Certains auteurs, tel Jaubert de Toulon, utilisent encore cette méthode, mais elle n'est pas réellement quantitative : ainsi que le fait remarquer P. Durel la lecture ne porte que sur une seule dilution de sérum: « on n'étudie qu'un seul point de la courbe de réaction au lieu d'établir cette courbe elle-même ».

Enfin, la méthode immunochimique recourt au micro-dosage de l'azote des protéines-anticorps contenues dans le précipité de réaction : elle fut d'abord étudiée par Heidelberger et Kendall ; en France, Merklen et Berthaux l'ont appliquée en 1952 à la syphilis mais c'est une méthode longue, délicate et qui se heurte au fait que le sérum syphilitique a une très faible teneur pondérale en réagines. Ce serait là pourtant une méthode quantitative excellente bien que Merklen ait mis en garde contre le fait qu'il existe une fixation non spécifique d'azote protéique par les antigènes cardiolipidiques dans les sérums normaux et syphilitiques.

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