II. — LES RÉACTIONS OUANTITATIVES A PLUSIEURS TUBES
Elles sont vraiment quantitatives en ce sens que, pour un même sérum, on fait varier les divers constituants du complexe antigèneanticorps afin de pouvoir déterminer la concentration du sérum en anticorps. Pour parvenir à ce résultat, trois techniques fondamentales furent employées.
Faire varier la quantité d'antigène entrant en réaction, afin d'établir le rapport le meilleur entre la teneur en anticorps du sérum et l'antigène réagissant. C'est le but de la technique originale de Wassermann qui en utilise trois quantités différentes ; celui-ci est, en effet, peu sensible d'où la nécessité d'une quantité importante d'antigène pour révéler un sérum faiblement positif qui n'apparaîtra que dans le tube en contenant le plus.
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La réaction de Kahn utilise aussi trois quantités différentes d'antigène : mais ici un sérum faiblement positif est positif dans le tube en contenant le moins : par cette technique, on peut démasquer un sérum positif apparaissant négatif à cause du phénomène d'inhibition par excès d'anticorps par rapport à l'antigène présent.
Faire varier la dose de complément utilisée : on recherche combien d'unités de complément sont fixées par le complexe antigène-anticorps. C'est la méthode décrite, en 1911, par Calmette et Massol. || semble que ce soit la solution idéale puisque la quantité de complément entrant en jeu est uniquement fonction de la teneur du sérum en anticorps: mais pour qu'il y ait relation linéaire entre celle-ci et celle-là, il faut opérer exactement à l'optimum du système antigène-anticorps : c'est pourquoi il faudrait adjoindre à cette Variation de la dose du complément des dilutions de l'antigène: ce n'est plus alors la technique de Calmette et Massol, mais celle en hémolyse 50 % dans laquelle on détermine la quantité de complément fixée, exprimée en unités 50 %.
Enfin, faire varier la quantité d'anticorps: c'est la méthode dite « des dilutions » du sérum à expertiser, qui a été particulièrement. étudiée aux Etats-Unis ces années dernières et à laquelle habituellement les auteurs réservent le nom de « Réaction Quantitative ». Elles visent à mettre en présence une quantité constante d'antigène et un même volume de dilutions successives du sérum à expertiser.
Nous avons cité les premières tentatives de Boas et nous avons vu qu'ensuite cette technique avait été délaissée, pour être reprise il y a une dizaine d'années. C'est qu'en effet cette méthode avait deux exigences qui n'étaient alors pas satisfaites :
Pour donner à la réaction un sens immunologique, il faut que l'anticorps qu'elle cherche à doser soit un anticorps spécifique de l'affection, sans quoi il est inutile de rechercher une telle précision. D'autre part, si l'on veut pouvoir comparer les résultats de réactions pratiquées à intervalles réguliers sur le sérum d'un ma- lade, afin de recueillir des renseignements cliniques ou thérapeutiques, il faut que les éléments réagissant soient toujours identiques à eux-mêmes, en particulier que l'antigène ait la même sensibilité
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d'un test à l'autre, sans quoi il est impossible de tenir compte des variations du taux d'anticorps.
Or, les -antigènes empiriques ne sont pas de constitution simple et varient d'un lot à l'autre : qu'il s'agisse de l'antigène de Wassermann où de ceux plus étudiés de Bordet-Ruellens, Démoulières, Debains, Demanche, Kahn. tous étant préparés à partir d'organes, cœur de bœuf ou foie humain, donc de composition mal définie.
C'est pourquoi les sérologistes n'ont vraiment commencé à pratiquer des réactions quantitatives que lorsque Miss Pangborn eut montré la possibilité de réaliser un antigène syphilitique de structure chimiquement définie (cardiolipine + lécithine + cholesté- rol), et qui par là-même était susceptible d'être reproduit toujours identique à lui-même, d'autant plus que l'Office Mondial de la Santé, en 1951, codifiait la synthèse de cet antigène cardiolipidique.
Disposant dès lors d'un antigène constant et stable, qu'ils pouvaient titrer facilement par la méthode de Boerner-Luckens, les séroloaistes pouvaient réaliser le vœu des syphiligraphes : suivre les syphilitiques tout au long de leur maladie en établissant une courbe d'évolution des anticorps, anticorps qui, nous allons le voir, sont bien spécifiques de l'affection.
CETAPITREU II
L'ANTICORPS ANTILIPOIDIQUE DANS LA SYPHILIS
(Alias : réagine syphilitique - anticorps de Wassermann - anticorps L
des auteurs italiens)
La raison d'être de la sérologie quantitative est étroitement liée, nous l'avons vu, à la connaissance de la nature de l'anticorps syphilitique : elle ne peut avoir une signification que si la « réagine » est véritablement un anticorps.
LD