‹ Étude critique des résultats éloignés dans les cholécystectomiesChapitre 14 sur 33 · LE HIO\E · texte numérisé non relu

LE HIO\E

cycle menstruel : grossesse, ménopause, qu'apparaît la douleur révélatrice. Dans certains cas inverses, les douleurs typiques vésiculaires furent, au contraire, guéries par la ménopause. Il existe donc une interdépendance indiscutable entre la fonction ovarienne et la fonction hépatique. Le terrain de la malade apparaît comme sensibilisé par la fonction ovarienne.

Mme Be..., 27 ans, présente en mars 1925, au premier mois d'une grossesse, une crise de colique hépatique typique. Depuis son accouchement jusqu’à la date de l'intervention, 2 avril 1927, elle se plaint à chaque période menstruelle de pesanteurs douloureuses de l’hypocondre droit avec subictère. De temps en temps, à ces mêmes périodes, c’est une crise vésiculaire telle que la colique initiale. ‘

Mme D..., 34 ans, est parfaitement bien réglée, jusqu'à 3x ans, âge auquel, sans cause déterminable, ses règles s’arrêtent. Très bien portante jusque là, elle voit apparaître peu après cet

arrêt des règles les crises douloureuses qui vont amener au dia-

gnostic de cholécystite et à la cholécystectomie.

Tel est le symptôme douleur. En résumé :

En dehors d’une forme assez spéciale, la colique vésiculaire, les aspects autres que cette douleur peut revêtir bien fréquemment, risquent de guider vers une affection ulcéreuse gastro-duodénale ou vers une dyspepsie banale.

Lors même que la douleur est rattachée à son origine hépato-biliaire :

— elle peut représenter la souffrance du parenchyme hépatique, sa réponse à un dysfonctionnement biliaire ;

— elle ne présente aucun caractère différentiel valable suivant la nature de la cholécystite,

Enfin, son intensité est essentiellement variable d’un sujet à un autre — et ces variantes sont, nous le verrons, des éléments considérables d’appréciation du terrain du malade.

b) L'ictère.

C'est un symptôme de valeur minime.

Il est tout à fait inconstant : son absence ne peut donc jamais faire éliminer le diagnostic de cholécystite.

Il traduit le plus souvent une poussée légère d'hépatite; sa constatation n'apporte donc pas d'aide certaine au diagnostic de cholécystite.

Sans donc nous y altarder plus longtemps, nous ne ferons que rappeler les divers aspects qu'il peut revêtir dans les rares cas où on le constate :

— Poussées répétées d’ictère survenant associée à des épisodes douloureux particulièrement accentués.

— Ictère, accident isolé et fugace, au cours de l'évolution d’une cholécystite depuis très longtemps suivie.

—— Ictère franc, subictère très discret.

Et ces types si divers, si distants les uns des autres qu’il peut emprunter lorsqu'il existe rendent très délicate son interprétation et contribuent encore à diminuer sa valeur.

c) Troubles intestinaux.

L'association de troubles vésiculaires et de troubles d’origine entérique est quasi-constante.

Il est des cas où l’interrogatoire peut préciser nettement l’ordre d’apparition des signes vésiculaires et intestinaux. La fréquence plus grande des observations où les phénomènes intestinaux ont précédé les siges vésiculaires (une cicatrice d’appendicectomie en est souvent témoin) est, pour certains, la preuve du rôle de l'infection intestinale dans ’étiologie des cholécystites — et l’on à pu parler (Brulé) d’un syndrome entéro-hépatique, ou mieux ici, d’un syndrome entéro-vésiculaire.

Ces symptômes intestinaux sont le plus souvent

sans Caractères bien nets. Ils risquent, lorsqu'ils prédominent, et c’est le cas fréquent, de gêner le diaenostic plus que de guider vers lui. Constipation simple habituelle, débâcles diarrhéiques, coliques et selles post-pradiales, matières non moulées. Endolorissement ou douleur vraie au niveau de la fosse iliaque droite, le long du cadre colique. Tels sont ces signes. Ils n’ont donc de valeur que lorsqu'ils

Page 1