‹ Étude Critique des Traitements des Prolapsus du RectumChapitre 16 sur 42 · OS · texte numérisé non relu

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possible même de voir le prolapsus récidiver compiètement ?

On comprend donc que les récidives, surtout les récidives muqueuses, doivent être nombreuses et elles le sont, en effet.

« Si l’on prend soin de faire pénétrer les fils suspenseurs très haut, sur les côtés de la base du coccyx et de la pointe du sacrum, de les conduire presque verticalement et de donner Île plus de largeur possible à la partie moyenne de l’anse, dans sa traversée rectale, on obtient un soulèvement bien réel de l'intestin prolabé et l'on assure un contact large entre la paroi du rectum et le plan rétro-rectal, face antérieure du coccyx et parties molles sous-jacentes. Les fils ne traversent pas seulement la peau, mais toute l'épaisseur des lames fibreuses para-coccygiennes et para-sacrées : on ne saurait dire que ce soit là une paroi lâche et flasque. »

Cette modification est due à M. Lejars. Son malade n’a pas eu de récidive complète après dix-sept mois, mais on voyait, lors des grands efforts, un léger bourrelet muqueux.

Ainsi, la rectopexie postéro-inférieure de M. Verneuil n'amène pas souvent de récidive complète. Mais il est bien rare, si l’on voit le malade longtemps après l'opération, de ne pas constater un bourrelet muqueux. La coccyrectopexie de M. Gérard-Marchant échappe aux reproches que nous avons formulés contre l'opération de M. Verneuil.

Voyons les indications qu'elle vise :

Elle fixe le rectum d’une façon solide, en prenant comme point d'appui un os, le coccyx. En outre, rétrécissant le rectum, non plus dans le sens longitudinal, comme dans le procédé de Lange, mais dans le sens vertical, elle crée une série de plicaturés transversales qui ont pour effet de relever la pafoi rectale jusqu'au niveau du coccyx. « C’est, pour emprunter le langage de M. Gérard-Marchant, une rectorrhaphie externe transversale associée à une rectopexie COCCygienne et cutanée. » Le premier malade de M. Gérard- Marchant ne présentait pas de récidive après quatre mois et demi.

Celui de M. Ch. Nélaton avait une récidive six mois après.

D'autres faits (Obs. de la thèse de Soulié, etc.) nous permettent de conclure que : la guérison est plus souvent obtenue par ce procédé que par celui de M. Verneuil. De plus, comme dans la rectopexie, il existe presque toujours, au bout d'un certain temps, un prolapsus muqueux.

Le procédé de M. Lagrange, sorte de rectopexie postérieure, est d'une exécution facile et très rapide.

I a donné une guérison durable à son auteur.

Mais 1l ne saurait être employé que dans les cas de prolapsus complet, lêger, ou dans les cas de prolapsus muqueux. |

Il nous reste enfin à apprécier les résultats fournis par la colopexie et la colopexotomie :

Contre les prolapsus graves, incoercibles, compliqués d'ulcérations rebelles, la rectopexie ou la coccy-

rectopexie ne peuvent suffire, à cause de la grande longueur de l'intestin prolabé et du relâchement trop considérable des moyens de fixation du rectum.

La colopexie simple est faite pour remédier à ces prolapsus qui s’accompagnent d'un relâchement généralisé des tissus fibreux et musculaires du bassin.

La colopexotomie est réservée aux cas accompagnés de rectite, d’ulcérations rebelles, de dégénérescence cancéreuse.

Exposons d’abord les résultats de colopexie et de colopexotomie que nous connaissons; nous ferons ensuite ressortir les avantages et les inconvénients de ces procédés :

La première opération de colopexotomie, faite par M. Jeannel, amena la guérison d'un prolapsus volumineux et incoercible. Cinq jours après la fixation du mésentère par le procédé de Maydl Reclus (colopexie), M. Jeannel créa un anus artificiel, par incision pratiquée au thermocautère (colopexotomie). Environ six mois après la première intervention, le prolapsus n'avait pas reparu et le plancher périnéal avait recouvré à peu près son aspect normal. L’anus artificiel fut fermé par une autoplastie. La guérison se maintint pendant trois ans, jusqu'à la mort de l’opérée. L’anus était redevenu normal, le sphincter avait recouvré en partie sa contractilité et retenait bien les matières.

Sur un malade, M. Richelot fit une colopexie suivie immédiatement de l'ouverture de l'intestin. L'opéré conserva son anus iliaque un an et demi, son prokpsus

étant guéri. La guérison se maintenait un an après la fermeture de l’anus iliaque.

Pour un prolapsus rectal grave, M. Tuffier, après avoir fait une périnéorrhaphie postérieure, qui fut insuffisante, fit une colopexie simple par la région lombaire. Il n'y eut aucun incident post-opératoire. Le malade était guéri complètement un mois après l'intervention.

Mais il ne put être suivi plus de six mois, car üil succomba en pleine aliénation mentale ; sa guérison se maintenait à cette époque.

Dans l'observation de M. Poncet, on note une guérison parfaite de colopexie simple, se maintenant dixhuit mois après l'opération. Les fils de soie qui servaient à fixer l'intestin pénétraient jusqu’à la tunique muqueuse.

M. Verneuil, après avoir fait une rectopexie pour un prolapsus complet, fit une colopexie simple. Le malade se guérit sans accident. L'opération fut faite en fixant l'intestin à la paroi abdominale par une anse de fil qui embrassait des appendices graisseux épiploïques et par une autre anse qui traversait le mésentère. Peu de temps après la guérison, le prolapsus se reproduisait, mais moins complètement qu'auparavant.

Le malade de M. Berger, après avoir été opéré d'un épithélioma du rectum, eut un prolapsus compliqué d'ulcère rebelle. M. Berger fit alors d'emblée la colopexotomie. L'opération eut un plein succès immédiat ; le prolapsus fut réduit. Sept mois après, l'anus iliaque

ar était fermé, La guérison de l'anus contre nature était faite et le prolapsus se maintint guéri.

M. Jearnel a fait encore deux colopexies simples ; dans l'une, faite par suture du mésentère, il a eu un, insuccès; dans l'autre, faite par suture de l'intestin (les fils affleuraient ici l'intestin), il eut un succès.

Enfin, l'observation de Defontaine relate encore un insuccès dans un cas de colopexie simple.

Ainsi, dans trois observations de colopexotomie, nous enregistrons trois succès; sur six opérations de colopexie simple, nous trouvons trois succès complets et trois récidives.

Les trois insuccès dus à la colopexie s'expliquent ainsi :

L'insuccès de M. Jeannel est peut-être dû à ce que l'intestin ne fut pas assez solidement fixé à la paroi abdominale (mésentère).

L'insuccès de M. Verneuil tient sans doute à ce qu'il s'est écoulé trop de temps entre les diverses interventions que la malade eut à subir.

Quant à l'insuccès de Defontaine, il n'a rien qui puisse surprendre, car il fixait l'intestin par deux appendices épiploïques seulement à la corne de l'utérus, qui était déplacé sans doute par suite du prolapsus lui-même.

Nous pouvons, il nous semble, apprécier, maintenant d’une façon assez ferme les résultats de la colopexie simple et ceux de la copolexotomie.

La colopexie simple donne de bons résultats immédiats, à condition que les fils d’attache soient nom-

Do

breux ét intéressent toutes les tuniques de l'intestin, sauf la tunique muqueuse.

Les résultats éloignés sont également satisfaisants.

Quant à la colopexotomie, qui est quelquefois nécessaire, pour obtenir une dérivation des matières fécales, elle a une guérison longue. De plus, elle impose au malade des tourments pénibles; elle peut être compliquée d'accidents nombreux ; aussi n'aura-ton recours à elle que quand toutes les autres interventions auront échoué.

Nous ne dirons que quelques mots de l'opération de Mac-Leod :

Malgré le succès qu'a obtenu son auteur, cette opération ne peut être conseillée à des chirurgiens modernes; c'est une opération barbare, qui exige un véritable tour de force.

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