‹ Étude critique du test préhypophysaire d'AronChapitre 61 sur 64 · ORE · texte numérisé non relu

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du champ visuel pour le vert et le rouge, apparition cyclique dans les urines de substances mélanophorotropes; et ils contestent la valeur du test d’Aron chez les hyperthyroïdiens : ils disent en effet que la quantité anormalement élevée d’iode et de thyroxine empêche l’action thyréo-stimulante de la préhypophyse. En réalité, des recherches toutes récentes sur la teneur en iode et en thyroxine du sang et de l’urine de ces malades ont montré que le taux de ces éléments était à peine augmenté en cas de Basedow, et que, pour l’urine par exemple, l'influence des lésions thyroïdiennes était insignifiante par rapport à celle des variations du régime alimentaire. Un argument de plus grande valeur, à notre sens, est la présence possible dans les tumeurs, et surtout dans le sang, de substances anti-thyréo-stimulantes, d’anti-hormones. Nous avons déjà envisagé la question (Première partie, Chapitre 1, IV); nous dirons ici qu’il s’agit d’une donnée purement expérimentale, que la plupart des observations concernent des cas d’évolution récente, que, en résumé, le mécanisme de l’équilibre hormoneanti-hormone est encore mal connu. En tout cas, nous ne pouvons discuter ici les arguments de M. DROUET, notamment l’origine intermédio-hypophysaire et non pré-hypophysaire de l’hormone mélanophorotrope, mais nous pensons que les résultats du test d’Aron dans la maladie de Basedow, par le fait même qu’ils sont partagés, correspondent à la réalité.

On remarque par ailleurs la fréquence des aménorrhées ou des dysménorrhées chez les Basedowiennes. Nous verrons plus loin que ces troubles génitaux peuvent difficilement fausser la réaction d’Aron, si lon considère surtout que nous avons tenu compte des coupes de thyroïde.

Un résultat paradoxal est celui trouvé chez Sou... (obs. 22), femme thyroïdectomisée : le métabolisme

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de base passe de +120 à +38 %, mais le test de très augmenté qu’il était devient à peine augmenté ou normal. On conçoit mal qu’une thyroïdectomie puisse améliorer, au moins de façon durable, une hyperthyroïdie hypophysaire et même rendre normal le fonctionnement hypophysaire. Par ailleurs, Par. (obs. 24) est en même temps acromégale : rien d’étonnant à ce qu’elle ait un test augmenté.

Dans trois cas de goître simple (M. B. normaux), nous avons eu trois tests augmentés : dans chacun d’eux un détail particulier; dans le premier (obs. 40) : modification de la selle turcique; (obs. 41) hypertrichose, dissociation de la réaction; dans le dernier (obs. 42), caractère familial du goître.

Enfin, nous signalerons lobservation 43 d’exophtalmie non basedowienne. On sait que l’exophtalmie apparaît aujourd’hui comme un phénomène hyperpituitaire et non hyperthyroïdien : elle résulterait de Pactivation d’un centre mésencéphalique par la thyréo-stimuline. Or le test préhypophysaire était augmenté. L’exophtalmie a diminué à la suite d’irradiations hypophysaires et le test est devenu normal. Cet exemple joint aux deux cas cités par MM. MERKLEN et ARON (S. M. H. 23-6-33) montre l'intérêt du test lors de linstitution du traitement.

Nous n’avons relevé que trois cas de myxœdème, dont l’un mal étudié (pas de métabolisme basal). Parmi les deux autres, un test très augmenté, ce qui est logique; un test diminué : l'effet de la thérapeutique préhypophysaire aurait ajouté à la valeur du résultat, mais presque simultanément il a fallu utiliser les extraits thyroïdiens et surrénaux.

Nous insisterons peu sur les TROUBLES GÉNITAUX : les résultats ont été très divers. Si nous réunissons les observations concernant des dysménorrhées apparemment isolées et celles d’obésités ou de goîtres ac-

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compagnés de troubles menstruels, les. tests augmentés prédominent. Cela tient au fait que c’est chez les obèses à réaction augmentée que l’on rencontre le plus souvent ces troubles; chez les Basedowiennes, nous avons noté aussi leur fréquence : or l’unanimité est réalisée chez les hyperthyroïdiennes à test augmenté. Isolés, les troubles génitaux sont d'interprétation difficile : il ne s’agit pas en effet d’apprécier les deux termes d’un seul équilibre, mais bien d’un double équilibre, et le test d’Aron ne peut nous renseigner que sur la quantité globale des deux hormones gonado-stimulantes. Toutefois M. Guy LAROCHE (Clinique et Laboratoire, 20 janvier 1935) prescrit dans les aménorrhées des extraits hypophysaires : on fait deux séries d’injections, l’une entre le sixième et le quinzième jour suivant le premier jour des règles précédentes, l’autre entre Île vingt-quatrième et le vingt-huitième. Les résultats ont été souvent très bons. Dans le service du Docteur STÉ- VENIN on emploie également depuis longtemps, dans ces Cas, l’opothérapie hypophysaire et nous apportons le cas de To... jeune femme aménorrhéïque de 17 ans (obs. 84). Le test d’Aron est diminué : après traitement par antelobine et extraits thyroïdiens, les règles réapparaissent et, depuis, surviennent régulièrement. Enfin, l'observation 81 nous montre le cas d’une mén«pause artificielle où le taux de stimuline hypophysaire est augmenté : le résultat est donc parallèle à celui trouvé au cours de la ménopause naturelle par Asc- HEIM et ZONDEK (Deuxième partie. Chapitre 1).

Au total : obésités et maigreurs, affections thyroidiennes, troubles génitaux s’accompagnent d’une modification du test. La perturbation du taux hormonal peut se faire dans un sens ou dans l’autre : ceci est dû à la différence de pathogénie, suivant le cas, d’un même syndrome. Une affection, cliniquement déterminée, n’est que la résultante de facteurs multiples

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au milieu desquels il s’agit en quelque sorte de surprendre un trouble du fonctionnement préhypophysaire. Par contre, il est trois ordres d’affections où un faisceau de présomptions cliniques, expérimentales, thérapeutiques, anatomiques prouve indiscutablement une origine hypophysaire et dans lesquels la réaction d’Aron a donné, dans la majorité des cas, des résultats concordants; ce sont l’acromégalie et la maladie de Cushing où le test est augmenté, le syndrome adiposo-génilal où il est diminué.

Mais si, dans ces affections d’origine pituitaire, la réaction est troublée et intéressante à rechercher, il en est d’autres où le rôle de l’hypophyse est non moins certain, mais où le test n’est nullement modifié. A la limite entre ces deux groupes, nous trouvons le GIGAN- TISME : en effet, à côté d’un cas authentique (obs. 17) où le test est très augmenté, dans un autre (obs. 18) le test est normal. Il est vrai que, pour le dernier, le métabolisme basal est de + 41 %.

Si nous ne tenons pas compte de ce dernier résultat, le gigantisme peut facilement être réuni avec l’acromégalie, à laquelle il s'apparente déjà par tant de points. Mais plus paradoxaux encore seront les résultats du test dans les simples TROUBLES DE LA CROISSANCE.

Dans les cas cités par nous, où il s’agit d’insuffisance de développement nous n’avons obtenu que deux réactions diminuées sur 9; 4 ont été normales. Ces faits confirment ceux observés par M. ARON (Revue de Puériculture) qui s’exprime ainsi : « Nous avons titré la thyréo-stimuline chez un certain nombre d’enfants de 8 à 12 ans trop grands et trop gros pour leur âge. Or s’il est vrai que cette épreuve a accusé chez quelques-uns d’entre eux une élévation du taux de cette hormone, en revanche chez d’autres ce taux ne s’écartait pas de la normale et chez un troisième groupe il s’abaissait nettement au-dessous d’elle. Je prends

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