‹ Étude critique du traitement des épithéliomas des paupièresChapitre 25 sur 49 · C. — Avantages et inconvénients · texte numérisé non relu

C. — Avantages et inconvénients

La méthode comporte de nombreux avantages.

4° Au cours de l'opération, la chaleur qui se développe dans les tissus produit elle-même la stérilisation de la région à détruire. Les précautions antiseptiques auront done moins d'inportance que pour les autres traitements. Mais l’électrode active restant froide au cours de l'opération, elle devra être stérilisée.

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2° L'absence d'hémorragie est due à l'élévation de température, qui entraîne, dès le contact de l’électrode, la coagulation du sang et la formation d’un caillot obturateur. Cette coagulation se produit profondément, au contraire de celle obtenue par le thermocautère ou le galvanocautère.

3° Récidives et métastases sont moins à craindre qu'après la chirurgie, grâce au blocage des vaisseaux sanguins et lymphatiques, obturés par la production de caillots.

4° L'action se produit dans la profondeur des tissus. Elle se produit même au-delà de l’escarre visible.

5° L'intervention est très rapide. Le temps opératoire est très court : quelques secondes à quelques minutes suffisent pour coaguler une tumeur.

6° La méthode peut être pratiquée en traitement ambulatoire.

7° La cicatrice obtenue est à peine visible. Elle est moins fragile que celle obtenue après application de rayons X ou de radium,

8° La perte de substance qui résulte du traitement est hors de proportion avec l’escarre primitive. D'après M. Stéfani (de Nice), il semble que le courant diathermique exerce une action excitante, qui décuple les aptitudes normales à la régénération des tissus.

9° L'avantage le plus important de la méthode est de per-mettre les retouches, la diathermo-coagulation n'ayant aucune action aggravante sur les cellules néoplasiques échappées à une première intervention.

De plus, le traitement, d’un coût minime, ne comporte aucun danger pour l'œil; il agit aussi bien sur les épithéliomas spinocellulaires que sur les basocellulaires. On n’observe jamais de shock opératoire, la sécurité est absolue pour le malade et pour l'opérateur.

Les quelques inconvénients de la méthode sont les suivants : |

4° L’œdème des tissus voisins de la région qui a été coagulée, mais il ne dure que deux à trois jours;

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2° Les hémorragies secondaires, qui sont très rares et ne se produisent pour ainsi dire que dans l’arrachement brutal des tissus coagulés;

3° La lenteur de la cicatrisation; c’est un inconvénient plus important; elle demande un mois au moins pour être complète, et, pendant ce temps, il faut mettre la région traitée à l’abri de l'infection;

% L'action non élective sur le tissu néoformé; c’est donc à l'opérateur de savoir limiter l’action coagulante aux seuls tissus qui ont besoin d’être détruits. Il faut un opérateur expérimenté. Il vaut mieux ne pas avoir la main trop lourde, la méthode permettant une retouche au cas où une première intervention se serait révélée insuffisante.

D, — Résultats.

Les résultats publiés sur l'application de cette méthode au traitement des épithéliomas des paupières sont excellents.

M. Stéfani (de Nice) (Congrès de chirurgie, 1925), après une pratique ininterrompue de deux années, conclut que la thérapeutique des cancers accessibles doit être révolutionnée par l’usage de la diathermo-coagulation; d’après cet auteur, la méthode donne des résultats constants dans les épithéliomas de la face. |

M. Mérigot de Treigny, en 1927 (Annales d'oculistique), vante aussi les avantages de la méthode, et n'hésite même pas à lui donner la supériorité sur la radio et la radiumthérapie. |

MM. Monbrun et Castéran ont également obtenu de bons résultats dans le traitement des épithéliomas des paupières (Archives d'ophtalmologie, mars 1927).

Pour MM. Pockley et Coppleson ( M. J. Australia, févr. 1927), la diathermo-coagulation semble être la méthode idéale du traitement des épithéliomas des paupières, tant au point de vue des résultats éloignés que des résultats esthétiques.

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M. A. Gala, au VI‘ Congrès d’ophtalmologie tenu à Prague en 1929, justifie, par 6 cas de carcinome des paupières, des commissures et de la cConjonctive, sa préférence pour l’électro-coagulation, dont les résultats thérapeutiques sent remarquables.

G. von Grolman, en 1932, écrit que les succès de la méthode dans Îes tumeurs malignes des paupières peuvent être considérés comme constants.

Pour M. Ducourtioux (Annales de dermatologie et de syphiligraphie, févr. 1935), la haute fréquence a une action constante sur ies tumeurs cutanées, même sur les plus malignes.

On trouve de nombreuses publications d'observations isolées, mais pas de statistiques portant uniquement sur l’épithélioma des paupières.

MM. Réchou, Jeanneney, Mathey-Cornat, rapportent à Ia Société de médecine et de chirurgie de Bordeaux, en décembre 1926, 10 cas d’épithéliomas cutanés superficiels, avec 100 p. 100 de cicatrisation, 4 cas d’épithéliomas infiltrants de dimension moyenne, avec 50 p. 100 de succès.

Durin, dans sa thèse, en 1929, rapporte 90 p. 100 de cicatrisation dans le traitement de petites tumeurs cutanées.

Cazalas, dans sa thèse, en 1930, rapporte #4 observations de cancers cutanés avec 40 guérisons, 4 récidives.

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