LE AGE
a la grosseur d’un œuf de poule, elle est régulièrement
arrondie, animée de battements synchrônes au pouls et
expansive.
Par compression, on arrive à réduire cette tumeur, mais d’une façon incomplète ;
Les mouvements d'expansion et les battements dispa-
raissent complètement par compression de la fémorale
à la partie supérieure du triangle de Scarpa.
À l’auscultation au stéthoscope, souffle continu à renforcement systolique surtout marqué à la partie toute supérieure de la tumeur.
b) Une seconde tumeur, située sur la ligne médiane
à la partie moyenne du losange, du volume d’une noix,
dure, privée complètement de battements et de mouve-
, ; ments d'expansion.
La coloration des tégumenis et la température locale
de la jambe et du pied étaient normales ; peau un peu
luisante, squameuse; ni œdème, ni varicosités. Mouvements de flexion de la jambe limités par rapport à ceux du côté opposé.
Sensibilité au tact diminuée. | La pression révèle des points douloureux sur le trajet du nerf tibial postérieur au niveau du mollet. L'’exploration au Pachon donne :
Aux cuisses et à la jambe droite :
T. max.: 14.
E: mine7s
rt /
A la jambe gauche : à peine quelques très légères oscillations.
Le malade est revu en consultation le 24 septembre, soit quinze Jours plus tard, par les docteurs Baumgartner, Lian, Huguier.
On constate, bien qu'il n’ait pas quitté le lit depuis le retour de Saint-Honoré :
: Une augmentation considérable de l’anévrysme depuis l'examen précédent ; il bat maintenant jusque sur le côté interne de la cuisse, où il soulève la peau. En haut, il remonte à quatre travers de doigt au-dessus du condyle interne.
Un amaigrissement de la jambe gauche, dont le diamètre a diminué de un centimètre.
Une diminution marquée de l'amplitude du mouvement de flexion de la cuisse qui ne peut dépasser l'angle droit.
Douleur beaucoup plus marquée à la pression sur le trajet du nexf tibial postérieur.
Les douleurs spontanées avaient encore augmenté d’intensité, empêchant tout repos et tout sommeil, et ayant nécessité l'emploi répété de morphine : eng à six injections de sédol en moyenne dans les vingt-quatre heures.
Examen des urines : m1 sucre, ni albumine.
Urée sanguine : 0,46 par litre.
Le malade, très amaigri, est véritablement squelettique.
L'intervention est décidée pour le lendemam. Les
GE Eh A
douleurs ont été tellement vives pendant la nuit qu'il a fallu pratiquer dix injections de sédol.
Amputation de cuisse le 25 septembre.
Anesthésie rachidienne (six centigr. de novocaïne).
Après compression digitale de la fémorale, amputation de cuisse circulaire, un peu au-dessous du tiers inférieur.
Suites opératoires normales ; le malade est assis dans un fauteuil pendant la journée, à partir du neuvième jour.
Ablation des fils le 5 octobre. Moignon entièrement cicatrisé.
Dans les jours suivants, le malade, qui avait été très affecté par l’interruption de ses occupations et la nécessité d’une amputation, fit des phénomènes de dépression nerveuse pour lesquels il fut soigné par M. le docteur A.
Thomas, qui nous a remis la note suivante (15 octobre) :
«M. M... a toujours été neuropsychopathe, préoccupé, inquiet.
Cet état s’est accentué pendant les deux mois qui ont précédé l'opération. Durant cette période, il a fait un usage excessif de remèdes de toute sorte, pour luiter contre la douleur et l’insomnie.
Actuellement : état mélancolique, avec angoisses respiratoires, sensations précordiales pénibles. Idées déhirantes.
Il traverse une crise mélancolique avec angoisses très pénibles dont la localisation est expliquée en partie par la gêne habituelle de la respiration.
DTA L° HS
Cette crise amplifie ses préoccupations habituelles et son inquiétude permanente qui sont constitutionnelles.
Peut-être l’acuité de la crise est-elle due en partie à la suppression brusque du sédol depuis l’opération. »
Etat actuel (février 1925). — Moignon bien capitonné. Le malade porte un pilon articulé, mais ne peut guère sortir, en raison de ses crises de suffocation et de dyspnée qui sont de plus en plus intenses.
Etat moral meilleur.