‹ Étude critique sur Bossuet, avec une not. nécrol. et une préfChapitre 19 sur 48 · CATÉCHISME. PRIERES PUBLIQUES · texte numérisé non relu

CATÉCHISME. PRIERES PUBLIQUES

Hélas ! cet esprit schismatique^ il l'a insufflé à son peuple même, en s' adressant à la tendre enfance, dès les premières années de son épiscopat, au lendemain, en ié86, de la composition de sa. Défense de la Déclaration. Quesnel écrira en 1702, ayant Bossuet pour patron de son livre que doit ioudroyer la bulle Unigenitus : « Il y a bien des théologiens qui ne goûteront pas que l'on (asse entrer le Pape dans la définition de l'Eglise. On a eu peur de blesser les Romains. M. de Meaux n'a pas eu peur dans son Catéchisme, ni beaucoup d'autres * ». Ou est-ce donc que f Eglise catholique? demande Bossuet à l'enfant ; et l'enfant répond : « L'Assemblée ou la société des fidèles répandus par toute la terre ». « Le Pape » n'apparaît qu'un peu plus loin, comme le cinquième lien — « un même chef visible », trop simplement visible ! — qui les unit au dehors ». Quant à l'esprit CTnostique, il n'a pas attendu, pour se faire jour, les Méditations sur r Evangile ou les lettres de direction. « M. de Meaux, vient de nous dire Ledieu, répétait dans tous ses sermons à la ville et à la campagne et... avait même imprimé dans son Catéchisme et dans ses Heures » telle « expression » sur l'Eucharistie qui, d'après Ledieu toujours, n'a qu'un sens pour les libertins dont il fait la joie. « Pourquoi recevons-nous Jésus-Christ, lit-on dans le Second catéchisme... pour ceux que l'on commence à préparer à la première communion. —

' Lettje à Vieillart, du 4 janvier, écrite de Bruxelles.

Pour ôtre consomme en un avec lui. — Qu est-ce quctre consommé en un avec lui? C'est être uni avec lui, et lui avec nous, corps à corps et esprit à esprit 1^. Dans les Prières ecclésiastiques pour aider le chrétien à bien entendre le service de la Paroisse aux dimanches et aux fêtes principales, on va lire : Prière après la communion... Je vous aime, ô mon Dieu, de tout mon cœur; que je puisse tous les jours jouir de votre saint corps, qui est le gage de notre éternelle félicité et de l'éternelle jouissance, où nous vous posséderons avec votre Père et avec votre Saint-Esprit dans la vision bienheureuse! » Il est trop vrai fl'ange de l'Eglise de Meaux se montre à nous assisté à droite et à gauche par deux anges, celui de l'orgueil, Satan, et celui qu'a enchaîné Raphaël, Asmodée !

Nous savons que Mammon n'a pas perdu ses droits, et qu'avec son évêché de Meaux et sa pension d'ex-précepteur du Dauphin, Bossuet garde en commende une abbaye et deux prieurés, ayant un revenu total — le pauvre homvie ! encore une fois — de plus de quatre cent mille francs d'aujourd'hui. Fénelon, archevêque^ résignera son unique bénéfice, donnant sans résultat à son maître et à d'autres cette noble leçon, dont l'archevêque de Reims, le grand ami de Bossuet, est courroucé.

A3Mnt, outre son appartement au château de Versailles, une maison à côté du château, et une résidence à Paris, Bossuet attaché à la cour, premier aumônier de la duchesse de Bourgogne, conseiller d'Etat, prenant le rôle d'oracle de l'Eglise de France et sans cesse dans les controverses, les démarches, les intrigues, sera trop souvent absent de son diocèse, hors duquel il mourra, l'ayant quitté depuis un an et demi. Le mot de Sauteul est une hyperbole : « Votre évêché dont vous ne faites aucune fonction. » Mais, en réalité, ce qui paraît le moins en Bossuet, c'est l'évêque de Meaux.

Dans le courant toujours soutenu de ses luttes contre Rome et de ses débats ou de ses négociations avec les protestants, en attendant ses grandes manoeuvres avec les jansénistes, trois sujets, dont les deux derniers lui feront enfanter des s'olumes, vont le poser dans des débats retentissants, en face de ces trois adversaires, Molière, Richard Simon, si tristement déjà sa victime, et Fénelon.

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