‹ Étude-critique sur l'Évolution des Idées relatives à la nature des Hallucinations vraiesChapitre 11 sur 16 · PET · texte numérisé non relu

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hr — des localisations cérébrales, c’est-à-dire avec la représenlation naïve et toute primitive d'aires corticales parfaitement délimitées renfermant, comme dans un casier, | les images et les souvenirs. Or cette conception ébranlée de tous les côtés doit ètre considérée à l'heure actuelle, comme conception archaïque, après les recherches si objectives de Von Monakow. Pour prendre un exemple se rapportant à notre sujet, il a montré que, même après la destruction des deux sphères visuelles corticales, les représentations visuelles du sujet persistent et que des hallucinations visuelles sont possibles (observation personnelle de l’auteur) (30, p. 436 -437).

On chercherait vainement ce qui différencie ces

théories anatomiques de la théorie émise autrefois par Adolphe Garnier, dont nous avons déjà parlé, et que le lecteur voudra bièn nous excuser de citer à nouveau : « Quand la conception est très forte. là impression de la parhe du cerveau qui sert d'organe à la conception, se communique à la partie qui sert d' organe à la perceplion ; et ainsi se fait la fausse perception qui trompe l'aliéné. Seulement, au lieu que l'impression vienne de l'objet du dehors, comme dans le cas de la perception normale, l'impression vient du dedans ou du cerveau » (cité ir n° 34).

: Ainsi, dans toutes les théories générales relatives à la psycho-pathologie des hallucinations, nous avons relevé cette tendance qui en fait l'unité et permet des rapprochements qui, au premier abord, peuvent paraitre assez inattendus : La différence entre l'hallucination et

l'image est une différence d'intensité. Certains, comme

Baillarger par exemple, comme Tauzi, se défendent

d'accepterune pareille conclusion : l'hallucination, disent-

ils, est quelque chose de qualitativement distinct d'une

image même la plus intense. Il s’agit d’un phénomène sensoriel, et ils sont tout disposés à accepter la réponse

$i souvent citée de la malade, que Leuret essayait de

persuader de la non-existence de ses voix : « J'entends

des voix, parce que je les entends. Comment cela se fait-il? Je n’en sais rien, mais elles sont pour moi aussi distinctes que votre voix ; et si vous voulez que j admette la réalité de vos paroles, Jaissez-moi croire aussi à la réalité des paroles qui me viennent, je ne sais d’où, car la réalité des unes et des autres est également sensible pour moi ». Seulement ce sentiment de réalité et d’actuellement agissant de l'extérieur qui caractérise

au premier abord la perception sensorielle, semble bien

être conçu malgré tout par ces auteurs comme un degré supérieur d'intensité de nos états de conscience puisqu'ils ne considèrent que le côté représentatif de la pseudo -perception. Il n’en reste pas moins que, par son aspect négalif, leur opinion est d’une grande importance historique. C'est là un point de vue s{atique, Sion peut dire; c’est celui d’une théorie philosophique bien eonnue : l'afomisme . psychologique qui considère l'esprit <ommeun « polypier d'images », suivant une ex pression célèbre (Taine). (

De PORT

nr. CHAPITRE UL

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Les théories de la dissociation et de l’automatisme mental (Leuret, Moreau (de Tours) etles états crépusculaires, Bail, M. Séglas, Gilbert Ballet). Tendances intéllectualistes.

dié dans le cadre des phénomènes qui l'accompagnent, phénomènes physiques et psychiques. Sans doute cette distinction n’a-t-elle rien d'absolu : nous avons vu que . Baillarger assignait des conditions psychiques déterminées à la genèse des hailucinations, mais il insistait beaucoup plus sur les caractères cliniques qu'il leur at

tribuaït que sur lé déterminisme de leur apparition. De

moteur. Au contraire, chez les auteurs dont nous allons

parler, le phénomène hallucinatoire n’est Jamais consi-

nous examinerons deux groupes de théories :

1° Celles qui rattachent l'hallucination à un phéno- | mènede désagrégation de la personnalité ; a k 2 celles qui considèrent l'hallucination comme un

Autrement intéressantes sont les théories ou simple:

… mentlesaperçus cliniques qui replacentle phénomène étu- |

même Tamburini a bien vu l'importance du point de vue

déré comme se suffisant à lui-même. À ce point de vue,

phénomène secondaire au trouble permanent de l'état -

mental.

4° C’est Leuret, en 1834, qui, à notre connaissance du moins, a le premier attiré l’attention sur les phénomènes de dépersonnalisation qui, chez certains malades, accompagnent les hallucinations. Ce sont ceux que l’on voit discuter ou converser pendant des heures avec un interlocuteur imaginaire, ou qui disent « qu'on les fait parlef, qu’on les pousse à parler » :

« Pour être à même de fournir la matière d'une

conversation ou d’une dispute, il faut que l'esprit ait -

comme en réserve une série d’idées qui ne lui soient pas présentes et dont le réveil se fait indépendamment du moi. Les éléments de ces idées se trouvent dans les connaissances précédemment acquises, soit par la sensation, soit par la réflexion; mais à l’insu de la personnalité, elles se sont développées, arrangées, surgissent tout à coup et surprennent celui-là même de qui elles émanent. C’est pour celte raison qu'il est si fréquent d'entendre dire aux aliénés : on me fait faire, on me pousse, on veut que j’agisse, on me défend. Toutes locu-

tions bizarres, qui pourtant ont un sens vrai, car elles

expriment fidèlement une manière d’être intérieure, un . >

changement survenu dans la production, l’arrangement des pensées ou des sentiments, un vérilable dualisme chez un même individu (1). A cette sorte de fractionnement de l'esprit (2), qui met en opposition deux séries d'idées, vient se joindre le plus souvent un autre

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