‹ Étude-critique sur l'Évolution des Idées relatives à la nature des Hallucinations vraiesChapitre 7 sur 16 · En réalité, cette idée avait déjà été i Ï · texte numérisé non relu

En réalité, cette idée avait déjà été i Ï

TRE Ne Jà été exprimée par Île philosophe

; — 23 — LEE : \ MA ALIOE une tendance hallucinatoire, de là sa fameuse définition : «da perception est une hallucination vraie ». Mais, ainsi

que l'a fait remarquer M. Bernard-Leray, dans une

intéressante étude, les images de la perception normale

n’agissent comme rectificatrices de l’image hallucinatoire que parce que les premières ont une intensité supérieure : « Son idée pagait être que ce qui domine toute la ques-, tion de la rectification, c’est 7 intensité relative des imagesen présence, les images fortes tendant à s'imposer à la croyance du sujet au détriment des images faibles. En somme Taine, et; avec lui, la plupart des auteurs qui n'ont voulu voir dans l'hallucination qu'un phénomène normal exagéré, acceptent en même temps l'hypothèse de l'hallucination représentation mentale forte. » (26, p. 600).

Griesinger professait aussi de façon tout à fait expli-

cite la même théorie : « Je crois, dit-il, que l'hypothèse

d'une simple différence de degré est plus juste, car nous

voyons, d'après la description exacte que les aliénés nous font de leurs hallucinätions, qu’elles peuvent aller depuis l'apparence la plus pâle et la plus confuse jusqu’à la vivacité sensuelle (sie) la plus grande, et, d'un autre côté, il n’est pas très rare que chez un artiste l’imagination aille jusqu'à lui faire voir une apparition sensuelle (sic), bien que légère et pâle, deson œuvre » (48, p. 105).

Cependant, au cours du xrxe siècle, on n'avait pas été

sans s’apercevoir, du moins implicitement, du caractère

superficiel pour ne pas dire complètement artificiel, des explications de la psychologie de cette époque. C'est l'im-

pression que l'on retire par exemple de l’étude attentive

— 24 er des discussions qui eurent lieu à la Société médico-psychologique, auxquelles nous avons déjà fait allusion. Adolphe Garnier, ce représentant officiel de l’éclectisme, tant raillé par Auguste Comte, n'avait-t-il pas craint

d'apporter, dans une question qui relève uniquement de

. l'observation, les procédés de raisonnementdeson école? ,

Nous citerons ses propres paroles, non en raison sans

doute de son importance historique ou scientifique, mais

parce qu’elle est de nature à expliquer la méfiance très

justifiée qui, dans le monde des psychiâtres, a longtemps

pesé sur la psychologie : « Quand la conception est très

forte (1), quand elle est excitée en nous par une passion, comme il arrive la plupart du temps, pour la conception de l’aliéné, l'impression de la partie du cerveau qui sert d'organe à la conception, se communique à la partie qui

sert d'organe à la perception ; et ainsi se fait la fausse

perception qui trompe l'aliéné. Seulement, au lieu que.

l'impression vienne de l'objet du dehors, comme dans le cas de la perception normale, l’impression vient du dedans ou du cerveau » (34, p. 47-48).

Qu'est-ce ceci, sinon une ‘héorie-paraphrase qui ne

lait rien d'autre que d'exprimer un peu plus longue-

ment la définition implicitement admise de l’hallucina-.

tion comme une image transformée en sensation. Ne

soyons cependant pas trop sévère pour une pareille.

conception, puisque nous allons voir que certaines doc- !

iriues des plus modernés peuvent être rangées dans la

mème calégorie des {héories-paraphrases.”

1. Souligné par nous. Remarquons toujours la mêmé idée de l'intensité (conime caractéristique de l'hallucination). À

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