‹ Étude critique sur la méthode oratoire dans Saint AugustinChapitre 11 sur 14 · CONTRE LE GRAMMAIRIEN CRESCON1US · texte numérisé non relu

CONTRE LE GRAMMAIRIEN CRESCON1US

Ajoutons que les scandales d'une cité où la rhétorique mettait trop souvent le pouvoir aux mains des plus indignes, ont dû augmenter encore l'aversion qu'elle inspirait naturellement à l'élève de Socrate.

Admirons donc saint Augustin pour avoir été plus impartial que Platon ; sachons-lui gré d'avoir été assez fort pour résister à l'exemple qu'avait donné le plus beau génie de l'antiquité. Il fit plus : il résista presque à la tradition chrétienne : car nous avons vu plus haut que le christianisme avait jusqu'à cette époque méconnu la valeur de la rhétorique.

Mais saint Augustin sentit aussi qu'une grande révolution morale doit en amener une dans l'art de persuader; car si les dogmes meurent d'une manière uniforme ; quand ils s'établissent, s'ils sont vraiment originaux, ils ont nécessairement leur méthode particulière. Augustin s'en était rendu compte ; il avait regardé, avec l'intelligence du génie, ce qui se passait tous les jours sous ses yeux.

Nous allons apprendre de lui quelle était cette méthode : c'est l'objet du traité qu'il composa sur la manière de catéchiser, que nous allons analyser et apprécier dans le chapitre suivant.

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