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Période de réaction
Pendant cette période de succès indéniables, cette méthode, si heureuse pour le diagnostic d’une affection aussi changéante et aussi difficile à voir cliniquement, n'avait pas élé sans susciter des contradictions, et en présence de ses partisans enthousiastes se dressaient des ennemis irréductibles. Les expérimentateurs comme Bathey, Konrich, Rousseau, Luticelli, Nicolle et Conte, Vallet, Nègre et Raynaud, Siredey, Laplanche, Laforgue, n'avaient pas trouvé des résultats également favorables, la plupart concluaient à l’infériorité marquée de la séroréaction de Wright et ne Paccueillaient qu'avec un septicisme légitime. — En dehors de l’argument le plus important, à savoir l’agglutination du melitensis avec un sérum non spécifique, d’autres reproches ont été faits à la méthode. :
Et tout d’abord on sait qué le pouvoir agglutinant apparaît cinq jours après le début de la maladie, et il semble que le séro doive être positif ultérieurement pendant toute la durée de la maladie et même longtemps après. Il n’en est rien: on a observé que l’agglutination positive chez un malade peut disparaitre un jour pour
reparaître le lendemain. C’est là un fait inexplicable que
les phénomênes phagocytaires ne parviennent pas à résoudre.
Une autre critique est ce qu'on appelle le phénomène paradoxal. « On rencontre parfois des sérums qui ne produisent aucune agglutination des dilutions faibles au 1/20 et même au 1/10 et qui par contre agglutinent nette-
ment et complètement à des dilutions supérieures.»
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(Dubois.) Cette particularité, on la rencontre seulement dans la séro-réaction de Wright, et n’est pas faite assurément pour inspirer la confiance. Enfin des faits bien plus graves mettent en doute la qualité fondamentale de cette méthode : la spécificité. Les divers auteurs déjà - cités plus haut, par des faits cliniques nombreux, par des expérimentations poussées chez des non melitococciques, hommes et animaux, sains ou malades, ont montré que l’agglutination se produit dans une culture de micrococeus melitensis. La conclusion s’imposait : le séro de Wright n’est pas spécifique et ne peut donner une certitude absolue.
C’est Critien qui le premier, en 1907, avait constaté deux agglomérations ( et à x) sur 14 cas de tuberculose avérée. Après lui, Lagriffoul, Arnal et Roger l’obsefvent dans la typhoïde, Nicolle et Conte dans le typhus exanthématique, Bantley dans le kola-azar. Vallet, en 1910, écrivait : « L'agglutination du micrococcus est constatée dans un grand nombre de cas, et, pour ma part, c'est à peine si 5 à 10 p. 100 des sérums qui m'ont été envoyés sont restés inactifs vis-à-vis du melitensis. La majorité des sangs adressés ont fourni une séro-réaction positive au 1/50. » Ultérieurement le même auteur constate une agglutination au 1/100 plus ou moins nette au cours d’une épidémie de paratyphoïde B.
Le sérum normal agglutine quelquefois. Saissawa obtient des résultats positifs en opérant sur 6 races bactériennes de souches différentes. Le titre de l'agglutination est d'ailleurs différent suivant l'échantillon et le sérum expérimentés.
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Carrieu et Anglada obtiennent des résultats identiques chez 20 sujets non melitococciques avec 5 échantillons de culture. Rimbaud et Vallet opèrent avec 4 races diverses et obtiennent des résultats tels qu'ils concluent à la faillite de la séro-réaction de Wright : d'une part tout sérum de mélitococcique n’agglutine par le melitensis, et d'autre part au contraire beaucoup de sérum normaux l’'agglutinent. |
Voilà donc une série d'observations qui devraient détruire ou du moins diminuer la valeur de la méthode, si à côté,en parallèle avec elles, d’autres faits ne venaient la rehausser et lui rendre en partie le mérite qu’elle avait antérieurement avec les Anglais.
Soulié en 1905, et Gardon en 1906, dans sa thèse inaugurale, publie un certain nombre d'observations avec séro-réaction positive. Plus récemment, Rouslacroix, en 1912, donne les résultats positifs d’un grand nombre de séro de Wright pratiqué avec des cultures provenant de l’Institut Pasteur. Euzière, depuis le commencement de 1911, a eu l’occasion de faire un grand nombre de séro-réaction de Wright, se servant de cultures provenant de l’Institut Pasteur, et a obtenu beaucoup de cas positifs. Dans un but de contrôle, il a expérimenté la même méthode suivant la même technique sur des typhiques, des bacillaires, des pleurétiques, des pneumoniques, des rhumatisants, des malades atteints d'abcès du foie, d’obstruction intestinale, de cysto-urétéro-pyélite, de névralgie lombo-abdominale, et n’a jamais constaté d’agglutination. Ces résultats sont d’ailleurs identiques à ceux obtenus par Gardon sur ses 10 tuberculeux, par Evangelista chez ses 32 bacillaires, par Basset, Smith, Nicolle chez des malades de même na-
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