CARACTERE-; DIFFUS ["ES SYMPTOMES
El d'ailleurs cette conclusion n'est pas nouvelle; co qui nous appartient on propre, c'est qu'elle est fondée eut l'anatomie pathologique; mais elle avait attiré déjà d'une façon toute spéciale l'attention des cliniciens. La plupart se sont contentés d'enregistrer les faits au fur et à mesure qu'ils les observaient, sans y voir la loi qui s'en dégage; d'autres, au contraire, en ont fait la synthèse et en ont tiré la caractéristique générale des manifestations syphilitiques. Je ne citerai que les principaux : Après avoir rapporté trois observations de syphilis nerveuse, RussEL écrit {en 1862) : « Il y a des raisons de croire que le virus syphilitique existait dans ces trois cas, et Yirt'égularité des troubles nerveux est, d'une manière fr^ippante, conforme aux caractères particuliers des localisations nerveuses de la syphilis. Elles ne sont semblables à aucun des types classiques, par la grande extension et l'irrégularité de distribution des lésions. » On se rappelle, dans l'extrait que j'ai donné plus haut à proposas l'atasie, cette phrase de Broadbent (1874) : « Ce n'est pas le fait de la si/philis de suivre dans sa p>-ogressiûn un arrangement fonctionnel ou structural, ni de se confiner dans une aire vasculaire particulière. » Gaizeroues, qui admet parmi les myélites syphi- Utiques l'atrophie musculaire progressive et l'ataxie locomotrice, dit cependant que, « comme dans la plupart des lésions syphilitiques de la moelle, les symplémes ne sont pas toujours classiques. » Griesingbr a écrit à ce propos quelques pages remarquables, et pourtant son Mémoire remonte à Tannée 1860 ; k Le trait le plus saillant des afiectious nerveuses syphilitiques est d'être pour ainsi dire, /îw/iîjCH/('. Heubner, dans son travail sur les
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lésions syphilitiques des artères cérébrales, pose comme caractéristiques le degré incomplet^ les semi-sj/mplômes gravesj qui n'offrent que la moitié de l'intensité qu'on observe dans les autres maladies. D'autre part on note parfois l'intensité extraordinaire de quelques symptômes isolés {douleurs, hébétude, convulsions, chorée, con^ fractures j paralysies). Mais le groupement insolite de plusiews symptômes simultanés importe encore plus au diagnostic que les caractères particuliers d'un phénomène isolé. »
Je crois inutile d'accumuler les citations. Les faits cliniques s'accordent très bien avec l'anatomie pathologique, pour permettre d'affirmer que les symptômes des myélites syphilitiques doivent trahir des altérations diffuses.
On conçoit combien cette diffusion rend difficile l'analyse de chacun des symptômes de ces affections. Toute fois, si l'on essaye de généraliser les faits qui se dégagent des innombrables observations qui ont été publiées sous le titre de myélites syphilitiques, voici ce qu'on en peut dire en quelques mots.
Début. Le début est en général lent et graduel; cependant il peut être aigu, et on a vu les malades frappés parfois avec une grande brusquerie : ainsi dans le cas du docteur H. MoUière, le malade, qui était entré à l'hos ■ pice le 3 j uillet pour des douleurs ostéocopes, offre tout à coup, 4 jours après, une rétention d'urine qui néces site le cathétérisme ; en même temps se déclarent l'afiaiblissement des membres et une constipation opiniâtre. Le malade de Jaccoud voit sa paraplégie se développer en trois jours. Tel est aussi le malade qui fait l'objet de