CHAPITRE III
SVMPTOMATOLOOIE
Les développements dans lesquels je suis entré à propos de Fanatomie pathologique me permettent de laisser de côté une foule de détails. Puisque nous avons affaire à des lésions éminemment diffuses, les troubles fonctionnels qu'elles provoquent doivent, sans contredit, participer de ce caractère.
Loin de moi cependant la pensée d'exclure absolument des myélites syphilitiques les myélites systématisées; non ; mais, en prenant place dans le cadre des manifestations syphilitiques, elles dévieront du type vulgaire, elles cesseront de se limiter exactement à un seul système; nous verrons se grouper autour du symptôme fondamental toute une série de phénomènes surajoutés, et l'apparition de ces signes insolites nous révélera, à n'en pas douter, la difiusion du processus morbide.
Ainsi donc, pour nous, la paralysie infantile, la paralysie spinale aiguë de l'adulte, l'atrophie musculaire progressive, la sclérose symétrique des. cordons latéraux, considérées chacune isolément, en tant que lésion rigoureusement limitée à un système, ne sauraient être des
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manifestations directes de l'intoxication syphilitique. D'ailleurs, de toutes ces maladies il n'y en a qu'une dont on ait jusqu'à présent rapporté un exemple avec autopsie : c'est le cas de Dejérine, cité plus haut. Or les conditions au milieu desquelles a été observée cette atro phie des cornes antérieures sont loin d'entraîner la conviction, d'autant plus que Dejérine lui-même a cru devoir faire ses réserves à ce sujet. On voit donc que les faits recueillis j usqu'alors ne démentent nullement notre ma • nière de voir.
Dans rénumération qui précède, j'ai omis à dessein l'ataxie locomotrice progressive : le caractère des lésions, la participation presque constante de l'encéphale et des nerfs crâniens ; la connaissance des formes dites anomales, dans lesquelles on a vu la lésion gagner les cordons voisins et les cornes grises, même les cornes antérieures : tous ces faits démontrent que l'ataxie mérite une place à part dans le groupe des scléroses fasciculées. Mais la question a été traitée assez longuement dans le chapitre précédent, et je n'y reviendrai pas.
Après cette élimination, à laquelle nous a conduit l'observation exacte des altérations pathologiques, il nous reste donc un signe important qui, d'une façon générale, caractérise les manifestations spinales de la syphilis : c^est V irrégularité j la diffusion des symptômes^ à laquelle il faut ajouter l'irrégularité, la diffusion des localisations, ainsi que le type rémittent observé dans l'évolution de la maladie. Nous arrivons à cette idée par l'observation minutieuse des lésions anatomiques; c'est un fait qui s'impose à notre esprit comme une déduction logique de l'étude que nous venons de faire.