‹ Ėtude critique sur les localisations spinales de la syphilisChapitre 12 sur 18 · TROUBLES [)E LA SENSIBILITÉ T · texte numérisé non relu

TROUBLES [)E LA SENSIBILITÉ T

FoLET. Le raaladea ppésenlé de rhëmiparapk'gie avec anesthésie croisée. 11 en est de même dans une observation inédite recueillie dans le service du D'' Clément, à l'hospice de la Croiï-Rousse.

Caizebgues. (Obs. IX). Lajambe droite se paralyse entièrement, la jambe gauche demeure intacte.

2° Sensibilité. Quelques auteurs ont avancé qu'elle était toujours normale, et que ce fait -là était absolument caractéristique des myélites d'origine syphilitique. En faisant la part de l'exagération, il n'en est pas moins vrai que, dans beaucoup de paraplégies syphilitiques, l'intégrité delà sensibilité contrastait étrangement avec l'intensité des lésions motrices. Ainsi, dans le cas ieMoUière, la sensibilité était tout à fait normale malgré une paraplégie absolue. Dans Vobsej'i-ationUl de Caîzm-gues, chez un malade qui offre une paraplégie notable, avec contractures, exagération des réflexes, rétention d'urine et incontinence fécalS) on constate, non sans étonnement, que la sensibilité est absolument conservée dans toutes ses formes(tact, chatouillement, pincement, chaleur, électricité). Dans un cas Phillpson a remarqué aussi l'intégrité de la sensibilité, malgré la présence de troubles médullaires fort sérieux. — Mais cette intégrité est loin d'être constante, et les cas ne sont pas rares où l'anesthésie a été très accusée : tel eat celui qui m'est personnel {anesthésie absolue par places) ; tels sont ceux de Winge et de Moxon. — Mais, d'une façon générale, le fait qu'on observe le plus souvent (après la conservation de la sensibilité), et qui est vraiment le plus remarquable par sa fréquence, c'est la perversion de cette sensibilité dans ses diffërenlci modes. Les faits abondent à l'appui de mon dire; je ne cite que les plus saillants: Chakcot et GoMBAtiLT. Douleur spontam^e et à la pression au

''m;/;:»^',*.^, Om. VIIÎ . D-'.c.-iiiri a-ii^iukiL-res :':ilrira-:cs et

rAfz>:ik6r.Jw. 'Or>«. IV), Ctiez en naaladc qui ofre de rinoMi-rdit^\\f,u Uhf>it\t-^, OA thmsttqn^ qne la 5cnâib:i.ittr est troublée dans l^j* p4rtî«$i inf^riérifftft du corp^ : le contact. le oLatûailier/>^rjt /J^; la fa<;^ plantaire du pied ne sont pas perças ; à la jambe 0!f. ^ (» /;Fiiji<>t'; )^; tact ';t la preâirion sont perças confasément. Uy\rHrh^X\t*.Mh iUjulonreuHfz occupant exactement les jambes, et /|fij vd nroiAHitui (\» genou aux orteiLs. Retard de la sensation pour \h fUfiiU'Mr fit non pour ie tact.

(/AVAKhoi:kh. ^ObH. I;. Zone d'hyi>eresthésie douloureuse et tactil^ï au niveau de» nerfn qui émergent an-dessus du renflement lombaire;, et quj^ augmentant progressivement, finit par s* élever ]nnt\u*à la clavicule.

MoMOM.K. lia MonMÎbilité électrique est conservée ; le contact et la tfî/npératuro sont perçus, mais il y a une analgésie manifeste à droite, flinHi qu'à la faco palmaire des avant-bras.

«lni.iJAHf>. (ObH. I). Malgré une paraplégie absolue, la sensibilité au tnct uni généralement conservée ; pourtant, dans certains jioinlfi, coinrnnà la faco interne du tibia, elle est abolie. En outre, la tnalndo Mo trompe do lieu, et rapporte, par exemple, à la plante (hi piod une piqûre faite à la face dorsale, ou même au membre droit une Honsaiion dont l'origine est dans le côté gaucbe.

Troubles des sphincters et du sens génital. — Ils H(»nt trns frôqiumt», ot, qui plus est, leur apparition n'est piiH on rap|)()rt avec la gravité des symptômes concomitants, do tollo sorte que dans maintes circonstances r'osl rabolition du sons génital ou la rétention d'urine qui a donné Tévoil aux malades et qui a constitué la proiniôro. manifesta tion appréciable de leur myélite. —

TROUBLES DES SPHINCTERS S

Chez le malade de Jaccpud, la rétention est contemporaine du début de l'afïection ; dans le cas d'Homolle,

la rétention survient avant que la paraplégie soit complète. Dans l'observation X de Caizergues, alors que la paralysie motrice est très peu accusée, on note une constipation opiniâtre, qui no cède que momentanément sous l'influence des purgatifs, et le besoin d'aller à la selle n'est pas senti : en revanche la miction est facile. Dans le cas de Bayer la myélite débute brusquement le 5 mai, et le lendemain en notait déjà de la constipation et une miction difficile. L'un des malades de Phitipson est plus curieux : il offre d'abord de l'incontinence d'urine et des matières fécales ; au bout de quelque temps l'incontinence d'urine fait place à une rétention assez absolue pour nécessiter le cathétérisme pendant plus d'un mois ; mais l'incontinence fécale a persisté au même degré que les premiers jours. — Dans l'observation III de Caizergues, on note la rétention d'urine absolue coïncidant avec des selles involontaires et non perçues par le malade. — Le cas de Moxon nous montre la paralysie des sphincters survenue moins de trois semaines après le début appréciable. — Le malade de Moltiêre entre à l'hospice le 3 juillet pour des douleure nocturnes ; le 7 il est pris brusquement d'une rétention d'urine qui nécessite le catbétérisme; le 17, dans un bain de siège, il a une émission involontaire, brusque et douloureuse, d'urine et de matières fécales. Le lendemain les urines sont purulentes et fétides. — Enfin, ou verra bientôt, dans l'observation du D'' Albert, que son malade eut une rechute survenue avec une rapidité inouïe et caractérisée par la suppression absolue des selles et de la

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miction, — Dans Vobsej-vaiioii III de LcichamPre, on note l'abolition du sens génital, malgré le peu d'ialensité (les phénoraonos concomitants, qui consistaient seule iii™t en fourmi liciiients, affaiblissement musculaire et douleurs en ceinture. — Uobsersaiion IV de Caizei'gues signale de l'incontinence d'urine et de la spermatorrhée.

J'ai insisté un peu longuement sur ces phénomènes parce que je crois qu'en raison même de leur fréquence ot de leur intensité dans les myélites syphilitiques, ils peuvent acquérir ici une importance toute spéciale.

Mouvements réflexes. — En dehors des myélites chroniques à évolution lente, chez lesquelles les désordres deviennent peu à peu considérables, les mouvements réflexes sont presque toujours, non-seulement conservés, mais encore exagérés.

Douleu7\ — La participation fréquente des méninges au processus morbide est indiquée par la fréquence des phénomènes douloureux.

MoLLiÉRE : Douleurs nocturoeii ; une émission douloureuse d'urine et da matières fécales ; douleur quand on essaya d'imprimer des mnuvemeats à la jambe gaucho.

Gaizergues. (Obs. J), Douleur vertébrale spoiitanéo et à la pression ; zone d'hyperesthésie douloureuse au niveau des nerfs cjui émergent au-deasus du renflement lombaire. {Obs. III). Un poiut douloureux dorso-lombaire, douleurs dans les hraa et les épaules. (Obs. VIII). Douleurs fulgurantes et en ceinture.

Pmiupson. (Obs. I). Le malade se plaint constamment de douleurs violentes dans les jambes et dans les genoux, surtout â l'approcbe de la uuit ; c'est méma ce aymptOme qui fait songer ft la syphilis.

Gaizerodes. (Obs. IX). Douleur 1res vive dans les lombes; s'irradie dans les cuisses et s' eiagère par la marche.

Dejèrink et Gobtz. Leur malade a éprouvé des douleurs in-

TROUBLES TROPHIQIIES

Chevalet a signait! une douleur lombaire à marche ascendanle, et de la céphalée.

CuARCOT ET GoMBAULT de la céphalt'G, et une douleur vertébrale qui so produisait spontauëment et à la pression.

JULLiARD. Ma malade a ressenti des douleurs très pénibles dans les jambes.

Où iloit prendre en considéralion, pour le diagnostic, l'existence de ces douleurs, surtout lorsqu'elles offrout quelque analogie avec les douleurs ostéocopes, lorsqu'elles rev&tent le type rémittent à exacerbations nocturnes, et qu'elles coïncident avec de la céphalée ou avec des névralgies placées sur le trajet de divers nerfs crâniens.

T}'oubles tpophiques. — On a signalé fréquemment k présence d'eschares sacrées, même dans des cas qui uut été suivis de guérison. L'observation I de Caizergues en est un exemple remarquable; en effet, alors que le malade entrait en convalescence, on trouve une petite eschare qui s'était développée sournoisement depuis quelques jours; « large comme une pièce de 20 francs, elle siège à l'estréraité supérieure du pli interfessier, et se compose d'une partie centrale grisâtre et d'une partie périphérique érythémateuse ; elle est peu douloureuse. »

Je ne crois pas que, dans les myélites syphilitiques, les eschares soient soumises à d'autres lois que celles qui président à Wr formation dans les myélites vulgaires. Il en résulte que, dans ce cas particulier, les considérations pronostiques que l'on peut tirer de la présence des eschares ne diffèrent pas de celles que l'un peut faire à propos de toute myélite, quelle qu'en soit l'urigine.

Je ne saurais mieux résumer ce chapitre qu'en inaé-

SYMPTOMATOI/jOIK

rant à cette place une observation inédite, que je considère comme absolament typique, et qui a été recueillie par mon ami, le D' Albert, dans sa clieutèle privée :

Obs. m. Le 25 avril 1878, je fus appelé chei un lîquoriete de 26 ans, demeurant aux Brotteaux. Cet homme, doué d'une bonne santé habilnelle, ae plaignait depuis quelques Jours d'une cifphalagie persistante à forme gravative, accompagnée d'un vertige assez intense pour rendre la station verticale à peu près impossible. La face et les conjonctives étaient vivement injectées, la langue blanche, le pouls peu fréquent. Je crus avoir affaire à une congestion encéphalique, résultant d'un excès de fatigue on d'une légère insolation, etje prescrivis le repos au lit et des révulsifs sur le tube digestif et les mçmbres inférieurs. — Ne recevant plus de nouvelles de ce malade, je le croyais guéri, lorsqu'un mois plaa lard (22 mai) je fus de nouveau appelé auprès de lui. Ses parents m'apprirent alurs qu'& la suite de la médication susdite il était survenu une certaine amélioration ; mais il était resté de la faiblesse des memkreset de la pesanteur de tête. Enfin, depuis quelques jours, les troubles encéphaliques étaient devenus tellement intenses que la station horizontale restait seule possible. On notait enoutre une légère paréaie des membres inférieurs.

Médication révulsive énergique pendant nne semaine. Les tronblescéphaliques s'amendent un peu; je me livre alors à un examen plus détaillé des troubles qui siègent dans les membres abdominaux, et qui pei'siistent au même degré. Le malade n'accuse aucune douleur, mais il se plaint d'éprouver dans les pieds et les jambes un vague engourdissement et une sensation de froid eicessif, qui l'oblige à s'emmaillotter littéralement dans la flanelle - et le coton. Je remarque, dans ces mêmes régions, un degré notable d'analgésie et d'anesthésie, avec diminution notable des réflexes et de la contractiiité électrique. Ces phénomènes sont plus marqués à la jambe gauche. — Placé debout, le malade peut à peine faire quelques pas, et se rend difficilement comple de la nature <lu sol, sur lequel il marche eu fauchant. Immobile, et les pieds rapprochés, il tombe dès qu'on lui ferme les jeux. Dans le décubitus, il éprouve les plus grandes difficultés à soulever les jambes (surtout la gauche) à quelques centimètres au-dessus du

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