DIAGNOSTIC, PRONOSTIC, TRAITEMENT
Les considérations d'anatomie pathologique et de symptomatologie dans lesquelles je suis entré dans les deux chapitres qui précèdent constituent, à proprement parler, une longue étude de diagnostic, et me dispenseront de détails trop minutieux sur ce dernier.
Gomme Ta fort bien dit Gaizergues, le diagnostic repose sur Vêtiologie^ la symptomatologie et le traitement.
A propos de Tétiologie, je n'insisterai point sur les difficultés qu'éprouvent parfois les médecins à obtenir des aveux de la part des malades : c'est une remarque qui s'applique à toute manifestation viscérale de la syphilis, et qui n'a rien de spécial à la syphilis médullaire. Une recherche minutieuse des traces qui peuvent exister sur les tégunaents et les muqueuses est, dans ces cas, préférable à tous les interrogatoires.
L'étude des symptômes permettra d'éliminer presque à coup sur les affections nettement systématisées. Toute-
») JJIAGNOSÏIG. PRONOSTIC
lois (il est presque pu<'*ril de le rappeler) si la syphilis donne lieu à des rny<*lites dilluses, en revanche, toute myélite diUusiî n'est pas syphilitique, et ce n'est que la connaissance des antécédents qui peut donner au diagnostic quelque probabilité. Le cas le plus simple est c(îlui ou l'on observe des phénomènes médullaires et cérébraux plus ou moins diilus et indéterminés, à marche rémittente, chez un individu qui oilre en même temps des accidents secondaires ou tertiaires. On devine sans peine quelle diversité doivent olFrir les tableaux cliniques.
lin somme, autôcodents syphilitiques, éruptions cutanées et nmqucuses secondaires, ou accidents tertiaires ; coïncidence fréquente de troubles cérébraux; groupenient insolite, caractères didiis et rémittents des phénomènes médullaires : tels sont les points de repère qui permettront au médecin d'arriver à un diagnostic probable, sinon absolument certain. D'ailleurs, le praticien a-t il la moindre hésitation, que le malade doit bénéficier du doute. Ce serait, à mon avis, commettre une faute grave que de lui refuser un traitement spécifique sous Tunique prétexte que la nature de son affection n'est pas bien définie.
C'est qu'en etlet le pronostic des myélites syphilitiques est bien ditlerent de celui dos myélites qui ressortissent a d'autres causes. En faisant la part de l'enthousiasme des spécialistes, qui les a entraînés parfois à accepter comme acquis des faits discutables, il reste encore un grand nombre d'observations où Ton ne saurait nier Tintluence de la médication antisyphilitique.
Cette intluence varie d'ailloui*s suivant les cas. Elle
TEAITEMENT DES MYÉLITES SYPHILITIQUES
est considérable dans les liiyélites à marche plus ou moins aiguë, parce qu'elles sont assez bruyantes, et attirent l'attention de bonne heure, avant que des altérations profondes et durables aient eu le temps de se produire. Quant aux scléroses à marche chronique, qui par leur évolution lente, sont plutôt l'apanage de la période tertiaire, le traitement a moins de prise sur elles, et cela s'ex plique aisément : leur phases initiales sont obscures et silencieuses; et le malade ne vient le plus souvent implorer les ressources de l'art qu'à une époque où les désordres sontirréparables, parce que la lésion organique est définitivement constituée. Encore, même dans ces cas, tout espoir n'est-il pas perdu.
Le traitement de la syphilis médullaire est celui de la syphilis en général, abstraction faite, bien entendu, des moyens thérapeutiques dont l'application est usuelle dans les phlegmasies viscérales et dans les myélites vidgaires. Gaizergues, qui aime les classifications, a consacré plus de vingt pages à l'éniimération nièlhodique de ces divers agents. Voici quelques extraits de ce passage: «Quand on lit l'article Traitement des difi'érents travaux publiés sur la syphilis médullaire, on est étonné de son manque presque absolu de méthode ; on y cherche vainement ce fiium médicinale quod desideratur, dont parle Bacon. Nous allons nous eiforcer de montrer que, même pour la syphilis, qui a des remèdes spécifiques ; même pour les lésions organiques de la moelle, qui sont l'opprobre de la médecine, il y a place pour une thérapeutique rationnelle : la thérapeutique clés indications et des méthodes, la thérapeutique de nos maîtres dans l'art de guérir... Trois mots la résument : indication, méthode,