GOMMES SPINALES
spinale, et comprime la moelle à gauche, de !a deuxième à la cinquième vertèbre cervicale. On trouve en outre une cicatrice d'ulcère syphilitique du vagin, une ant'raîe de tous les organes et la dégénérescence syphilitique des reins.
LoRENzo Hales (1872). a,.., nègre âgé de trente et un ans; Rjphilitique depuis cinq ans. Depuis un an, paralysie totale de la jambe droite, survenue graduellement. Six semaines avant sa mort, il prend de l'iodure, mais il le suspend par négligence au bout de deux jours. Enfin il survient de !a rétention d'urine, nue paralysie complète des deux uOtt's, et de l'ascite. — Autopsie : Gomme de la moelle au niveau de la troisième vertèbre lombaire. Les reins offrent les lésions du début du troisième stade de la maladie de Bright.
Voilà le bilan du syphilome delà moelle. Pas d'examen microscopique, aucun de ces détails minutieux et précis qui nous seraient si nécessaires en cette occurrence ; rien, eu un mot, qiii nous permette d' affirmer la nature sy phititique de ces néoplasmes. Datis le cas de Mae Dowell, la tumeur semble avoir une consistance uniforme, et le testicule n'a pas été examiné : était-U syphilitique ou tubei'culeux? Même obscurité, mêmes doutes pour l'observation de Wilks. Wagner ne donne qu'une description anatomiquo, sans le moindre renseignement clinique, sans même prononcer le mot do pnraplégie, et il a exprimé lui-même des doutes sur la nature de la tumeur. Onant à l'observation de Hales, sa concision nous oblige à la négliger ici. C'est, sans contredit, l'observation de Rosenthal qui serait la moins incomplète, à cause des altérations concomitantes qu'on trouve à la voûte crânienne et dans les reins ; mais encore ue pourrait-elle, à cause de ses lacunes, démontrer d'une façon péremptoire l'existence des gommes de la moelle ; aussi les doutes déjà émis en 1874 par Jacroud (clinique de la Charité),
ANATOMIE PATHOLOGIQUE
Lien qu'il ne connût qur les deux cas de Wagner el de Mac DowoU, me seniblont-ils subsister tout entiers aujourd'hui.
Nous voici arrivés à 1%'tudo des lésions du eurdon médullaire lui-même.
Lésions de la moelle elle-même. Je ne m'arrêterai pas à robjectiou soulevée par Hughiing Jackson, qui a prétendu que la syphilis ne peut pas affecter primitivemeDl les éléments nerveux, parce que ceux-ci dépendent de l'ectoderme, et que la diatlièse se limite an tissu conjonclif, c'est-à-dire au feuillet moyen. D'abord on pourrait contester la rigueur de cette dernière assertion ; ensuite, s'il est vrai que l'ectoderme contribue à former une partie de la moelle, il n'est pas moins vrai que les auteurs se divisent dès qu'on veut aborder les détails; et, aux arguments de Jackson je pourrais opposer les idées émises par des savants éminents, d'après lesquels l'ectoderme ne formerait que l'épithélium du canal épendyniaire, tandis que tous les éléments nerveux seraient formés dîrectemeut par le feuillet moyen, au même titre que le tissu conjonetif. Si donc l'embryogénie nous sert à prouver la grande analogie qui règne entre les téguments et les centres nerveux, il me semble, en revanche, que la discussion soulevée par le savant anglais n'est que spéeicuâe, et que, dans Tétat actuel de la science, il vaut mieux s'abstenir de pareilles controverses.
D'une façon générale, les auteurs sont à peu près d'accord sur les lésions de la substance médullaire; ils ne différent entre eux que par L?s proportions qu'ils établissent dans la fréquence relative de ces diverses lésions les unes par rapport aux autres. Ainsi Wilks et Moxon
LRBIONS DE LA SUBSTANCE MEDULLAIRK a
s'étendent spécialement sur les gommes et sur ce qu'ils appellent les dépôts syphilitiques, analogues àceuxqu'oBi trouve dans les testicules et dans le foie. Lanceroaus admet des myélites diifuses et circonscrites, et décrit plus volontiers la sclérose, avec ou sans corpuscules arayloïdes, amonant consécutivement l'altération ou la destruction des éléments nerveux ; mais il est très réservé à l'endroit des myélites de la période secondaire : « Les affections médullaires syphilitiques, dit cet auteur, appartiennent surtout à la période tertiaire ; mais on peut aussi les rencontrer avec des caractères un peu diflëreuts dans la période secondaire ; la lésion qui les constitue alors est plus étendue et se rapproche davantag"e du processus phlegmasique ordinaire. » Rosenthal n'expose pas de vues géuérales ; il se contente, en vrai clinicien, d'énumérer brièvement les altérations trouvées dans les quelques autopsies qu'il connaît : « Tumeurs gommeuses on syphilomes (Moxon, Charcot et Gombault) ; coloration anormale ou sclérose partielle des cordons postérieurs et latéraux ; atrophie de la substance grise (Briiberger) ; atrophie partielle avec sclérose des cornes, et déformation des celhdes nerveuses (Charcot). » On voit, par ce qui précède, combien les auteurs sont muets sur les myélites aiguës. Gaizergués en parle plus longuement ; il écrit que leur lésion consiste « dans le l'amollissement inflammatoire, précédé et accompagné d'une hypérémie dont les traces se retrouvent à l'autopsie...; le microscope montre mie congestion intense, surtout de la substance grise, qui est plus vasculaire qu'à l'état normal. Le réticulum de la névroglie éprouve un retour à l'état embryonnaire. Si ses éléments ne snnt pa^ résorbés, ou liipn ils dégénèrent, e'est le ra-
ANATOUIE PATHOLOGIQUE
mollissement gris {Moxoii, Westphal), ou bien ils passent à l'état adulte et coiistituont des foyers scléreux. » Mais l'auteur avance ensuite quelques détails qui me semblent plutôt le fruit de l'imagination que le fait de l'expérience ; ainsi « le ramollissement est superficiel quand il s'agit d'une sy^ihilis secondaire... l'inflammation est ' plus profonde lorsqu'il s'agit d'une vérole maligne ou plus avancée. » Un peu plus loin il écrit que « les foyers scléreux entraînent dos oblitérations vasculaii-es et interceptent ainsi les courants nourriciers » ; or, pour qui connaît la lùchesse en anastomoses que possèdent les vaisseaux de la moelle, et la facilité incroyable avec laquelle les suppléances -vasculaires s'établissent dans cet organe, il paraît toujours basardé de faire intervenir les oblitérations vasculaires comme cause directe de destruction des éléments nerveux.
Après cette rapide énumération des principaux auteurs, il est bon de rapporter en détail les autopsies qui ont servi à fixer leurs idées sur les altérations syphilitiques de la moelle.
Je citerai seulement en passant les noms de MM . Mauriac, Tillot, H. MoUière et Potain. Les trois premiers semblent avoir trouvé du ramollissement, mais leurs autopsies sont très incomplètes. Quant à M. Potain, il a trouvé la moelle transformée en un cordon fibreux cbez un fœtus de six mois qui avait le foie syphilitique, et dont la mère était aussi infectée : c'est là un cas d'affection intra-utérine ; et, fût-elle syphilitique, elle s'écarte trop des pbéuomènes que je me suis proposé d'étudier, pour qu'elle me soit utile. Ily a encore une observation de Westphal, mais elle semble n'être pas autre chose qu'une simple