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PREMIÈRE CATÉGORIE : Ouvrages de Sénèque qui ont précédé Tapparition des livres saints :
Le De Ira : ayant 44.
Consolation à Mareia : avant 44.
Id, à Helvia : de 41 à 49; durée de l'exil.
Id. à Polybe : de 41 à 49.
DEUXIÈME CATÉGORIE : Ouvrages qui Ont pu être coiQposés sous rinfluence des idées chrétiennes :
De Vita Beata : vers 61.
De Brevitate vitœ : de 63 à 65 probablement.
De Clemeniia : en 58 ou 59.
De Beneficiis : de 60 à 65 probablement.
Lettres à Lucilius : de 60 à 65.
Questions naturelles : de 60 à 65.
TROISIÈME CATÉGORIE : Ouvragcs dout la date ost incertaine :
De Tranquillitate animi : vers 49 ou 50 peut-être. De Otio sapientis : id.
De Constantia sapientis : de 44 à 49 peut-être. De Providentia : id.
n ressort de cet exposé, premièrement, que de tous les livres du Nouveau Testament les seuls que Sénèque ait pu imiter sont les deux Evangiles de saint Matthieu et de saint Marc, et les onze premières Epîtres de saint Paul ; en second lieu, que de tous les écrits de Sénèque, les seuls qui aient pu être composés sous l'influence chrétienne sont le De beneficiis j les Questions naturelles^ les Lettres à Lucilius^ et peut-être le de F^ita Beata. Par conséquent, si Ton admet limitation, une
différence sensible doit se faire remarquer entre les premiers ouvrages du philosophe et les derniers.
Mais de ce que certains livres du Nouveau Testament sont antérieurs à quelques productions de Sénèque, est-ce une raison suffisante de penser que Tauteur les a nécessairement connus et pris pour modèles? Quelle idée se fait-on de Tappairitioi;! des livrer saints dans le monde? Croit-on qu'un évangile ou uneépître, une fois écrits, couraient de main en main parmi les païens, et excitaient les sentiments profanes d'admiration et de curiosité qu'éveillent un poëme, un discours, un traité récents ? Ira-t-<Hi jusqu'à les placer comme les pièces en vogue dans l'étalage des libraires ? Ce serait voir sous un jour bien étrange l'histoire de ces temps que de s'i^ maginer que les dogmes chrétiens, au temps de Néron, eurent dans le public lettré et dans les écoles le retentissement d'un système nouveau de philosophie. Aucune erreur ne serait aussi choquante. Ecrits pour des initiés, intelligibles pour eux seuls, dépouillés de tous les agréments propres, à piquer le goût des hommes, les livres chrétiens pendant de longues années restèrent secrets, comme les assemblées mômes des premiers fidèles, et inconnus, comme la doctrine qu'ils exprimaient. Ce n'est qu'au temps de Celse et de Julien que les païens paraissent instruits de leur existence ; et si l'on excepte les flpltres apostoliques, ils sont à pqine mentionnés pai? les Pères du if siècle ^ . Sous Néroi]^^ il est presque certain qu'ils étaient connus seulement des Sglises où ils avaient été composés ou envoyés ; et ils ne devinrent qu'un peu plus tard d'un usage comipuo et universel pour les néophytes. La prédication des apô^ très, animée d'un mémi^ o^prit sur tous les points die I4
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terre, suffisait à nourrir les âmes et à établir dans les communautés dispersées l'unité de croyances. Un siècle après, lorsque PEglise, accrue de nombreux talents, engagea la lutteavec la sciencemondaine, ses livres sortirent de la paix du sanctuaire et arrivèrent à la publicité ps^r l'éclat de Tattaque et de la défense. Mais au temps de Sénèque, nous le répétons, les chrétiens étaient trop peu npi;nbreux, trop ignorés, trop souvent confondus avec les sectateurs des superstitions barbares, pour que leur doctrine et leurs écrits attirassent Pattçntion des païens, et surtout des philosophes. Sans doute, si Ton eût pu prouver les rapports de Sénèque avec saint Paul, il serait facile et raisonnable d'admettre qu'il a connu, par cet intermédiaire, les Epîtres et les Evangiles, et qu'il les a compris, grâce aux lumières de la prédication : mais sans ce secours et cette communication officieuse, ni les livres saints ne pourraient aller jusqu'à lui, ni lui jusqu'à ces livres.