‹ Etude Critique Sur Les Rapports Supposes EntreChapitre 56 sur 66 · EPITRE U · texte numérisé non relu

EPITRE U

HUaris.^ Dans les bons auteurs, hilaris, qui signifie gai, n'est jamais confondu avec lœtus qui désigne plus particulièrement la joie intérieure, sincère et profonde. Mais la faible nuance qui distingue ces deux expressions n'a pas tardé à s'efllicer. — Sénèque emploie très-souvent hilaris, et quelquefois dans le sens de lœtus. — Omnes lœti, hilares ; P. R. ambulabat, tanquam liber, y* (De mort. Claud., 1. Xn.) — < YuUus hilares sunt, quales soient esse qui dant, vel accipiunt bénéficia. » (De benef. i, 3.) — « Genytus devorasti, non tamen hilari fronte texi8ti.»(Ad Marc. I.) — « Sermones jucundi, conversatio hilaris. > (Ep. xcix.) — < Rébus oblatis hilaris uti. » (Ep. cxxm.) — u Hilarem servis luis te prœsta. » (Ep. xLvii.) — « Quanta autem dementia ejus est, quem clamores imperitorum hilarem ex auditorio dimittunt ! » (Ep. ui.) — a Hilarem me putas hsc tibi scribere. » (Ep. uv.) — « Sapiens ille plenus est gaudio, hilaris, et placidus, inconcussus. » (Ep. lix.) — « Ego docerivolo quomodo totos (agros) hilaris amittam.» (Ep.Lxxxvm.) — «Hœcphilosophiaprsstat : in conspectu roortis hilarem... » (Ep. xxx.) — Je n'ai pas la prétention d'avoir cité toutes les phrases où Sénèque emploie hilaris, mais c'est déjà beaucoup, ce semble^ de la part d'un philosophe dont les doctrines respirent la tristesse. L'usage fréquent que les stoïciens faisaient de ce mot prouve deux choses, d'abord que leur joie était plus extérieure que réelle ; ensuite, que cette expression tendait à remplacer lœtus.

Reseribere potui, si,., habuissem, — Expressions et tournures critiquées, mais latines et régulières. — Cicéron : « Antemeridianis tuis litteris heri statim rescripsi : nunc respondeo vespertinis. » (Ad Att. xin, $3.) — a Rescribam tibi ad ea qu» quœrls. » (Id. Fam. i, 9.) — Horace : « Taquotus esse velis reseribe, • (Ep. i, 5.) — Le parfait indicatif poffi», en corrélation avec un temps du subjonctif précédé de si, forme une tournure grecque, très-usitée dans les bons auteurs latins. — Ce qui parait moins correct, c*est prœsentiam habere; mais nous sommes au IV* siècle.

Censor, signifie critique, ici comme dans Horace et Cicéron :

Ai qui legitimnin cnpiet fecisse poema

Cum tabulis ftnimam eeniorit snmet lionesti. (Ep., 1. II, 2, 409.)

~ Censor castigatorque minoram. {Art poèt. i7A.}

— Patrans, centor, magister. (Gicér. p. Cœl. ii.)

Nous ayons cité plus haut censura , dans une lettre adressée à saint Cyprien.

Sophista, comme sophistes, a signifié d'abord sophiste. « Di te perdant, insulse sophista ! > (Ter. Eun. u, 3, 10.) — Un peu plus tard il a pris une autre signification, plus conforme à son étymologie. Ju?énal désigne par ce mot les philosophes, les professeurs de philosophie : a Uno conclamant ore sophistœ, » (S. vu, 167.) — Tertullien le prend dans le même sens : « Errayit et Christus, piscatores citius quam sophistas ad prsconinm mlttens. » (De anima 3.) — Saint Augustin appelle sophistas ^ litterarum latinarum eloquentissimos auctores.(Ducange, Glossaire.) Ainsi, au lY* siècle, ce mot avait repris sa signification originelle et étymologique de très'savant, très-habile.

Personœ qualitas (itoiotyi;). — De même dans Tertullien, sensus qualitatum; dans Sidoine Apollinaire, vitœ qualitas; dans Cicéron, qualitas cœli,

EPITRE in.

Siatum divisionibus dedi, « j'ai mis, grâce aux divisions, l'ouvrage dans Vétat qui lui convient. » — Status avait deux sens, l'un général^ et c'est celui où il est employé ici ; il signifiait, comme le mot état en français, la situation naturelle d'une chose : « Privai» res vestr» quo in statu sunt? n (Tite Live.) — Suum statum tenere. — Restituere aliquem in prislinum statum, — Si le langage de l'auteur de ces lettres n'est pas très-élégant, il est du moins latin, grammaticalement. Le second aens était particulier aux rhéteurs, qui désignaient par là l'état de la question, quo^tionis constitutio.

Légère sum destmatti5, « j'ai l'intention arrêtée de lire. » Même re-

marque que plus haut. Cette façon de parler n'est pag sans antécédents : « Puer huic spei destinatus, (Quintilien, i, !•) "- Destinaius ad o6sequium omne.» (Q. Curce, v. 10.)

Reddam tibi diem, « je t'indiquerai un autre jour. )» L*auteur a pris reddam comme synonyme de dare, ce qui avait lieu assez souvent. Reddere signifiait alors donner à quelqu'un ce qui lui appartient, ce qui loi est dû : de là, reddere nomen , donner un nom; reddere rationem, lUteraSy donner à quelqu'un le compte qu'il demande, les lettres qui lui appartiennent.

ScHpluramedere, « montrer cet écrit. » — De même dans Térence « Poslquam poêla sensit scripturam suam ab iniquis observari, y> etc. (Adelp.) ; dans Tacite : « Nemo annales nostros cum scriptura eorum contenderit qui veteres populi romani res composuere. » (Ann. iv, 32.) — Dans les auteurs chrétiens , ce mot signifie souvent l'Ecriture sainte (Tertullieni S. Jérôme, S. Augustin.)

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