‹ Étude Cryoscopique Sur Le Mécanisme De La Traversée PlacentaireChapitre 7 sur 21 · DIT · texte numérisé non relu

DIT

mettre en évidence les diverses fonctions de l’organe de séparation entre Ja mère et le fœtus. Et si l’on rassemble les quelques conclusions précises, les nombreuses hypothèses appuyées sur des observations justes, l’on s'aperçoit vite que la physiologie du placenta, quoique encore bien obscure, semble extrêmement complexe, importante et variée. Il apparait de plus en plus à la lumière des nouveaux résultats, que le placenta, bien loin d’être un filtre passif, un simple organe de séparation dont les villosités choriales puisent dans le sang de la mère les matériaux tout élaborés qui conviennent au fœtus, soit un lieu de triage, de synthèses, de métabolismes, de secrétions internes ou externes.

L'on y retrouve l’une des fonctions du poumon, celle qui va permettre au sang fœtal de puiser dans le lac sanguin maternel, l'oxygène nécessaire aux combustions fœtales.

Claude Bernard a mis en évidence l’une des fonctions du foie; le placenta fixe les sucres du sérum sous forme de glycogène.

Hammet en 1919 y signale l’uréopoièse.

Les anaiyses des cendres placentaires à diverses époques de la gestation montrent, par les variations de certains éléments, le fer et le calcium par exemple, que l'organe agit comme un dispensateur de ces éléments en temps voulu,

Certaines fonctions endocrines quoique moins nettes, s’y accusent; plusieurs auteurs ont prêté à la glande placentaire une action à distance sur la secrétion mammaire (Halban, Konigsstein, Briedl, Foa, Basch, Lederer et Pribram, Aschner et Bouchacourt, etc.…), sur la production du travail (Ludwig, Guggisberg). |

Enfin, l’on découvre au niveau de l’épithélium chorial, plusieurs des épisodes de la digestion intestinale, avec cette

seule différence que cette digestion placentaire porte sur des molécules réduites, ou en tout cas moins hétérogènes. :

L'étude des diastases du placenta est encore à l’ordre du jour, mais plusieurs auteurs ont signalé déjà la présence des enzymes habituelles du tube digestif (Higuchi). L'étude histologique s'accorde avec l’idée de la nature glandulaire des villosités; de Kervily a insisté sur les formations mitochondriales liées au processus d'élaboration diastasique. Les premiers efforts dans ce sens se sont portés sur la digestion des graisses, et l'étude a montré que la glande choriale a une activité lipolytique (Costa, 1905). Guillemet, dans sa thèse de Paris en 1920, résume les travaux sur le métabolisme des graisses de la mère au fœtus. La question des hydrates de carbone est éliminée par ce fait que ceux-ci ne se présentent que sous forme de glucose. 5

Enfin la question des albumines a été soulevée ces dernières années (Mélissenes), et l’on doit admettre que cellesci non plus ne sont pas absorbées intactes, mais à l'état de peptides et d'acides aminés qu’une nouvelle synthèse intrafœtale assemblera pour la construction des molécules du protoplasma nouveau. La formation d'urée au niveau de l’épithélium chorial, atteste au demeurant un nouveau déchet d'une désamination nécessaire dans la dégradation protéique.

Chose curieuse, pour la plupart des obstétriciens, la question du passage des cristalloides fut tranchée sans discussion et de parti pris. Si nous ouvrons le dictionnaire de Physiologie de M. Richet à l'article « Fœtus (Nutrition du) », article extrêmement documenté et clairement exposé par

l'éminent Professeur Wertheimer, nous lisons après les

F travaux et hypothèses rapportés sur le passage des graisses et des albumines, la phrase suivante : ,

« On peut considérer comme démontré, que l’eau, les sels solubles, les substances facilement dialysables (sucre) passent en vertu des seules lois de l’osmose ».

L’affirmation est en général identique dans & plupart de nos ouvrages d'Ostétrique classiques :

« Et quant au passage des substances solubles, il est bien évident qu’elles traversent en vertu des seules lois de l’osmose ».

Cette conception a priori, s'explique par ce fait, que de nombreux ouvrages de Physiologie générale continuent à enseigner que l’osmose seule régit la plupart des phénomènes d’absorption cellulaire. Pourtant, les auteurs s’écartent peu à peu de cette suggestion, et les études sur la perméabilité des membranes vivantes, les coefficients de partage, la physiologie rénale et intestinale commencent à introduire le doute. Les espoirs autorisés par les découvertes simples en apparence sur les phénomènes osmotiques ont dépassé les possibilités, et il en est ici comme dans la plupart des grandes lois de la physique. La physiologie végétale consacre déjà de tels chapitres sur « Les exceptions aux lois de l’osmose », que leur application en devient hasardée sur les tissus vivants des plantes ? Combien la prudence doit-elle être plus grande encore dans les inextricables processus de la substance animale ?

En résumé, la question, en physiologie obstétricale pourrait être amenée comme il suit:

Le placenta, seul organe de transmission entre la mère

de fœtus, at-il des fonctions de contrôle : sur toutes L substances qui le traversent. La cellule de la villuosité CHO=ES 5 riale est-elle purement passive devant les préparations dia

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