DE
Il y a lieu de faire les remarques suivantes :
1° Le malade en était arrivé à une fréquence de crise très grande. Si, au débui, celles-ci ne se produisaient que tous les 8 à 15 jours, elles s’étaient très vite rapprochées, au point de se répéter tous Les deux à trois jours. Il ne se rappelait pas en avoir eu deux dans la même journée, mais souvent une le soir et une le lendemain matin. L'heure en était variable, il n’en faisait pour ainsi dire jamais la nuït, et, au contraire, très souvent, en avait une vers la fin de l’aprèsmidi ou la soirée : c'était même l’heure d'élection;
2° La crise clinique, pour n’être parfois qu'ébauchée, — pâleur, petites sensations anormales, — n’en
provenait pas moins d’une crise tensionelle des plus
nettes. C’est ainsi qu’on notait à l’une d’elles une ten-
sion de 30/15 pour un pouls à 100 (le pouls n’est que
rarement accéléré), et une température de 38°1;
3° La tension normale du sujet était fort difficile à déterminer. Elle dépendait de l’éloignement de la dernière crise. il semble qu’il existait même, à certains moments, une sorte d'hypotension compensatrice assez durable, par exemple à 11/7. Le plus souvent, le malade restait avec une hypertension légère. Voiei tes chiffres les plus souvent notés : 14/8; 16 ®/ JP 1672/1079
4° L'hypertension critique portait sur Îes deux ten-
sious, maxime et minima;
o° Les très nombreux iraitements auxquels, depuis quatre ans, il avait été soumis, même les moins ayÿpropriés, avaient échoué, et pour cause. Médications gastro-intestinales diverses, médications hypotensives, parasympathicotoniques, sédatifs nerveux, irradiation de la thyroïde, etc. ;
6° La trinitrine restait sans acüon. Le nitrite d'amyle faisait instantanément baisser la tension de £ ; : rats o em. de mercure environ. Mais le malade se piaignait d’être fortement incommodé, souffrait de la tête de facon alarmante, et, d’ailleurs, la tension remontait rapidement, semblant même dépasser le chiffre antérieur.
C’est ainsi que le 7 juin, vers 9 heures du matin, le malade sent sa crise venir: il a 22 1/3/13 au Vaquer. À 10 heures, il a 30/14 au Boulitte, et commence à vomir.
L’inhalation de nitrite la fait tomber à 24/12. Deux minutes plus tard, elle est à 27/13. Trois minutes après à 28/15; quatre minutes après, à 28 /15; cinq minutes après à 29/16; six minutes après à 30/15 au Vaquez. Deux heures après, elle est encore à 23/11;
7° On connaît l’antagonisme adrénaline-insulinien. La mesure de la glycémie donna 0 gr. 98 à deux examens pratiqués entre Îles crises, 1 gr. 25 à un examen fait pendant une crise, mais à son début. Il y a lieu de penser que l’augmentation du taux de sucre sanguin était beaucoup plus considérable. On nota une fois de la glycosurie;
8° Un examen interférométrique endocrinien fut pratiqué par le Laboratoire Grigaut. En voici le compte rendu :
« Le sérum a été mis en contact pendant vingtquatre heures avec les diverses substances glandulaires, à raison de cinq mmzgr. exactement pesés de substrat pour 1/2 em’ de sérum. La différence entre la valeur interférométrique du sérum pius substrat et du sérum seul traité dans les mêmes conditions, donne
la valeur supplémentaire de la réfraction due à l’ac-
tion combinée des ferments d’Abderhalden et des facteurs physico-chimiques.
« Notation et résultats : les chiffres ont exprimé en Division des Tambours (DT) calculés pour un appareil donnant 90 D.T. avec la solution de NaCl à 1 % opposée à l’eau distillée. Les valeurs fermentaires comprises entre 0 et 4 sont normales; les valeurs supérieures à 4 indiquent une altération de la glande étudiée, en rapport, la plupart du temps, avec une hypofonction.
« Protocole des expériences : aspect du sérum, limpide; valeur interférométrique du sérum, 911.
Supplément Facteur Substrats de physico- Valeur
réfraction chimique fermentaire
Hypophyse antérieure . 8 7 1
TR postérieure. 14 11 3 Thynaîde. Termes 15 14 1 Parathyroïde . ....... 13 12 1 Thymus See 13 13 0 Glandes génitales... L7 10 7 SurrEnale + et 12 7 5
« Conclusion : désintégration anormale du testicule et de la surrénale, en rapport avec une disfonction de ces glandes (hypofonction). »
9° La mise en évidence de la décharge adrénalinique probablement en cause est très difficilement réalisable. À notre connaissance, le dosage chimique de l’adrénaline dans le sang est actuellement impraticable. Quant à son dosage biologique, il présente de très grandes difficultés, exige une technique très délicate, est sujet enfin à des causes d’erreur énormes. Nous ne pouvons faire état, en ce qui nous concerne, de l'élévation de tension de l’ordre de 4 em. de mercure obtenue sur un de nos lapins par l'injection, dañs la veine marginale de l’oreille, d’environ 10 ec. du sang du malade prélevé en pleine crise;
10° Celui-ci appartenait au groupe 4. Nous n’avons pas davantage obtenu de résultat par l'injection intraveineuse d’homme à homme. Une transfusion fut faite de 100 cc. de son sang citraté pris dans les mêmes conditions. (Notons que sa tension ne baïissa pas.) Elle ne fit pas monter, non plus, celle du sujet receveur, qui se maintint sensiblemeni à son chiffre initial : 14/8. Nous n’obtinmes parallèlement chez lui aucun signe d’excitation sympathique:
11° Mais l'intervention à ce sujet fut particulièrement intéressante. Le malade, en effet, fit bel et bien une crise sur la table d’opération, pendant toute la durée de celle-ci — et même une crise très forte. Aussi
loin poussions-nous la pression, nous obtenions tou-
jours quelques oscillations sensibles. Voici d’ailleurs
quelques chiffres :
T.A. au début : 18/10 au Vaquez (bras); puis : 22/11 au Pachon (mollet).
Pendant toute la première période, — où l’on découvre le pôle supérieur du rein droit, et où l’on dissèque minutieusement, à la recherche de la surrénale, la graisse qui le recouvre, — c’est-à-dire pendant une heure et quart, — on note des oscillations de l’ordre
de 2, 3 ou 4 divisions environ, entre 27 et 16.
À 10 heures, découverte du siège réei de la tumeur et extraction. Or, aussitôt celle-ci extraite, la tension se met à baisser à 20/11, puis, en un quart d'heure à peine, à 18/9, 17/8, 16/8, puis 13, 12, enfin 10. L’opération est terminée. À ce moment, les oscillations ne dépassent pas, la manette de l’appareil étant en Mm, une unité au Boulitte. On reprend la tension au bras au Vaquez : elle est à 10/5 environ.
C’est à ce niveau qu’elle se maintiendra jusqu’à la mort survenue 36 heures plus tard. On nota encore, pourtant : 10/5, 9/5, 8 2/5. Puis, à partir de l’aprèsmidi : 9/6, 10/5, 11/6, 12 /7, 11/5, etc.
On utilisa largement les cardiotoniques habituels, on fit du sérum et du camphre, mais on ne fit pas, à tort semble-t-il, d’adrénaline.