PROPRIÉTÉS BIOLOGIQUES
Nous savons aujourd’hui que les caractères morphologiques et culturaux, les propriétés chimiques et physiologiques sont plus ou moins relatives et dépendent en grande partie des conditions physiques et chimiques, dans lesquelles les bactéries sont cultivées. Il est donc indispensable, avant d'aborder l’étude des propriétés biologiques et physiologiques, de fixer les conditions les plus favorables et les limites extrêmes qu’un organisme demande pour pouvoir assimiler, se multiplier ou au moins conserver sa vitalité. l/importance de ces recherches est devenue d’une nécessité absolue, depuis qu’on a trouvé le moyen de fixer très exactement la concentration en ions H d’un milieu et qu’on a pu constater que l’assimilation d’un organisme est en rapport direct avec cette concentration et qu’il y a une relation étroite entre ces phénomènes.
Afin de réaliser ces conditions, il fallait tout d’abord composer un milieu synthétique facilement réalisable avec des produits stables et purs et satisfaisant aux exigences de notre Bactérie. À cet effet, nous avons tout d’abord préparé le milieu suivant :
Phosphate de soude (PO 4 HNa 2+12 H20).. 23 ETS Süllate denMaguésie Le A RIRE. Ah -L. »
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À 10 cc. de ce milieu nous étions obligés d’ajouter un cc. de solution de Na OH N/10 pour obtenir le virage d’une solution de phénolphtaléine à 1%. Une solution pure de succinate d’ammoniaque du commerce a toujours une réaction légèrement acide (1 gr. de ce sel demande toujours environ 10 cc. de Na OH N/10 ou 0,4 de soude).
Ayant ainsi un milieu strictement neutre, nous avons préparé avec ce substratum de base, trois milieux à concentration en ions H différents :
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Les 3 milieux ont été ensemencés dans des conditions analogues avec la même souche bactérienne, cultivée sur bouillon de viande, en introduisant à leur surface une même quantité d’émulsion microbienne. Après 8 jours de séjour à l’étuve le développement des cultures était peu satisfaisant, mais nous avons cependant pu déjà constater ici une faible diffusion dans le milieu de pH = 6,4 d’un pigment bactérien.
Par Îa suite nous étions alors amenés à modifier notre milieu de la façon suivante :
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C’est ce milieu que nous avons toujours désigné au cours de notre travail par le terme : Milieu synthétique F.
Il a été amené aux trois pH cités plus haut, et après ensemencement les cultures ont été placées à des températures de + 159, + 270, + 370.
En même temps nous avons ensemencé des milieux au bouillon de viande, au bouillon de viande glycériné, au jus de pomme de terre carbonaté et des milieux végétaux de melon.
Après un séjour de 24 — 48 heures, de 4 et 8 jours dans les différentes étuves, nous avons examiné comparativement le développement et la luxuriance des cultures. Nous avons ainsi constaté que microscopiquement et macroscopiquement notre bactérie se développait normalement, d’une façon satisfaisante et abondante, sur notre milieu synthétique, qui constitue par conséquent un milieu très favorable et de choix pour le Bacillus Citrulli SARTORYI (Fig. IV).
C’est donc avec ce milieu synthétique F., que nous allons effectuer l’étude biologique de notre bactérie.
La croissance et la multiplication de notre bacille sur ce milieu sont très rapides à la température de + 22°. Nous avons alors tout d’abord déterminé la courbe optima de croissance à cette température en ce qui concerne la réaction du milieu de culture. La technique employée a été celle indiquée par J. MEYER (124).
Nous avons constitué trois séries de tubes à concentration en ions H différentes depuis pH — 4,2 jusqu’à 9,2 et chaque série a été ensemencée avec notre bacille. Les mesures ionométriques ont été effectuées avec le potentiomètre à électrode d’antimoine. La première série ensemencée a été examinée après 48 heures et après 4 jours de culture. La culture a été filtrée à travers un filtre de Jena; le filtre est pesé avant et après la filtration, après un séjour à l’étuve à + 550 jusqu’à poids constant. La récolte optima indiquant le milieu maximum de concentration en ions H pour la vitesse de croissance du Bacillus Citrulli SARTORYI a ainsi été fixée à un pH = 7,3.
La deuxième série de tubes ensemencés nous a montré que les limites de croissance pour le Bacillus Caitrulli sont situées dans les conditions ci-dessus données, à des concentrations en ions H inférieures à pH — 4,73 et supérieures à 8,84. Les mesures de la concentration en ions H après une culture de 24 jours sur tous les milieux, nous a démontré que la Bactérie, par sa croissance et son assimilation sur notre milieu synthétique F., amène une acidification constante, qui est située à peu près aux environs de pH — 5,8 après 3 semaines de culture. D’autre part, la vitesse de croissance et la récolte sont à peu près identiques pour des milieux à des pH situés entre 6,4 et 7,6, abstraction faite de l’involution des formes bactériennes contrôlables par le microscope et la formation d’un pigment bactérien diffusible dans le milieu.
1) Action de la chaleur.
Pour déterminer la résistance de la Bactérie vis-à-vis de la chaleur, nous avons employé des cultures âgées de 15 jours. Une série de pipettes de PASTEUR de petit diamètre ont été aseptisées et remplies à moitié avec des milieux renfermant les cultures émulsionnées par agitation. Puis les deux extrémités des pipettes ont été scellées avec précaution,
et les ampoules ainsi obtenues sont placées dans des B. M. réglés à des températures fixées à + 180, + 370, + 420, + 500, + 600.
Un séjour de 5 minutes à + 600 a tué la bactérie, car les nouveaux milieux ensemencés avec ses germes sont restés invariablement stériles. Un chauffage de 12 minutes à + 500 suffit de même pour arrêter la vitalité de la Bactérie. D’un autre côté, l’organisme est beaucoup moins sensible à la température de + 429. Des cultures chauffées pendant 2 heures à cette température, n’ont pas été tuées, et ont repoussées, réensemencées sur nouveau milieu et placées à + 220. Une culture scellée a été placée d’autre part pendant 48 heures dans un seau renfermant de la glace et du sel marin. La vitalité du bacille n’a cependant pas souffert de ce traitement. Par contre la bactérie est très sensible à la dessication. Des frottis effectués et desséchés dans le vide ont été ensuite enveloppés dans du papier-filtre stérilisé. Un séjour de 1 minute à la chaleur sèche de + 600 et de 5 minutes à la chaleur sèche de l’étuve à + 50° a suffi pour tuer tous les germes et 15 minutes à + 40° nous ont donné le même résultat.
Pour étudier et établir les fempératures optima, maxima, et minima de culture de notre bactérie, nous avons placé des milieux ensemencés au pH — 7,3 dans des étuves réglées ae 89, 159, 220,5329, 370 et. 429,
La bactérie évolue encore très lentement à + 80 et à + 379 (à + 429 plus de développement), mais ces deux degrés thermiques doivent être considérés comme la limite de température, et constituent le minimum et le maximum de température culturale. La vitesse de croissance et le poids de la récolte sont à peu près identiques pour les tempérade + 15° et + 320. Mais la luxuriance et la richesse sont, sans aucun doute, les plus remarquables et les plus prononcées à la température culturale de + 229. Le développement du Bacillus Citrulli SARTORYI se fait avec son maximum d'intensité et de rapidité à des températures de + 180 à + 250 et la courbe de température doit avoir son point culminant à + 220 sur un milieu ajusté à un pH optimum dé 73
2) Action de la lumière.
La lumière n’exerce pour ainsi dire aucune action d’arrêt sur le développement de Îa Bactérie. Des cultures
ont été placées pendant 2 mois à des endroits où elles étaient exposées à une insolation directe. Les bacilles n’ont jamais perdu ou modifié leur vitalité ou leurs propriétés physiologiques.
3) Aérobiose et Anaérobiose.
Le Bacillus Citrulli SARTORYI ensemencé sur les milieux liquides donne très tôt un léger voile à la surface du substratum. Mais dans la profondeur du tube le dépôt bactérien augmente aussi très vite pendant la culture; de même si on ensemence un milieu solide en gélose où gélatine par le procédé en piqûre, on constate que la Bactérie se développe aussi dans le canal d’inoculation dans toute sa profondeur.
I1 y a donc lieu de se demander, si le Bacillus Citrulli SARTORYI n’est pas un anaérobie facultatif.
A cet effet, nous avons effectué des cultures par le procédé à l’huile de vaseline de LEGROS et par la méthode à l’hydrogène de ROUX. Pour le contrôle nous avons plus tard refait encore l’expérience dans la cloche à vide à 70 millimètres.
Nous avons ainsi pu constater que notre Bacille peut se développer presque normalement en présence d’une pression réduite d'oxygène, et que dans ces conditions sa fonction chromogène n’est nullement inhibée. Dans une atmosphère dépourvue totalement d'oxygène, la Bactérie ne se développe guère ni à + 189 ni à + 220, mais les germes gardent constamment leur vitalité et des cultures anaérobies, mises après 4 mois de séjour à l’étuve à vide, reprennent très vite au contact de l’air leur développement et leur fonction chromogène.