‹ Étude d'une bactérie chromogène nouvelle: Bacillus citrulli SartoryiChapitre 19 sur 28 · GÉNÉRALITÉS · texte numérisé non relu

GÉNÉRALITÉS

Au cours des recherches effectuées pour l’étude des caractères morphologiques et biologiques de notre bactérie, décrites dans les chapitres antérieurs, nous avons insisté sur les faits suivants :

Dans toutes les cultures, la substance chromogène diffuse dans le milieu, les colonies bactériennes mêmes restent par contre toujours incolores, ou prennent un aspect blanc sale visqueux.

A l’examen microscopique nous n’avons jamais constaté que le pigment siège dans le corps même de la bactérie. REINER-MULLER (127) dans l’étude du pouvoir chromogène de son Bacterium coelicolor attache une importance à Ja présence de corpuscules métachromatiques qu’il a pu mettre en évidence par la coloration de NEISSER et ce phénomène détermine l’auteur à classer sa bactérie dans le groupe du bacille de Ia diphtérie. Ni par la méthode de NEISSER, ni par la technique spéciale de REINER-MULLER (chauffage des frottis à —+ 1200 dans une solution de chlorure de calcium et coloration prolongée avec une solution diluée de fuchsine-phéniquée ou le colorant de Sienne) nous n’avons pu mettre en évidence l’existence de ces granulations où de chloroplastes dans notre bactérie.

La présence de formations cristallines telles que L'ASSEUR les a obtenues avec son Bacillus chlororaphis ou que Morascx

a décrites pour Îes bactéries pourprées, n’a pu être constaté dans les cultures au cours de nos travaux.

Nous avons, selon toutes ces indications, affaire à une substance chromogène qui est facilement soluble dans l’eau et dans les milieux de cultures aqueux.

La bactérie est de toute façon toujours incolore, tandis que Île milieu de culture prend souvent une teinte rouge ou violette très intense.

Par conséquent nous nous croyons en droit de conclure que la bacille ne produit pas lui-même le colorant, car si ceci était, le corps bactérien serait {ui-même Île plus coloré; nous sommes donc obligés d’admettre que l’organisme sécrète une substance incolore, chromogène qui par la suite forme avec des produits intégraux contenus dans Îes milieux, une combinaison colorée.

Afin de nous rendre compte de l’exactitude de notre manière de voir, nous avons fait l’expérience suivante :

Un milieu de culture coloré par l’ensemencement de notre bactérie en rouge très intense a été filtré à travers une bougie de Chamberland (I. 5). Le filtrat ainsi stérilisé, a été divisé en deux parties. En mélangeant dans des boîtes de PÊTRI chacune de ces portions avec une même quantité de gélatine stérilisée et encore semi-liquide, nous avons obtenu deux milieux vivement colorés en rouge. Une de ces boîtes de PÉTRI a été ensemencée à l’aide de notre bactérie par le procédé en stries, l’autre est restée stérile et servait de témoin. Le tout a été placé à la température de + 349, la température limite de coloration étant, comme nous allons le voir, de + 32°.

Nous avons remarqué que déjà, au bout de 24 à 48 heures, les zones du milieu entourant les stries de cultures, commençaient à se décolorer, tandis que sur le milieu stérile témoin, on ne pouvait constater aucune modification dans l’intensité de la coloration; de même les parties éloignées des colonies bactériennes étaient encore colorées à cette période, et la décoloration, commençant au niveau des colonies bactériennes s’effectuait dans ce milieu petit à petit et suivant un sens centrifuge.

Par conséquent à + 340 le Bacillus citrulli, détruit le colorant, et ne peut donc pas renfermer un pigment, ou être coloré lui-même.

Ce caractère à lui seul trace une ligne de démarcation très nette entre notre bactérie et celles du groupe du BACIL- LUS PRODIGIOSUS, desquelles elle semblait se rapprocher par le ton de la coloration.

D'autre part cette propriété permettrait de la classer aux abords du groupe du BACILLUS PYOCVANEUS, mais avec cette différence que lors de nos expériences nous n’avons jamais réussi, malgré nos efforts, à rendre apparente la propriété de produire la fluorescence dans les milieux.

Nous pouvons, d’après ce que nous venons de dire, ranger notre bactérie dans le groupe des Chromopares suivant la classification de BEIJERINCK (128), comprenant les bactéries qui excrètent la matière chromogène à l’état soluble, diffusible dans le milieu ambiant.

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