‹ Étude d'une épidemie de dysenterie bacillaireChapitre 5 sur 48 · MONS · texte numérisé non relu

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nation sur le sérum des lapins immunisés prouvent aussi que celte parenté n’est que très éloignée » (p. 227).

D'ailleurs, à mesure que les épidémies de dysenterie sont mieux étudiées, des agents pathogènes différant des types susindiqués sont découverts.

Bowmann, aux Philippines, isole un germe qu'il dénomme type S en 1908. Denier et Huet décrivent le type dit de Saïgon en 1912. Orr, Williams, Rundle et Williams avaient déjà décrit un type F deux ans auparavant.

On s'apercevait également que la dysenterie bacillaire n'était pas l'apanage exclusif des pays tempérés. Bourret, Denier et Huet, Gauducheau l'éludient en Indo-Chine, Kesava dans les asiles de Madras, Kuenen à Delhi, Cuningham et King au Bengale, Bahr aux îles Fidji, Harvey Pirie dans l'Est Africain, Thezé à la Guyane, elc.

La question des porteurs de germes était mise à la mode par les bactériologistes allemands en particulier (Kruse, Mayer, Simon, etc.); Sergent et Nègre en faisaient une étude soignée en 1913 chez les pèlerins revenant de [a Mecque.

L'étude de la thérapeutique spécifique était menée de pair avec les recherches bactériologiques. Shiga, Kruse faisaient les premières expériences de sérothérapie, mais c'est à Vaillard et Dopter que revient le mérite d'avoir préparé, en 1905, le premier sérum vraiment efficace. En 1906, Coyne et Auché, dans une nole à la Société de biologie, indiquatent les résultats remarquables obtenus avec un sérum polyvalent.

La vaccination préventive et curative était également examinée. Shiga fut le premier à l'essayer comme moyen préventif en 1898, il n'obtint pas de résultats très encourageants. La morbidité fut élevée chez les vaccinés, bien que la mortalité füt moindre que chez les individus non vaccinés. De plus, l'immunité durait fort peu de temps.

Dopter reprend la question au point de vue expérimental eu 1906-1908 {1). Il conclut à la supériorité de la vaccination par

mnt …

(1) Dopter, Société de biologie, 26 octobre 1907.

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bacilles sensibilisés, c'est-à-dire sur lesquels on à fait agir du sérum antidysentérique non chauffé. Il étudie également la vaccinalion par les voies digestives, toujours au point de vue expériment{al, el confère l'immunité à la souris (1). En 1918, Besredka confirmait ces {ravaux et obtenait des résultats analogues chez le lapin (2). La vaccinothérapie, par contre, n'avait pas été beaucoup étudiée.

La guerre, avec ses formidables agglomérations de troupes, ses faligues, ses mauvaises conditions d'hygiène, devait donner Jieu à des épidémies fréquentes, mais qui n’atteignirent jamais, même de loin, la violence et la gravité des dysenteries d'antan. Des travaux publiés, 1! semble se dégager la notion d’une morbidilé parfois assez grande, mais d’une mortalité faible. Une exceplion doit être faite pour l’Allemague : en 1917, en Prusse, il y aurait eu 58.196 cas dont 7.076 suivis de décès (3). Sur tous les fronts, de la mer du Nord à la Palestine, les troupes belligérantes furent alteintes de dysenterie dans une proportion plus ou moins grande. Aussi les publications sur ce sujet sont-elles extrêmement nombreuses. Armaud -Delille, Paisseau et Lemaire, à l'Armée d'Orient; Archibald, Hadfield, Logan et Campbell, Tribondeau et Fichet, aux Dardanelles; Boudet, au Maroc; Fiessinger et Leroy, Loygue et Haguenau, sur là Somme; Sacquepée, Burnet et Weissembach, en Champagne; Remlinger et Dumas, en Argonne; Seligmann, dans l'armée allemande, pour ne citer que quelques noms, apportent leur contribution à l'étude de notre sujet. Ravaut, dans le deuxième fascicule de la Revue générale de pathologie de querre publiée chez Vigot, présente une intéressante étude d'ensemble sur les états dysentériformes et les dysenteries au cours de la guerre.

À ces études, en quelque sorte analytiques, il faut ajouter les études d'ensemble de Nicolle, Debains et Loiseau sur le

(1) Dopter, Société-de biologie, 16 mai 1908, Annales de l’Inslitut Pasteur, 1909.

(2) Besredka, Académie des Sciences, 15 août 1918.

(3) Ascoli, Diagnostic bactériologique dans la dysenterie bacillaire, — Presse médicale, 11 juillet 1918. \

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bacille de Shiga (1) et de Debains sur les bacilles du groupe Flexner-Y (2).

Ce qui domine dans les diverses publications des auteurs, c'est l'étude des germes para ou pseudo-dysentériques. Remlinger (3) décrit le bacille Z très voisin du Shiga, mais en différant par une mobilité plus grande et par une inaptitude complète à être agglutiné par aucun sérum, pas même par celui du malade. Au cours d'une épidémie peu extensive mais parliculièrement sévère, qui frappa un escadron de dragons cantonné aux environs de Paris pendant l'été 1915, d'Herelle isola un germe ne produisant pas d'indol, faisant fermenter la mannite et le maltose, très virulent pour fe lapin, qu'aucun sérum expérimental n'agglutinait. L. Nègre étudie très soigneusement les bacilles pseudo -dysentériques en Algérie. Il les divise en deux groupes suivant qu'ils donnent où non un dégagement de gaz avec les sucres, un dégagement de gaz en milieu glucosé ou lactosé indiquant pour cet auteur un rapprochement du groupe Coli, quelle que soit la ressemblance morphologique ou pathogène du germe avec le bacille dysentérique {4).

De même, Loygue et Haguenau (5), dans une étude très fouillée d’une épidémie sur la Somme, isolent des germes identiques aux types classiques, mais aussi des bacilles faisant fermenter les milieux sucrés avec ou saus dégagement de gaz et qu'ils divisent en trois groupes.

Ces quelques exemples montrent à quel point est comp'exe la question de l'étiologte de la dysenterie bacillaire. Aussi Ascoli et Maymone ont-ils, tout récemment, lenté d'y mettre un peu plus de clarté en ramenant toutes les formes de bacilles dysentériques au seul bacille de Shiga (6). Nous avouons que leurs arguments nous ont paru quelque peu subtils. Mais nous ne faisons

(1) Annales de l’Institut Pasteur, août 1916.

(2) 1bid., février 1917.

(3) Comptes rendus de la Société de biologie, 17 juin 1916. (4) Annales de l’Institut Pasteur, avril 1917.

(5) Presse médicale, 23 juillet 1917.

(6) Presse médicale, 11 juillet 1918; Ann. d’igiene, 1916.

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