‹ Étude De Certains Métallo-Stérols Synioniques Et De Leur Valeur Dans Le Traitement Des Affections TuberculeusesChapitre 7 sur 27 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Dans ce chapitre, nous passerons en revue successivement et brièvement les différents éléments du complexe étudié, afin de fixer leurs positions respectives dans l’histoire de la thérapeutique antituberculeuse.

$ I. — LES STÉROLS

Les stérols sont, dans le complexe organo-métallique qui nous occupe, la molécule organique vectrice, c’est-à-dire la molécule assimilable qui sert de support aux agents métalliques destinés à être introduits dans l’organisme.

Mais le cholestérol est aussi, et cela, on le sait depuis plusieurs années, un élément important du sérum sanguin, et dont le rôle en matière de pronostic de tuberculose apparaît actuellement comme très important.

Nous nous permettons d'emprunter, pour la suite de ce paragraphe, à un récent article du Professeur E. Gaugoux (de Marseille) qui fixe la question dans son actualité

« Les variations passagères de la cholestérolémie observées au cours de l’évolution des maladies infectieuses comme celles, plus durables, qui accompagnent les états cachectiques et les anémies graves, les affections hépatiques et spléniques comme les auto et

hétéro-intoxications, ne présentent en fait qu’un intérêt clinique assez limité.

« Par contre, certains auteurs, ayant signalé la baisse constante du cholestérol sanguin chez les tuberculeux évolutifs, la portée pratique d’une telle affirmation ne pourrait être suréstimée, et c’est bien là, à n’en pas douter, le problème le plus intéressant qui ait été soulevé à l’occasion de l’étude systématique de la cholestérolémie pathologique.

« Le premier travail d'ensemble sur les rapports de la cholestérolémie avec la tuberculose fut exécuté dans le laboratoire du Professeur CHAUFFARD ; ces premières recherches ont paru établir que « chez le tuberculeux apyrétique, le taux du cholestérol reste « normal, tandis que chez le tuberculeux fébrile il est constam- « ment abaissé, et cela d’autant plus que l’état général est plus « mauvais et la température plus élevée ».

« Depuis 1911, de nombreux auteurs se sont attachés à vérifier, confirmer ou infirmer ces conclusions.

« Tandis qu’en Amérique, SIVEANY ‘et ses collaborateurs étudiaient le dosage comparatif du cholestérol total du plasma et des globules et surtout des éthers du cholestérol, en Italie SISTO (1921), PALACIO (1927), en France VALoISs (1913), JULLIEN et MARTIN-Rosser (1925), LEMOINE et GÉRARD (1926), SALOMON, DE POTTER et VALTIS (1925) persistent à ne doser que le cholestérol total du sérum.

« Utilisant des méthodes différentes, mais très superposables, le plus grand nombre de ces auteurs concluent à la certitude d’une relation entre la cholestérolémie et l’évolution bacillaire. Certains l’affirment en termes catégoriques : « Dans la tuber- « culose pulmonaire fibreuse et fibrocaséeuse à évolution discrète, « il existe une hypercholestérolémie qui est plus évidente et plus « accentuée quand les lésions sont inactives et non évolutives ». « Dans la tuberculose pulmonaire fibrocaséeuse extensive, il y a une hypocholestérolémie toutes les fois que les lésions sont évolutives.

« L’hypercholestérolémie indique un état de défense bien « développé, l’inactivité et la non-évolution des lésions pulmo- « naires; elle est donc d’un bon pronostic. L’hypocholestérolémie « prouve, au contraire, une résistance déficiente, l’activité et

« l’évolution des lésions; elle est donc d’un pronostic grave » (PALAGIO). Plus près de nous, J. CARLES et F. LEURET (1930) (1) affirment que « le pronostic de la tuberculose est fonction de la « cholestérolémie sanguine », et qu’à une hypercholestérolémie correspond une bonne résistance organique; tandis qu’à une hypocholestérolémie correspond un véritable état de déchéance organique.

« En opposition fondamentale avec des conclusions aussi catégoriques, d’autres expérimentateurs (SITO, JULLIEN et ROSSET, SALOMON) pensent devoir affirmer que « la cholestérolémie varie chez les tuberculeux dans les limites normales et que la cholestérolémie n’est fonction ni de la forme anatomo-pathologique, ni de l’évolution de la maladie.

« À la suite d'observations du même ordre, VITTE, LEINET et CAUSSIMON, après de minutieuses analyses, concluent : « On « ne peut tirer aucune indication pronostique, ni aucun rensei- « gnement sur l’activité des lésions, d’après le taux de la « cholestérolémie ».

« Dans une thèse consciencicuse et du plus réel intérêt, Pozu (Nancy, 1931) s’est attaché à montrer que le taux de la cholestérolémie chez les tuberculeux est « essentiellement instable » et qu'à cinq ou sept jours d'intervalle, on pourrait observer des variations importantes du taux du cholestérol sérique, même chez des sujets ne subissant aucur traitement et. sans qu'aucun incident clinique ou physiologique puisse les expliquer; il insiste sur l'intérêt d'établir des courbes du taux du cholestérol sérique « avant » de porter un jugement sur les variations de la cholestérolémie dans la tuberculose pulmonaire. Mais ces réserves formulées, PoLU retire de ses nombreuses observations les conclusions suivantes : « 1° Il y a lieu d'insister sur la fréquence de « l'hypocholestérolémie habituelle rencontrée chez presque tous « les tuberculeux; 2° il a été possible de relever une hypocholes-

« térolémie passagère, marquée, chez des sujets dont l'évolution « est restée favorable, »

(4) Paracio (* Congrès pan-américain de la Tuberculose, 1927); Vivre (thèse, Bordeaux, 1928); LEURET (VII: Congrès de la T ose) ; J. C et F. Leurer (CR. Acad. Méd., 1930), © * Re A |

«en HAS

Ainsi, sans s’exagérer l’importance de ce facteur sur l’évolution de la tuberculose, il est intéressant de remarquer que l’augmentation du taux du cholestérol dans l’organisme est généralement un élément de pronostic favorable.

Il semble donc que le « vecteur » des éléments métalliques

dans le complexe qui nous occupe soit particulièrement bien choisi

1° D’une part, parce qu’organique il est facilement assimilable;

2° D'autre part, parce que son introduction dans l’économie tendant à élever le taux du cholestérol sérique ne peut qu’avoir une influence favorable sur l’évolution de la maladie.

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