PAS RME
Il paraît donc logique d'admettre, au moins dans le domaine de la tuberculose expérimentale, l’action antituberculeuse du molybdène. On est en droit de penser que le mécanisme intime de cette action, assez semblable à celle de l'ion cérium, consiste en une dissociation des éléments cireux du bacille et une neutralisation des nucléo-toxines.
Les essais cliniques du molybdène, sous une forme injectable par voie intraveineuse, ont donné à FLANDIN des résultats assez brillants pour que l’auteur ait pu se demander s’il ne s’agissait pas là du spécifique de la tuberculose.
Employé dans les cas avancés de tuberculoses pulmonaires, avec grosses lésions, grosse expectoration richement bacillifère et état général sévère, il a pu enrayer des poussées évolutives : la température baisse rapidement (et ceci est un des résultats les plus constants), le poids remonte. Les tests de bacilloscopie n’ont pas été moins probants : arrêt de l’expectoration, ou à un moindre degré, disparition progressive des. bacilles de Koch dans une expectoration raréfiée.
AMAT (de Saint-Godard) a communiqué, en avril 1932, à la Société de Médecine de Montpellier ses résultats personnels ; il a fourni huit observations concernant toutes des cas très graves: tuberculoses fibro-caséeuses, cavitaires, avec grosse expectoration et mauvais état général; ce qu’il a obtenu confirme les résultats de FLANDIN; en particulier, l’action a toujours été nette sur la température et surtout le poids qui remonte rapidement et largement. AMAT signale des augmentations de 6 et 8 kilos à la suite d’une seule série d’injections représentant environ 1 à 2 grammes de molybdène-métal. Quelques-uns de ces malades avaient été traités antérieurement par l’or, sans aucun succès.
Toutefois, cet auteur signale n’avoir obtenu que la diminution du nombre des bacilles de Koch dans l’expectoration et non leur disparition complète (sauf en un seul cas) : il n’a pu noter de modification des images radiologiques.
Interprétant les quelques échecs qu’il a dû enregistrer, il conclut ainsi
« Dans Ia pathogénie de ces métallo-résistances interviennent des facteurs multiples tenant probablement aux réactions du tissu pulmonaire, du tissu lymphoïde et du système réticuloendothélial.
« Nous ne pensons pas que les sels de molybdèné constituent une médication spécifique antibacillaire, mais une médication modificatrice des lésions, surtout récentes. »
Ii nous paraît prématuré, dans l’état actuel de l’expérimentation des sels de molybdène en clinique, de donner à leur indéniable action une signification pathogénique définitive; d’autres travaux seront nécessaires, mais d’ores et déjà, on est en droit de reconnaître au molybdène une place intéressante parmi les métaux prétendant avoir quelque action en phtisiothérapie.