CHAPITRE LI
Hydrogénation en présence de mousse de palladium.
Dans un tube de verre mince de 9" de diamètre, on introduit 158 de mousse de palladium pur; légèrement tassée entre deux tampons d'amiante, cette mousse occupe une longueur d'environ 15°".
Le tube qui contient la mousse est entouré d’un tube plus large dans lequel peut circuler de la vapeur d’essence de térébenthine. Le dispositif est, en résumé, celui d’un petit réfrigérant en verre dont le tube intérieur contiendrait la mousse de palladium et dont le manchon réfrigérant serait transformé en manchon chauffant par les vapeurs d’essence de térébenthine. A l’essence de térébenthine, on peut substituer le liquide ou le mélange de hquides convenables pour : atteindre,au moyen des vapeurs, la température requise. Les vapeurs sont condensées par un moyen. approprié.
D'autre part, on remplit une petite nacelle de platine ou de porcelaine avec du phénanthrène fondu. Après solhidification du carbure, la nacelle est introduite dans le tube à palladium, en avant de la mousse et en dehors du manchon chauffant. On la pousse, peu à peu, dans la zone d’action de celui-ci au moyen du tube de verre creux amenant le courant d'hydrogène.
Tout d’abord, on élimine tout l’oxygène condensé dans la mousse par un courant d'hydrogène, en opérant à froid; on chauffe ensuite la mousse à 1502-1600 par la vapeur d’essence de térébenthine, puis on détermine la fusion lente et progressive du phénanthrène. On s’arrange pour que le courant gazeux n’entraîne que peu à peu et en petite quantité les vapeurs du carbure à hydrogéner. Étant donnée la faible longueur de substance active, il est absolument nécessaire d'éviter un afflux immodéré de vapeurs de phénanthrène, ce qui aurait pour conséquence de suspendre momentanément l’activité du palladium.
J'ai, comme produit d’hydrogénation, obtenu un liquide constitué par un mélange de tétrahydrure et d’octohydrure de phénanthrène, qui ont été caractérisés comme dans le cas du nickel. Il serait superflu de le répéter.
Si, par inadvertance, trop de vapeurs de phénanthrène affluent sur le palladium, on ne recueille que du phénanthrène plus ou moins souillé d’hydrures liquides. Je n’ai jamais trouvé trace de dihydrure de phénanthrène. L’excès de phénanthrène étant éliminé, on peut continuer l’hydrogénation en réglant mieux l’arrivée des vapeurs de carbure, ce qui n’a pas lieu avec le nickel dont l’activité est, dans un tel cas, abolie définitivement.
L’action hydrogénante observée avec la mousse de palladium ne saurait être rapportée à un hydrure de palladium. MM. Troost et Hautefeuille (1) ont montré qu’au-dessus de 1300, il ne pouvait se faire aucune combinaison entre le palladium et l'hydrogène, à plus forte raison à 1500-1600,
Mais, comme à cette température, le palladium peut encore retenir 589'°! d'hydrogène, il est permis de comparer cet hydrogène, ainsi retenu dans la mousse de palladium, à de l'hydrogène comprimé, en ce qui concerne son aptitude réactionnelle.
Cette opinion, qui est également celle de M. S. Fokin (?), se retrouve dans presque tous les écrits des chimistes (*) qui se sont occupés des aptitudes réactionnelles tout à fait particulières aux gaz condensés dans les corps poreux.