CHAPITRE V
Hydrogénation en présence du nickel divisé.
Dès 1905, j'ai hydrogéné le phénanthrène par la méthode de MM. Sabatier et Senderens, méthode universellement connue, qui est basée sur l'emploi du nickel divisé comme agent auxiliaire d’hydrogénation. Si je cite une date, c’est que MM. Schmidt et Mezger, et, à leur suite, MM. Ipatiew et Rakitin, puis MM. Padoa et Fabris ne mentionnent pas mon travail qui a précédé les leurs. Il est vrai que nos résultats diffèrent, je m’en expliquerai plus loin.
La technique de la méthode de MM. Sabatier et Senderens est aujourd’hui classique; il serait superflu de l’exposer de nouveau.
Mais j'estime que, outre le Mémoire de MM. Sabatier et Senderens (1), on consultera avec profit ceux de MM. L. Brunel (?), M. Godchot (*) et H, Leroux (‘) qui, dans le laboratoire de M. le professeur Jungfleisch, ont adapté cette méthode à l’hydrogénation du phénol, de l’anthracène, de la naphtaline, tandis que je l’appliquais au phénanthrène,
(4) SaBarrer et SENDERENS, Ann. de Chim. et de de 8€ série, t. IV, 1905, p. 433. Se 2
(?) L. Bruner, Ann. de Chim. et de CRUE 8e série, t. VI, és. P: 200.
(*) M. Goncuor, Ann. de Chim: et-de Phys., 8° série, t. XII, 1907, p. 468.
(*) H. Leroux, Ann. de Chim. et de Phys, 8e série, t. XXI, 1910, p. 458.
AT
Je prie M. le professeur Jungfleisch d’agréer mes remerciments pour l'hospitalité bienveillante qu’il m'a donnée dans son laboratoire afin d'effectuer cette hydrogénation.
Le nickel divisé que j’ai employé provenait de la réduction, à 2320-2400, de l’oxyde vert hydraté. À cette température, la réduction est extrêmement lente et demande plusieurs jours pour être complète. Mais, dans ces conditions, on obtient un nickel très pyrophorique et très actif.
L’hydrogène employé était purifié par passage sur un rouleau de toile de cuivre porté au rouge sombre, Il était séché sur de la potasse caustique. Car la purification de l'hydrogène par lavage dans des solutions de permanganate et de bichromate de potassium m'a paru insuffisante et la dessiccation par l'acide sulfurique ne m'a pas semblé sans inconvénients, des traces d’anhydride sulfureux (1) se produisant et rendant rapidement le miekel inactif.
J’ai effectué l’hydrogénation du phénanthrène à la température de 1600, Il faut absolument éviter d’entraîner brusquement ur excès de vapeurs de phénanthrène sur le métal actif, ce qui aurait pour conséquence de l’imprégner de liquide, Dans ce cas, son activité serait tout à fait compromise, sinon abolie.
Pour que le métal conserve longtemps son activité maxima, il faut toujours qu’il n’y ait que peu de vapeurs du corps à hydrogéner par rapport à la masse du corps actif, ce qui est l'inverse d’une catalyse où, par définition, la masse du catalyseur doit être très petite par rapport à la masse des produits catalysés. Aussi le terme de catalyse me semblant impropre dans le cas actuel, Je préfère dire : hydrogénation au moyen de nickel divisé, le nickel étant l’agent auxiliaire d’hydrogénation.
Dans le cas du phénanthrène, j'ai obtenu un liquide plus ou moins jaunâtre, parfois très fluorescent, constitué par un mélange de divers hydrures dont j'ai retiré un tétra- et un octohydrure.
(2) Jaroslav Mizsauer (Zeit. phys. Chem., t. LVII, 1907, p. 649) a montré qu’à 170-250 l'hydrogène, insuffisamment purifié, donne lieu à un dégagement sensible d'anhydride sulfureux dans son action sur l’acide sulfurique ; il ajoute que l’hydrogène électrolytique ou l’hydrogène lavé dans de la liqueur cuproalcaline ou dans une solution de plombate alcalin, puis dans une solution chromosulfurique, n’a pas d’action sensible sur l’acide sulfurique.
Je rectifie, sur ce point, ma Note de 1905 (1), l’hexahydrure décrit
à cette époque, régénéré de son picrate et distillé sur sodium, a
donné, à l’analyse par combustion électrothermique (2), des chiffres conformes à la composition C!'* H'* (*).
Le produit brut (425*) d’hydrogénation, séché, a été fractionné;,
dans le vide, en 4 parties :
A RER ET 197 passant à 158 SOUSUTS EE D ue te does 43 » 158-163° »
CAT te st TE 67 » 163-172° »