‹ Étude de l'Épithélioma Branchial du CouChapitre 10 sur 34 · ÉVOLUTION. COMPLICATION. PRONOSTIC · texte numérisé non relu

ÉVOLUTION. COMPLICATION. PRONOSTIC

L'épithélioma branchial du cou a une évolution relativement rapide.

La tumeur, qui avait au début le volume d’une bille, d’une noix, s’accroit d’abord lentement; bientôt elle évolue avec plus de rapidité. Souvent sa marche est comme intermittente sans qu’on puisse attribuer une cause à ces poussées successives. Dans quelques cas rares, l’évolution est si rapide que le malade « voit augmenter sa tumeur » (Gussenbauer).

En général le malade vient consulter le chirurgien de deux à six mois après avoir reconnu l'existence d’une tumeur |.

Souvent il est déjà trop tard pour intervenir, et le malade succombe en quelques semaines.

Quand l'intervention a été tentée, les chirurgiens n’ont souvent pratiqué qu'une extirpation sciemment incomplète et, dans ces cas, la progression de la tumeur a été souvent si rapide que les malades n’ont même pas eu la satisfaction morale de quitter l'hôpital.

D'autres fois le chirurgien a cru pratiquer une ablation tolale. I]

1 Naturellement je n'ai en vue ici que les cancers d’emblée (voir Étiologie, p. 12) et non ceux qui se développent sur une tumeur préexistante (kystes, tumeurs

mixtes).

op

était intéressant de se demander ce qu'étaient devenus ces malades. Malheureusement, la plupart des observations ici, comme pour les autres cancers, sont muettes sur les résultats ultérieurs. Voici les seuls renseignements que j’ai pu recueillir : Sur 32 extirpations totales :

5 morts presque immédiates ; 15 sans renseignements; 10 récidives et morts dans la 1° année ; 2 guérisons après un an (Eigenbrodt, obs. III : opéré de J.-L. Faure).

La récidive s'est produite presque toujours de un à deux mois après l’ablation, et la mort n’a tardé que de quelques mois.

Causes de mort. — L'intervention seule peut être meurtrière. Langenbeck a perdu un de ses malades vingt-huit heures après l'opération.

Un des malades de Gussenbauer mourut trois jours après l’intervention de thrombose de la carotide interne. Un de mes malades, opéré par M. Rieffel, est mort huit jours après l’opération, probablement pour la même cause.

La mort est presque toujours l'effet de la cachexie cancéreuse.

Les malades peuvent aussi être entraînés plus rapidement par une complication. La plus fréquente est l’ulcération des vaisseaux, la mort est instantanée. Elle a été observée par Kalindero, Volkmann, Bourdon.

Un malade de M. Renduest mort subitement. M. Laborde, dans ces cas, invoqua l'excitation du vague.

L’asphyxie par œdème de la glotte n'est pas exceptionnelle (Haye m, Perez).

Les malades de Verneuil, Stoicesco (1873), de Nicaise (1876) sont morts d'infection purulente.

Dans aucun cas la mort n’a été causée par la généralisation.

La durée totale de l'affection, dans les cas qui nous sont connus, est en général de six mois à deux ans (1).

(1) Je dois mentionner à part l'observation de Bourdon : la tumeur, qui existait depuis six ans, a été opérée une première fois ; la récidive se produisit un an après. Je n'ai pas la date de la mort. On peut dire que cette tumeur est comme un intermédiaire entre les tumeurs mixtes et le cancer.

PCT ER

On voit donc que le pronostic de l’épithélioma branchial du cou est des plus graves, et il semble que cette malignité tienne non seulement à la nature de la tumeur, mais à son siège dans le voisinage des vaisseaux et du nerf vague.

Page 1