DIAGNOSTIC
Le diagnostic de l’épithélioma branchial du cou est probable, quand on est en présence d'une tumeur maligne de la région carotidienne ayant tous les caractères d’un cancer secondaire des ganglions et qu'on ne peut trouver le néoplasme primitif.
Aussi, en face d’une affection de cette nature, le premier devoir du chinicien est d'examiner avec un soin scrupuleux les organes dont les cancers peuvent réagir sur les ganglions cervicaux : la langue, les lèvres, le pharynx, le larynx, l'oreille, le corps thyroïde. Les cancers de ces organes déterminent des adénites cervicales qui siègent d’abord dans la région hyoïdienne. Les adénites du cancer de l’œsophage sont plutôt sus-claviculaires. Enfin le cancer de l’estomac, de l’intestin et même du testicule peuvent retentir sur les ganglions du cou.
11 faut savoir examiner le malade avec attention, l’interroger avec beaucoup de soin afin de dépister les formes frustes de ce cancer. Le diagnostic d’épithélioma branchial est d'autant plus ferme que l’on est plus assuré qu’il n’y a pas de cancer primitif. Poncet et Bérard ont insisté récemment sur la forme dite ganglionnaire du cancer du pharynx. Ils ont rapporté deux cas où j’ulcération primitive ne fut découverte qu'à l’autopsie dans la loge amygdalienne.
Je rappelle que le travail d'Ammon eut pour point de départ une observation d'épithélioma branchial qui était un cancer ganglionnaire secondaire à un néoplasme de l'estomac.
Mais il est des cas d’une difficulté extrême ; ce sont ceux dans lesquels le cancer branchial a ulcéré le pharynx ou l'œsophage. On ne pourra faire qu'un diagnostic de probabilité quand la tumeur aura précédé de plusieurs mois l'apparition des symptômes fonctionnels.
On a bien dit que l'adénite cancéreuse différait de l’épithélioma branchial ; elle serait plus indolente, adhérerait moins rapidement