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aux organes avoisinants (les observations de Gussenbauer, de Perez sont particulièrement intéressantes à ce point de vue). Mais ce ne sont là que des détails de peu de valeur. Le grand critérium clinique est l'absence dûment reconnue de cancer primitif.
Le cancer de la peau peut simuler un épithélioma branchial ulcéré. Mais, en interrogeant le malade, on apprend que la tumeur dès le début appartenait aux téguments. Du reste l’ulcération du cancer de la peau est beaucoup plus précoce que l'ulcération du cancer brachial (1).
Les épithéliomas branchiaux ont été souvent pris pour des abcès en raison de leur fluctuation. Cependant, chez ces derniers, l’évolution est en général plus rapide. Ordinairement on peut déterminer la cause de ces abcès. La fluctuation est en général plus manifeste; et quand on incise une tumeur branchiale ce n’est pas du pus franc qui s'écoule, mais une sérosité chargée de grumeaux où l'examen histologique montre souvent des globes épidermiques (Reverdin et May or, Gussenbauer).
Le sarcome des ganglions lymphatiques du cou est, lui aussi, une tumeur maligne. Mais ils’observe chez des sujets en général plus jeunes ; il est fréquemment bilatéral. La tumeur est formée par l’agglomération de ganglions longtemps indépendants les uns des autres. L'examen du sang devra être fait avec, beaucoup de soin.
Mais il est des cas où le cancer branchial a déterminé une adénite du côté opposé (Perez, Gussenbauer); dans les tumeurs déjà anciennes tout ést envahi. Souvent alors les caractères des deux affections se rapprochent tellement que c’est le microscope seul qui peut fixer le diagnostic.
La tuberculose des ganglions est une affection du jeune âge. Mais elle peut s’observer chez le vieillard; on l’invoque souvent dans les cas de tumeurs mixtes dégénérées. Cependant en général elle est bilatérale; la tumeur irrégulière est formée de plusieurs ganglions mobiles ; la marche est plus lente; enfin elle s’observe chez la femme aussi bien que chez l’homme,
(1) On conçoit cependant, d’une façon tout à fait théorique, qu’il puisee exister des débris embryonnaires superficiels sous-cutanés. Les néoplasmes de ces débris
vont créer des cancers dont le diagnostic avec le cancer de la peau sera absolument impossible.
EPL AN
On pourrait penser à la syphilis dans les cas où le malade en serait atteint. [1 suffira alors de faire l'épreuve du traitement.
Les tumeurs du sterno-cléido-mastoïdien peuvent être prises pour un épithélioma branchial par un chirurgien non prévenu, et le diagnostic doit être très difficile quand la tumeur adhère au muscle. Mais ces tumeurs sont tellement rares ! En faisant préciser le mode de début, on arrivera en général à reconnaître l'indépendance du muscle.
Au début du cancer branchial on pourrait croire à un fibrome du cou. De Quervain (1899) leur a consacré un important mémoire. Ritter (1899) les a distingués des goitres aberrants. Lœvy et Lœper ont montré que ces tumeurs pouvaient se transformer en tumeurs malignes.
Le fibrome du cou est une tumeur mobile, régulière et théoriquement bénigne. Son point de départ est des plus variables et souvent il a été impossible de le préciser.
Je crois qu'il serait bon de reviser cette question. On a appelé fibrome du cou des tumeurs qui sont probablement des tumeurs mixtes primitives de la région cervicale, de même qu'on a souvent appelé fibrome de la parotide (Rodriguez), dela sous-maxillaire (T alasac) les tumeurs mixtes de ces glandes. L’avenir nous montrera quelle est la part des débris embryonnaires dans la production de ces tumeurs mal définies.
Le lipome du cou (Phocas, Vôülckers) est en général facile à reconnaître. Dans des cas exceptionnels il est assez dur pour entraîner des phénomènes de compression.
Paltauf a décrit des tumeurs de la glande carotidienne. Ce sont des néoplasmes très rares (5 obs.). Ils sont moins malins que le cancer branchial et siègent toujours exactement dans la bifurcation de la carotide primitive. Le diagnostic de cette affection doit être des plus délicats.
Il existe au niveau du cou un groupe de tumeurs très hétérogènes qu'on désigne sous le nom de kystes sanguins du cou. Ce sont, en général, des tumeurs bénignes. Leur nature est variable. Ce sont : soit des angiomes (Farabeuf, Reclus), soit des anévrysmes, soit des dilatations veineuses simples, soit des ganglions ramollis devenus le siège d'une hémorrhagie, soit enfin de véritables épithéliomas
LC Re
branchiaux comme j'en ai observé deux exemples. C’est dire que les caractères de ces tumeurs sont essentiellement variables.
Très délicate est la distinction du cancer branchial avec les cancers de la glande sous-maxillaire et de la parotide. Ils ont tous la même évolution, les mêmes symptômes. C’est par le siège seul que l’on peut faire le diagnostic. Si on examine le malade tout au début de l'affection, il est déjà souvent difficile de préciser la situatior de la tumeur et d'affirmer son indépendance de la sous-maxillaire et de la parotide. A plus forte raison le diagnostic devient absolument impossible à une époque tardive.
Quand le cancer branchial a envahi une de ces glandes, on croirait peut-être que l’on peut, à l'aide du microscope, poser un diagnostic. 11 n’en est rien. Il existe dans ces glandes deux sortes de cäncers : un cancer glandulaire, qui est un épithélioma alvéolaire, et un cancer spécial, véritable tumeur mixte dégénérée. La première variété est facile à distinguer, mais la seconde est absolument identique au cancer branchial. En résumé, quand la tumeur a envahi une glande, rien ne permet de faire le diagnostic d'épithélioma branchial.
L'inflammation chronique de la glande sous-maxillaire peut simuler absolument le cancer branchial. Dirani a insisté récemment sur la fréquence de ces tumeurs inflammatoires et sur les difficultés du diagnostic. Kuttner, Barling en ont rapporté plusieurs cas. J'en ai observé un bel exemple dans le service de M. Terrier. L'opération fut faite par mon ami Cunéo (1898).
Homme, 51 ans. La tumeur a débuté il y a quatre ans, sous l’angle de la mâchoire. Actuellement la tuméfaction descend jusqu’à l'os hyoïde et s'étend depuis le bord antérieur du sterno-cléido-mastoïdien jusqu’au creux sous-maxillaire. En haut, elle soulève le plancher buccal. L’état général est bon. L’extirpalion a été des plus pénibles. La tumeur adhérait de toutes parts ; la veine jugulaire fut disséquée. On ne vit pas l'artère. Le malade guérit. L'examen histologique montra une abondante infiltration de cellules autour des acini à peine modifiés. Je crois être en présence d’une inflammation
chronique. Je ne pense pas à la syphilis en raison de l'intégrité des vaisseaux. En l'absence de toute cause, je pencherais vers la lithiase.
Il est impossible de distinguer l'épithélioma branchial du cancer aberrant de la thyroïde : « Les symptômes sont ceux d'une tumeur kystique maligne à marche rapide qui envahit la peau, s'infiltre dans les plans profonds et s'ouvre rapidement à l'extérieur, »
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(Berger.) On verra plus loin (chap. Pathogénie) ce qu'il faut penser de ces diagnostics. à
J'arrive maintenant à une série de tumeurs qui peuvent se transformer en épithéliomas branchiaux. Le diagnostic en est des plus délicats.
Les iératomes du cou sont des raretés cliniques. Ils s’observent le plus souvent dès la naissance, En général ils sont durs et restent stationnaires. Mais ils peuvent subir des transformations malignes et évoluer dès lors comme un épithélioma branchial (Pupovae, Walravens, Hagenbach, Burckhardt, Munker).
Les fistules congénitales, les kystes dermoïides ou mucoides ne ressemblent en rien à l'épithélioma branchial ; mais ils peuvent s'enflammer, formant des abcès qui sont quelquefois difficiles à distinguer de l’épithélioma branchial. Enfin ces fistules, ces kystes, peuvent subir une transformation maligne et devenir de vrais épithéliomas.
Il en est de même des {fumeurs mixtes primitives du cou (P ozzi). L'âge de leur apparition, la lenteur de leur évolution permettent avec la plus grande facilité de les distinguer du cancer branchial. Mais ces tumeurs peuvent, elles aussi, devenir malignes.
A quel signe pourra-t-on reconnaître la transformation ? C’est là un point très délicat et qu'il serait très important de pouvoir préciser. Quand la tumeur devient douloureuse et s'accroît rapidement, on est en droit de redouter une transformation. fl faut immédiatement intervenir et ne pas attendre que la marche de l'affection vienne justifier des craintes trop légitimes.