TRAITEMENT
La gravité du cancer branchial du cou montre assez que l’intervention doit être pratiquée aussitôt que le diagnostic est posé et que l'ablation doit être aussi large que possible.
Le traitement pourra être préventif dans les cas de fistules, de kystes, de tumeurs mixtes. La possibilité d'une transformation maligne est un argument de plus en faveur de l'ablation de ces tumeurs.
Coq
L'extirpation sera tentée toutes les fois qu’on la croira possible. Alors il faudra faire une extirpation large. On sera presque toujours obligé de réséquer la veine; cette pratique est sans danger. L'artère sera respectée quand on le pourra. Son ablation peut entraîner des accidents cérébraux (Gussenbauer). Il ne faudra pas en faire la ligature pour prévenir ou arrêter l'hémorrhagie ; cette pratique a causé la mort d’un de mes malades. On sera quelquefois obligé de réséquer le vague. I1 semble que ce soit là un acte moins dangereux que la ligature de la carotide primitive. Eigendrodt, Gussenbauer l'ont exécuté sans accidents. J'ai vu une femme à qui M. Morestin a extirpé ce nerf sans inconvénient. Presque toujours on devra enlever une partie des muscles avoisinants. Dans quelques cas la peau adhérente dut être réséquée sur une telle étendue qu’on ne put fermer la plaie. Jordan (obs. de Perez) tenta une autoplastie qui échoua. Il vaudrait mieux, dans ces cas, ne rien tenter.
En effet, il est des cas où toute intervention est contre-indiquée. La tumeur trop volumineuse adhère de toutes parts. L'état général e$t trop mauvais. Il faut alors savoir s'abstenir. « Il est une chose encore plus mauvaise que de laisser mourir son malade, c’est de le tuer. » (Prof. Tillaux.)
Dans ces cas on sera quelquefois appelé à faire une trachéotomie pour éviter l’asphyxie. Mais toujours on devra calmer les douleurs de ces malheureux à l’aide de toutes les ressources de la thérapeutique. À ces infortunés qui doivent bientôt mourir on ne refusera jamais la morphine, qui soulage, même aux dépens de l'existence.