‹ Étude de l'Épithélioma Branchial du CouChapitre 22 sur 34 · DER · texte numérisé non relu

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quée. Cependant la proximité anatomique de la sous-maxillaire et de la parotide justifierait cette théorie. Bien plus, il y a, comme nous l'avons vu, une identité presque absolue entre l’épithélioma branchial et les tumeurs de ces glandes.

Mais on n’a jamais décrit de glandes salivaires aberrantes dans la région hyoïdienne et surtout dans la gaine des vaisseaux.

Cependant, à un point de vue tout général, nous croyons devoir insister sur les ressemblances histologiques que présentent nos tumeurs avec les tumeurs mixtes des glandes salivaires. L’épithélioma branchial ne saurait avoir une origine glandulaire et cependant il ressemble aux tumeurs mixtes des glandes salivaires. N'est-ce pas là un fait qui doit rendre douteuse la nature glandulaire de ces mêmes tumeurs. Je n’ai pas ici à développer les arguments des auteurs français qui tiennent pour la théorie glandulaire. M. le professeur Berger les a magistralement exposés. Maïs ne semble-t-il pas que l'étude de l’épithélioma branchial doit montrer que les tumeurs mixtes parabuccales se développent vraisemblablement aux dépens des restes embryonnaires ? Pitance l’a déjà dit. — Heinsberg (1898) a soutenu que ces tumeurs se développaient dans des acini embryonnaires inclus dans le parenchyme de la glande (comme Wolfler l'avait supposé pour le corps thyroïde). — Mon ami Cunéo et moi avons cherché à montrer que ces tumeurs étaient formées par les germes tégumentaires inclus lors de l’évolution des arcs branchiaux (Congr. intern., août 1900). L'étude du cancer branchial ne peut que confirmer notre théorie.

D. Glandule carotidienne. — Les tumeurs de la glande carotidienne présentent des caractères tout à fait différents de ceux que nous avons donnés à nos tumeurs. Paltauf les a décrits minutieusement. Au point de vue macroscopique ce sont des tumeurs en général petites qui siègent exactement dans l'angle de bifurcation de la carotide primitive. Au point de vue histologique ce sont des endothéliomes. Ceci n’a rien qui puisse nous étonner d’après la structure et l'origine embryologique de la glande carotidienne (1).

(1) J'ai coupé quelques-unes de ces glandes et j'ai pu constater (comme Scheffer) qu’elles se composent de cellules baignant dans un lacis vasculaire. Cette structure

ART y EDS

E. Restes embryonnaires des arcs branchiaux. — Ainsi l'origine branchiale se trouve démontrée par exclusion. Les épithéliomas que nous avons étudiés se développent aux dépens des restes embryonnaires inclus lors de la régression des arcs branchiàux.

Comme toutes les démonstrations par exclusion, celle-ci n’a pas de valeur absolue et nous manquons de preuvres directes qui ne pourraient être fournies que par la constatation de l’évolution. Or on na jamais pu assister à la transformation de ces restes embryonnaires en tumeurs malignes, tandis qu'on voit nettement la peau ou une glande donner naissance à un épithélioma. À cette théorie on pourra toujours objecter « l’avez-vous vu ? »

La théorie de l’origine branchiale a le triple avantage : — 1° de concorder avec des faits déjà connus et démontrés ; — 2° d’expliquer parfaitement les particularités anatomiques des tumeurs qui nous occupent ; — 3° de s'appuyer sur des faits d'observation.

4° Tout le monde accepte que les kystes dermoïdes sont dus

à l’évolution des téguments externes inclus dans l'épaisseur des tissus. Il existe déjà au cou des kystes dermoïdes latéraux, des kystes mucoides; et tous les auteurs sont unanimes à admettre que ces kystes se développent aux dépens des téguments (externes ou internes) inclus dans l'épaisseur du cou. On est donc autorisé à admettre comme très vraisemblable que ces mêmes débris embryonnaires peuvent produire des tumeurs malignes.

Dans une région voisine, tout le monde reconnaît après les tra vaux de Malassez (1), Albarran (2), que les kystes des mâchoires se développent aux dépens des germes inclus lors de l’évolution des dents. Ce n’est là aussi qu'une théorie qui se base sur la même hypothèse. Elle est absolument semblable à celle que j'invoque, elle est donc passible des mêmes objections.

2° Cette théorie donne l'explication de tous les-détails anatomiques des épithéliomas branchiaux.

a) Ces tumeurs sont épithéliales puisque les restes embryonnaires proviennent des téguments muqueux ou cutanés.

b) Cette origine spéciale explique comment ces tumeurs ont une

est absolument semblable à celle que nous avons décrite, mon ami Cunéo et moi, pour la glande sacro-coccygienne. (Note demandée par M. Rieffel pour son article des tumeurs sacro-coccygiennes du Zraité de chirurgie DUPLAY-RECLUS, 2° édition.)

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