‹ Étude de l'Épithélioma Branchial du CouChapitre 25 sur 34 · EMBRYOLOGIE · texte numérisé non relu

EMBRYOLOGIE

On sait commentse forment les arcs branchiaux. Les travaux de His, Born, Külliker, Piersol, etc., ont précisé ce chapitre d’embryologie. Mais il semble que les auteurs se sont surtout occupés de la formation des arcs, de leur état rudimentaire. Ils s'étendent longuement sur des détails très curieux, peut-être en anatomie comparée, mais qui, pour nous, n’ont jusqu'à présent aucun intérêt. Par contre, ils laissent de côté l’évolution de ces arcs; ils sont à peu près muets sur leur transformation définitive. Cela fait que leur description est loin d’être classique; souvent même elle semble ignorée par les auteur qui ont écrit sur la pathologie de ces arcs. |

J’ai eu la bonne fortune de recueillir un embryon de 9 millim. au cours d’une hystérectomie abdominale faite pour cancer. J'ai pu le fixer vivant dans le sublimé acétique ; son cœur battait encore dans le liquide. C’est dire que les détails ont toute leur netteté, ce qui est excessivementrare pour les embryons de cet âge. Avec mon ami Cunéo j'ai fait des coupes de cous d’embryons humains plus âgés (90 millim., 45 millim., 50 millim., 80 millim., 12 centim., 18 centim.) ; j'ai pu assister à la transformation des arcs branchiaux et comprendre leur disposition définitive.

Je n'ai rien vu qui n'ait été déjà observé par mes devanciers. Je voudrais ici, en m'adressant à des cliniciens, bâtir un schéma simple et exact qui permette de comprendre l'importance des arcs dans la constitution définitive du cou. De la sorte bien des particularités des

tumeurs de la région trouveraient une explication rationnelle, les épithéliomas branchiaux du cou en première ligne.

Les arcs branchiaux sont le plus nets quand l’embryon humain a une longueur de 3 à 4 millim. (2° semaine). Disposés théoriquement sous forme de bourrelets parallèles, ils s’échelonnent de haut en bas au nombre de 4 : 1% arc (maxillaire), 2° arc (hyoïdien), 3° arc, 4° arc.

À peine ébauchés, ces arcs vont se modifier : ils se disposent en éventail, leurs extrémités postérieures restent rapprochées, leur extrémité antérieure prend un développement prépondérant (1).

Ces arcs se forment au fond d'un sinus limité en haut par la saillie

FIG. 8. — Embryon de 9 millim. Formes extérieures. Le trait indique la direction des coupes des figures 13 et 14.

céphalique (futur crâne), en bas par la masse cardiaque (futur thorax). C'est le sinus précervical de His. Le cou n'existe pas, la tête de l'embryon est collée à son thorax. Le cou va prendre naissance par le développement des ares branchiaux qui vont s’arc-bouter entre les saillies, les écarter et créer le rétrécissement cervical.

Dans cette évolution, l'importance des arcs branchiaux est bien inégale. Le 1* arc (maxillaire) se développe beaucoup, il formera la face. Le 2° arc (hyoïdien) se développe encore plus, il formera tout

(1) Chez l’homme, la disposition des arcs branchiaux en métamères parallèles n’est décrite que par analogie avec ce qu’on observe chez l’axolotl ; elle est essentiellement transitoire et n’a qu’un intérêt théorique.

le cou. Les 3 et 4° arcs sont annihilés. Ils sont englobés sous l'arc hyoïdien, leur tégument primitif n'entre pas dans la constitution des téguments définitifs du cou. On suit cette évolution sur la figure 9, empruntée à His. On voit que les arcs maxillaires et hyoïdiens s’accroissent. Par contre, les arcs 3 et 4 sont de plus en plus réduits

F1G. 9. — Reconstitutions de la paroi bucco-pharyngienne antérieure d’embryons

humains (d'après W., HIS).

A. Embryon BB de His (3,2 mm.). — B. Embryon B? (4,25 mm.). — C. Embryon B (7 mm.) — D. Embryon pr (10 mm.). — E. Embryon S1 (12,5 mm.). — Bmx, 1 arc branchial ou arc maxillaire. — By, 2° arc branchial ou arc hyoïdien. — B°, Bi, B°, 3°, 40, 5e arcs branchiaux, — t, éuberculum impar. — ÿ, fureula ; — fb, fundis branchialis. — 1, orifice laryngien. — mb, champ mésobranchial, — to, invagination de la thyroïde médiane, — e,épiglotte, — b/, base ou racine de la langue, — pl, pointe ou corps de la langue, — sp, sinus præcervicalis.

de volume, ils sont bientôt enfouis sous l'arc hyoïdien qui se soude à la saillie cardiaque. Pour que ces schémas soient plus réels, il eût fallu que la dimension des figures fût accrue en proportion de l’âge de l'embryon. On comprendrait mieux comment les arcs 3 et 4, tout

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en conservant leur volume rudimentaire, sont enfouis sous l'arc hyoïdien qui aurait des proportions considérables. Les arcs s’em-

“boîtent comme un tube de lorgnette, suivant l'expression de His

(fig. 10).

Revenons sur chacun des arcs branchiaux, étudions ce que devient chacun d’eux, quelle est sa destinée dans la constitution définitive

F1G. 10. — A. Coupe frontale de l’espace bucco-pharyngien d’un embryon humain. (Embr. B 1 de His). — B. Vue frontale et en partie section frontale d’un embryon humain plus âgé (Embr. Rg de His) (d'après His). |

En À. — A40?-A05, 2e-5e arcs aortiques contenus dans les arcs branchiaux correspondants. — p, tubes pulmonaires. — pl}, sacs pleuraux.

En B. — brlmæ, premier arc branchial ou arc maxillaire. — br?}y, 2° arc ou hyoïdien, br, br#, 3 et 4° arcs branchiaux. — spre, sinus præcervicalis. — Ap, orifice du diverticule hypophysaire. — 4f, bourgeon frontal..— »e, ni, bourgeons nasaux externe et interne. — »4, bourgeon maxillaire supérieur du 1° arc. — son, sillon oculo-nasal, — sl, sillon lacrymal. — fn, fossette nasale, — p, tubes pulmonaires. — pl, sacs pleuraux.

des téguments, des parois pharyngiennes. Que deviennent les

fentes ?

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