‹ Étude de l'Épithélioma Branchial du CouChapitre 30 sur 34 · HAUT RE · texte numérisé non relu

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aux Cellules fondamentales profondes. Ces cellules ne sont vraisemblablement que des lymphocytes. Elles ne se rencontrent que là du côté de la paroi interne du kyste qui, jele rappelle, était rempli de sang. Dans ces points, on voit les cellules devenir volumineuses, perdre la faculté de se colorer et disparaître comme étouffées par ces éléments. Ici l'épithélium est vaincu, il disparaît. En d’autres points plus rares, on peut assister à la transformation des cellules superficielles en profondes. J'ai fait représenter un de ces points (fig. 2). . On voit au centre un amas de cellules fondamentales superficielles d'aspect très nettement épithélial. Cet amas était isolé dans le tissu conjonctif et représentait probablement le sommet d'un prolongement. On voit que sur les 2/3 de cette surface il est séparé du stroma par une membrane anhiste. Mais l’autre tiers représente comme un hile par lequel l’amas épithélial communique avec les couches sous-jacentes. A ce niveau on assiste à la transformation des cellules qui, d’arrondies ou ovalaires, s'étirent, deviennent polyédriques. Pour bien montrer que cet amas épithélial n’est pas différent des cellules qui

limitent la paroi interne du kyste, on voit qu’au centre les cellules ont subiune -

transformation absolument analogue à celle que présentent les couches superficielles des bandes de revêtement.

2° Les cellules fondamentales profondes sont des éléments volumineux de 5 à 6 p, arrondis ou ovalaires, Elles prennent très fortement les colorants.

Les cellules se disposent sur toute la coupe.

À la périphérie elles touchent, comme nous l’avons déjà vu, à la bande superficielle. J'ai déjà montré leur transformation réciproque, Ces cellules fondamentales, mêlees à des lymphocytes, forment là, dans la couche interne de la paroi, une zone condensée dont la densité semble diminuer de la superficie vers la profondeur.

Au centre de la paroi, ces cellules fondamentales forment une bande plus ou moins dense dans laquelle on remarque simplement quelques fibres conjonctives et des espaces vides qui semblent être des lymphocytes.

Sur le bord, les cellules sont moins denses. Elles forment tantôt des amas vaguement arrondis, tantôt des traînées fusiformes. Par places, elles sont nettement disposées en un réseau plexiforme, dont les mailles allongées ne sont remplies que par du tissu myxomateux. Dans ces boyaux, les cellules semblent homogènes; on ne trouve pas de traces de vaisseaux.

b) Tissu myxomateux. — Le tissu myxomateux forme la plus grande partie du stroma.

D'une façon générale il est formé d’une substance d’apparence homogène, très faiblement colorée en jaune par l'acide picrique. Les noyaux ont l'aspect de bâtonnets allongés, rarement étoilés. En somme, ce n’est pas du tissu myxomateux typique. Il ressemblerait plutôt à du tissu conjonctif dense dont les fibres auraient été remplacées par une substance fondamentale homogène. En certains points, on peut en suivre la transformation, et on constate nettement que ces parties claires, transparentes ne sont pas dues à une dégénérescence colloïde des éléments cellulaires, ni à un dépôt interstitiel d’une substance

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analogue. Elles semblent résulter de la transformation du tissu conjonctif, car on voit ces faisceaux perdre leur fibrillation, se gonfler et se continuer avec les parties claires. ne

Ce tissu myxomateux est tantôt diffus entre les cellules et les éléments du tissu fibreux, tantôt rassemblé en boyaux. 7

Dans la zone moyenne de la paroi, sur certaines coupes, il existe une traînée très longue et étroite dans laquelle les boyaux, tous parallèles, semblent disposés concentriquement à la surface interne du kyste, comme si, là, il y avait eu une couche de tissu conjonctif ordinaire qui ait subi en masse la transformation myxomateuse, Dans la couche externe le tissu myxomateux est le plus typique. Les cellules sont presque toutes étoilées. Il n’existe là aucune démarcation entre les cellules fondamentales et les cellules muqueuses. 11 semble que l'on assiste à une transformation.

c) Tissu conjonctif. — Le tissu conjonctif est formé par du tissu fibreux que l'on trouve à tous les stades de son évolution ; il est peu abondant.

d) Vaisseaux. — Les artères sont très développées dans la paroi du kyste. Elles sont souvent même très volumineuses. Elles s’avancent jusque près de la paroi interne. On voit très nettement sur une de ces coupes une artériole qui se détache d’un gros tronc; elle traverse la paroi et se perd à quelque distance de la surface kystique ; ce devait être une des sources du sang de la cavité.

Les lymphatiques sont abondants dans la zone moyenne. Ils sont souvent entourés par des cellules fondamentales profondes.

OBSERVATION II (personnelle).

Épithélioma branchial du cou ayant comprimé et ulcéré le pharynæ. — Extirpation. — Récidive. — Mort.

Étienne V..., emballeur, 43 ans, entre le 14 avril 1898 à l'hôpital Laënnec (service de M. Reclus), salle Chassaignac, lit n° 19, pour une tumeur du cou.

Antécédents héréditaires. — Mère morte, à 50 ans, de cancer de l'estomac. Père mort de vieillesse.

Antécédents personnels. — Nariole à 15 ans; fracture de jambe à 25; très bonne santé habituelle. Il a reconnu la présence de cette tumeur au mois de janvier ; elle était indolente et sa présence n'a été révélée que par une palpation fortuite. Elle était mobile, dure comme une bille et siégeait au-dessous de la grande corne de l'os hyoïde du côté droit. Peu à peu elle augmenta de volume et atteignit la dimension d’un œuf en perdant peu à peu sa mobilité, Aucun phénomène fonctionnel.

Tout allait bien : le malade s’apercevait à peine de sa tumeur quand, vers le milieu du mois de mars, il fut pris subitement d’une violente quinte de toux et cracha une quantité de sang qu'il évalue à un verre. Il constata en même temps que sa tumeur diminuait. Vers la même époque il remarqua que sa voix

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changeait. Elle était parfois complètement éteinte et avait par moments un timbre bizarre. Vers cette époque, il commença à souffrir de douleurs lancinantes, intermittentes, irradiées dans la région temporale, Depuis cette époque son expecloration était mélangée d'une certaine quantité de sang; il aurait remarqué que lorsqu'il ne crachait pas de sang, sa tumeur augmentait de volume et les douleurs étaient plus vives. Le 14 avril, il entre à l'hôpital parce qu'il sentait ses forces diminuer et qu'il croyait remarquer que sa tumeur augmentait de volume.

ETAT ACTUEL. — Le malade est d'une päleur considérable; ce n’est pas la teinte jaune paille du cancer, c’est plutôt la teinte des individus qui ont perdu une grande quantité de sang ; du reste, le patient n’est pas amaigri, il est plutôt bouffi. Cependant l'analyse des urines ne montre pas d’albumine. A l’inspection de la région du cou, on note une tuméfaction très marquée de la région carotidienne droite ; la peau qui la recouvre ne présente pas de modifications. La région sus-claviculaire est le siège d'un gonflement œdémateux peu marqué.

La palpation montre une tumeur de consistance dure, élastique, bien limitée, formée par une masse principale supérieure arrondie, régulière, à la partie inférieure de laquelle on sent comme un prolongement. Elle a le volume d’une pomme. En haut, elle est séparée du bord inférieur du maxillaire par un sillon notablement plus profond en avant qu’en arrière. En arrière, la tumeur empiète sur la région sterno-mastoidienne et il est facile de se rendre compte que la tumeur est recouverte par ce muscle. En dedans, elle atteint le cartilage thyroïde sans le refouler. En bas ses limites sont mal précises. Le corps thyroïde est facilement senti, non augmenté de volume. La mobilité de la tumeur est difticile à préciser ; elle semble un peu plus mobile transversalement que verticalement ; elle ne suit pas les mouvements de la déglutition.

L'examen de la cavité buccale est absolument négatif.

Examen laryngoscopique. — M. Cuvillier nous a communiqué la note suivante : Rien du côté de l’épiglotte, sauf que l’orifice glottique est un peu rétréci. À droite, la portion inter-aryténoidienne est très hypertrophiée et forme une saillie de la grosseur d’une noisette ; à gauche, la région inter-aryténoïdienne est aussi hypertrophiée et forme avec la bande ventriculaire correspondante deux replis qui oscillent. À chaque inspiralion, les bandes ventriculaires sont aussi hypertrophiées et cachent les cordes vocales en totalité.

Symptômes fonctionnels. — Pendant son séjour à l'hôpital, le malade accuse les mêmes douleurs lancinantes, les troubles de. la respiration se sont accrus. La dyspnée est particulièrement intense la nuit. On se tient prêt à faire la trachéotomie. L’aphonie est devenue plus marquée; la voix est presque complètement éteinte. La déglutition est un geu gênée; l'expectoration est remarquable. Les crachats sont chargés de sang; les uns sont totalement sanguinolents, les autres sont muqueux avec des stries plus ou moins abondantes. Un matin, le malade a attiré notre attention sur des détritus qui pouvaient être

‘des débris de tumeur ou des aliments qui auraient séjourné dans une cavité.

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