ÉTUDE CLINIQUE
$ 1. — ÉTIOLOGIE
On serait porté à croire que l'épithélioma branchial est absolument exceptionnel. Tout en reconnaissant que ces tumeurs sont rares, je ne crois pas qu’on doive les considérer comme des curiosités pathologiques. Elles ont été méconnues jusqu’à ce jour parce que nos traités classiques les mentionnent à peine. Mais j'espère qu’à l'avenir
le elinicien pensera à elles et les trouvera peut-être fréquentes. « On ne voit, a dit Ranvier, que ce que l’on connaît déjà. »
J'ai réuni dans les recueils d'anatomie pathologique 49 observations d’épithéliomas branchiaux. Et je ne puis m'empêcher d'être frappé de ce fait que les auteurs qui ont écrit sur la question ont pour la plupart observé plusieurs cas [Quarry-Sylcock,3.— Richard, 3. — Gussenbauer, 8. — Perez, 6. — Moi-même j'ai observé 6 malades atteints de cette affection (1)].
Ajoutons que l’épithélioma branchial n’est pas comme les kystes, les fistules, une tumeur qui se reconnaît par la simple dissection ; il faut le microscope pour l’individualiser. Aussi comprend-on que cette affection ait pu être ignorée si longtemps.
On peut dire qu'il y a deux variétés étiologiques d’épithéliomas branchiaux du cou :
a) Un cancer primitif : l'affection d'emblée maligne s’est déve-
loppée sur un cou normal.
(1) J'ai encore observé 2 malades que je crois être atteints d’épithélioma branchial, en raison de leur histoire clinique. Je n'ai pas voulu rapporter ces observations, car j'ai manqué du critérium histologique. Ces tumeurs étaient inopérables par
. leur extension, leurs adhérences.
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b) Un cancer secondaire: le cancer n’est que la transformation maligne d'une tumeur préexistante. Richard a montré quele cancer branchial peut se développer sur un kyste dermoïde, une fistule congénitale. J’admets qu'il peut prendre naissance dans des tumeurs mixtes primitives du cou; tumeurs encore mal connues, mais dont il existe de nombreux exemples. C’est de la sorte que se peuvent expliquer ces cas de tumeurs bénignes pendant un grand nombre d'années (6 ans : Bourdon; — 12 ans : obs. VD qui subitement deviennent douloureuses, augmentent de volume et évoluent dès lors comme une tumeur maligne. Il se passe pour les épithéliomas branchiaux du cou ce qui se passe pour les cancers de la parotide, de la sous-maxillaire, du voile du palais. Nous verrons que ce rapprochement étiologique est pleinement justifié par la structure histologique.
A part cette notion très importante, on ne sait rien de l’étiologie essentielle du cancer brachial du cou, comme du reste de l’étiologie de tous les cancers.
En interrogeant la statistique, on voit que l'hérédité, les antécédents personnels, les professions, les habitudes ne méritent pas d'entrer en ligne de compte.
L'étude de l’âge est plus intéressante. On apprend que l’épithélioma branchial du cou est un cancer des gens âgés. Sur 48 observations, je trouve :
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Il est encore plus curieux de voir que ce cancer s’observe presque exclusivement dans le sexe masculin. Je trouve
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il s'agissait alors (Blache) d'une tumeur mixte dégénérée. Cette prédominance chez l’homme est singulière. Peut-être les observations ultérieures rétabliront-elles l'équilibre. Mais cette particularité méri-
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tait d'attirer l'attention, car il est incontestable que le cancer bran-
FIG. 1. — Épithélioma branchial du cou.
chial est, comme le cancer de la Inague, du pharynx, l'apanage du sexe masculin.