‹ Étude de l'essence d'estragon: et de quelques dérivés de l'estragolChapitre 12 sur 30 · CH · texte numérisé non relu

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Or, l'acide p.-méthoxyatropique, qui correspond à l’aldéhyde du premier schéma, n’est pas connu, alors que l'acide p.-méthoxycinnamique qui correspond au second a déjà été préparé et fond à 170° (1). C’est également à ce point que fond l’acide préparé par oxydation argentique (le l’aldéhyde étudiée, dont la constitution se trouve ainsi fixée : O.CH3 — CH: CH = CH — CHO.

(1) (#) L'aldéhyde p.-méthoxycinnamique distille à 150° sous

13", sa densité est égale à D, — 1,137; elle donne avec

/ l’acétate de semicarbazide une semicarbazone fondant

à 229°, soluble dans Péther, l'alcool, très peu dans le

benzène.

(1) RevcuLer, Bull, Soc. chim., t..XNIT, p. 51r.

L’oxime préparée au moyen de la combinaison bisulfitique et du chlorhydrate d’hydroxylamine fond à 154°.

MM. Scholtz et Wiedemann (!) ont décrit une aldéhyde p.-méthoxyeinnamique synthétique distillant à 153°-156° sous 12"% et dont la semicarbazone fond à 199°.

Ces faibles écarts entre les résultats obtenus par ces auteurs et les miens m'ont obligé à reprendre leurs expériences. Par condensation de l’aldéhyde anisique et de l’acétaldéhyde en présence de soude caustique, j'ai obtenu, avec de mauvais rendements, de l'aldéhyde p.-méthoxycinnamique, mélangée de l’aldol :

O CH3 — CSHi— CHOH — CH? — CHO,

que j'ai purifiée par des disuillations répétées. Elle bout à 171°-192° sous 15"", fixe le brome et se combine au bisulfite comme le produit naturel, mais son odeur est moins agréable et se rapproche davantage de celle de la cannelle.

Différents dérivés ont été préparés : loxime qui fond à 14°: la semicarbazone à 229°, et l'acide (par l’oxyde d'argent et la chaux) : point de fusion, 150°.

Tous ces dérivés de l’aldéhyde synthétique sont absolument identiques à ceux préparés avec l’aldéhyde contenue dans l'essence d’estragon. L'identification des deux produits est donc complète.

Il est intéressant toutefois de remarquer que, pour l’aldéhyde synthétique comme pour les portions aldéhydiques de l'essence d’estragon, la distillation, même dans le vide, n'a pas lieu sans perte d’eau et sans une résinification partiélle. Il semble donc que l’essence naturelle conuent, à côté de FPaldéhyde p.-méthoxycinnamique, l’aldol :

O CH3 — C6 Hi — CHOH — CH?2— CHO

(!) Scnozrz et WIEDEMANN, D. eh. G., t. XXXVI, r903, p. 155.

20 M. DAUFRESNE.

ou peut-être O CH3 — CSH:— CH2— CHOH — CHO,

qui se formeraient par oxydation et condensation simullanées; on s’expliquerail ainsi la présence notablement plus grande d’aldéhyde p.-méthoxycinnamique dans lessence datant d’une dizaine d’années. Ces aldols possédant it de carbone asymétrique, c'est à leur présence qu’on pourrait attribuer le pouvoir rotatoire gauche observé sur les portions hautes de l’essence (voir p. 5).

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