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La méthode suédoise de LinG (1776-1839) mérite de retenir longuement notre attention.
Pour la première fois nous voyons naître une doctrine d'inspiration uniquement scientifique.
LoIsEL, pose dans son livre, le problème de la façon suivante :
« Les Allemands ont donné à l’éducation physique un sens. Ils ont dit pourquoi il fallait mobiliser le COrps >».
« Un problème important restait à résoudre, comment le mobiliser ? » « A cette question la science devait apporter une réponse. Les Suédois les premiers l'ont compris ».
On ne saurait mieux poser le problème du rôle des sciences biologique dans l'éducation physique.
Il est remarquable de voir éclore cette doctrine suédoise en même temps que les méthodes de JAHN et d’AMOROS.
Il est impossible de procéder d’un esprit plus différent sinon plus opposé.
Il ne s’agit plus d’adapter le corps à la gymnastique, c’est la gymnastique qui doit au contraire s’adap-
ter aux besoins des individus.
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Le but à atteindre n’est plus de sélectionner les plus forts, mais au contraire, de récupérer les insuffisants et les faibles, auxquels la méthode s’est adressée tout d’abord.
LiNG, ne fut point médecin, mais précepteur, employé de bureau, soldat, poète et professeur d’escrime, les professions variées ne lui manquèrent point.
Il fut atteint en 1801, d’une impotence fonctionnelle du bras droit, séquelle d’une blessure de guerre. On dit, de plus, qu’il était tuberculeux. Il se guérit de son impotence en pratiquant l'escrime et la gymnastique et ce résultat décida de sa vocation.
Bien que la gymnastique suédoise, s’adressât à tous les adultes valides, on ne saurait trop insister sur son point de départ.
En fait, c’est sous cet aspect de gymnastique rééducative qu’elle connut ses premiers succès.
Elle entreprit notamment la guérison des scolioses, fréquentes chez les compatriotes de LinG.
Le principe de la récupération, apposé aux principes de la sélection où devaient mener fatalement les doctrines de JAHN et d'AMoros eut une importance décisive sur nos conceptions en matière d'éducation physique.
Le moyen employé est simple. Il convient d’adapter la qualité, l'intensité, le rythme du mouvement à la constitution physique du sujet.
Cette notion d'adaptation de la gymnastique à chaque individu, suivant son Âge, son sexe, ses qualités
tt
physiques et ses possibilités demeurent la base méme de la méthode française moderne.
Enfin, comment ne pas souligner l'esprit éminemment médical qui préside à cette doctrine ?
Pour la première fois, l'éducation physique se penche sur les faibles et les deshérités pour leur rendre la vigueur et les guérir.
Nous allons examiner dans un instant en quoi consiste la méthode suédoise, et nous verrons que ses détracteurs sont à l’heure actuelle de plus en plus nombreux.
Quoi qu'il en soit, elle constitue une telle révolution doctrinale en plaçant pour la première fois les préoccupations scientifiques et médicales, à sa base même, que nous ne saurions ménager à LiNG, un juste tribut d’admiration.
Cela dit, et après avoir insisté sur ce que la méthode de LiNG comprend de plus médical dans son esprit et ses applications, n'oublions point qu’elle s’adresse à tous et que son but, à elle aussi, est de former des athlètes.
LiNG répartit en deux catégories les manifestations de l’éducation physique.
D'une part, la gymnastique hygiénique, scientifique et analytique; de l’autre, la gymnastique militaire athlétique ou sportive.
Cette distinction demeure classique aujourd’hui. mais l’erreur de LainG, fat dans l’attitude d’esprit où elle entraîna.
Seule devait l’intéresser la gymnastique analytique
de
et hygiénique, puisqu'il estimait que seule elle pouvait s'appuyer sur des données scientifiques et prétendre à un résultat positif contrôlable.
En réalité, en Suède, les deux gymnastiques ont toujours été pratiquées de pair.
Mais la gymnastique d'application le fût toujours avec le souci de la correction du mouvement qui caractérise la gymnastique analytique. La correction et l'économie du mouvement demeurent le but principal quel que soit l’exercice effectué.
Le mouvement suédois est avant tout éducatif, et analytique et ne poursuit aucun objectif utilitaire. Son but est de produire un effet physiologique donné sur une partie déterminée du corps.
Un certains nombre de principes scientifiques guident leur choix.
1° Les bras agissent sur la capacité thoracique et commandent l'inspiration profonde dont les mouvements prennent leur point d'appui au-dessus du diaphragme.
2° Les jambes agissent sur l'abdomen qui commande l’expiration, avec point d'appui au-dessous du diaphragme et activent l’afflux du sang vers le cœur.
3° La colonne vertébrale est le point d'appui de tous les leviers, en particulier à la hauteur de la onzième vertèbre dorsale qui constitue le centre de gravité du corps en position debout.
Le mouvement comprend trois moments :
1° L’attitude statique de départ;
2° L'acte dynamique de mobilisation du segment;
Se Luce
3° L’attitude imposée à la fin du mouvement.
Chaque mouvement est comme celui d’un levier, dont la puissance, résidant dans le muscle, et la résistance constituée par le poids du corps, alourdi ou non par des engins supplémentaires, sont l’une et l'autre fonction du point d'appui.
Les appuis peuvent être pris :
1° Sur le sol sans engins, c’est la gymnastique à mains libres;
2° Sur le sol, avec appui supplémentaire pris sur un engin stable et rigide destiné à localiser ce travail, ce sont les mouvements au « bomme » suédois, barre horizontale fixée à deux montants sur lesquels on peut l’élever ou l’abaiïsser à volonté.
3° Au-dessus du sol, sur un appareil stable et rigide appelé « espalier suédois », sur lequel se fixe la colonne vertébrale, pour isoler et localiser la puissance du segment, ce sont des assouplissements des membres inférieurs exécutés en suspension brachiale.
__ Préalablement à tout mouvement, la méthode suédoise exige une attitude de départ correcte : les bras tombant naturellement, les doigts joints, les talons réunis, le ventre rentré, les épaules effacées, pour redresser au maximum la colonne vertébrale.
La correction de l'attitude de départ et de l'attitude de retour, après le mouvement, doit être rigoureuse, et demande par là même à l’instructeur une surveillance des élèves extrêmement précise.
La lecon suédoise comprend, une mise en train, des
mouvements de gymnastique analytiques, des appli- ‘ations et des jeux et un retour au calme.
La leçon se déroule en douze exercices :
1° Une marche;
2° Mouvements des muscles du cou et de la tête;
3° Mouvements des bras;
4° Mouvements des jambes;
5° Mouvements de la région postérieure du tronc:
6° Mouvements de la région antérieure du tronc: 7° Mouvements des régions bilatérales:
8° Mouvements constituant un massage abdomi-
9° Mouvements combinés des différents segments;
10° Des exercices d’application:
11° Des gestes lents, destinés à régulariser les battements du cœur et le rythme respiratoire;
12° Une marche lente accompagnée de chants.
— Nous avons tenu à citer cette lecon dans son entier parce qu’elle montre bien les caractéristiques de la méthode suédoise, celles qui devaient lui attirer les plus vives critiques et contre lesquelles HÉBERT devait réagir.
— En effet, ce qui frappe immédiatement, c’est l'énorme disproportion entre les exercices hygiéniques et les applications.
La gymnastique suédoise qui à joui dans notre pays d’une très grande faveur et füût longtemps la gymnastique éducative officielle a subi depuis beau- Coup d'attaques, notamment de la part de HÉBERT.
À quoi sert, en effet, une gymnastique analytique