LA METHODE NATURELLE
C’est au cours de ses voyages que le lieutenant de vaisseau Georges HÉBERT s’attacha à l’étude des mœurs des peuples primitifs en Amérique du Sud.
Par comparaison, l'influence désastreuse des civilisations anciennes et raffinées, la déchéance profonde à laquelle elle condamne les individus, le frappa.
L'homme primitif soumis aux rudes conditions naturelles de lutte pour la vie, obtient par lPexercice un développement complet et une harmonie fonctionnelle parfaite.
Toute méthode d'éducation physique qui veut être utile et féconde en résultats, doit chercher à réaliser des exercices naturels, dans leurs conditions naturelles, c’est-à-dire en plein air et par tous les temps.
Le principe de cette méthode est donc entièrement original.
De fait, le lieutenant de vaisseau HÉBERT, vers qui l'attention publique fut attirée dans les premières années de ce siècle, appliqua à l’éducation physique des fusiliers marins de Lorient, une méthode qui se posa d'emblée comme révolutionnaire.
Des méthodes que nous avons exposées dans les précédents chapitres, il ne conserve exactement rien.
Mais c’est surtout contre la gymnastique éducative et hygiénique qu’il s’éleva.
Seuls comptent pour lui les exercices naturels, c’est-à-dire utilitaires.
Marcher, courir, sauter, lancer, porter, grimper et lutter.
Il considère ces mouvements à la fois comme des mouvements éducatifs et des mouvements d’application.
Les autres « exercices conventionnels » sont appelés « éducatifs élémentaires ».
« Ces exercices spéciaux constituent une aide ou un correctif précieux pour les sujets dont l’organisme présente un point faible, une tare, une déformation ou une condition anormale quelconque ».
C’est toute la place qu'il lui assigne.
Et ailleurs : « Ils sont également utiles pour la rééducation des adultes et des hommes faits. dont l'organisme a subi les conséquences d’une inactivité prolongée ». « L’être normalement bâti et constitué n’en a nullement besoin pour acquérir son perfectionnement. IT peut et il doit même y avoir recours toutes les fois que les circonstances s'opposent à la pratique des exercices utilitaires. Mieux vaut exécuter des exercices incomplets que de ne rien faire du tout ».
Or, toutes les méthodes existantes, pense Georges HÉBERT, ne s'intéressent qu'aux exercices éducatifs élémentaires. Les exercices utilitaires sont considérés tantôt comme un complément facultatif de l’exercice, tantôt isolés en une partie dite d'application que
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l'élève ne peut aborder que sous certaines conditions.
En résumé, renverser la proportion entre les exercices utilitaires et les exercices hygiéniques, mieux même, considérer les premiers comme seuls éducatifs, voilà le principe fondamental de la méthode.
La deuxième caractéristique est la recherche des conditions naturelles dans la pratique de lexercice, c’est l'importance considérable attachée à la pratique de l’éducation physique en plein air, à l’entrainement à supporter les variations de la température.
Les soins de la peau et l’hydrothérapie sont des compléments indispensables du travail physique.
Enfin la natation, exercice naturel par excellence, occupe une place de choix dans la série des exercices.
La méthode HÉBerT ne s’embarrasse point de préoccupations scientifiques.
En dehors des malades, elle n’élimine personne, et tous les individus sains sont admis, quelle que soit leur capacité physique, à bénéficier des bienfaits de la méthode naturelle.
Le souci médical n’en est pas cependant absent.
Hégerr se défend de vouloir pratiquer les exercices utilitaires sans tenir compte de leurs effets sur l’organisme.
Il estime, notamment, que les exercices utilitaires ne sont violents ou dangereux que lorsqu'on les transforme en sports de compétion.
Aussi sa méthode les éloigne-t-elle résolument. I s’agit uniquement d'obtenir le plus grand nombre de points possible dans l’ensemble des épreuves, en
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dehors de tout esprit de spécialisation et de compétition.
Enfin, un principe permettra à l'organisme d’atteindre sans danger le maximum de sa puissance, est le réglage progressif de l’entraînement.
La composition de la leçon est simple.
Elle comprend les huit exercices utilitaires : marche, course, saut, grimper, lever, lancer, lutter, nager.
Ces derniers peuvent consister en pratique réelle ou en exercices éducatifs élémentaires.
HÉBERT conserve donc bien la distinction classique. Mais il l’atténue le plus possible en groupant exercice éducatif et application sous une même rubrique, celle de l'exercice utilitaire.
La leçon ne se partage donc plus en exercices éducatifs et applications, mais comprend huit parties correspondant aux exercices que nous avons énumérés.
Par exemple, la sixième partie, le lancer, comprend aussi bien les mouvements élémentaires de flexionextension du tronc, que les lancers d'objets avec élan ou sans élan.
« En résumé, à la question suivante : Que doit-on faire pendant une séance de travail ? je réponds : I faut marcher, courir, sauter. grimper, lever, lancer, se défendre et, chaque fois qu'on le peut, nager. De plus prendre un bain d'air d’une durée variable suivant les circonstances atmosphériques, et se soigner la peau après le travail ».
La méthode Hégerr a encore apporté à l’éducation
physique une innovation remarquable, sous la forme d’un système de mesure de la valeur physique des sujets, qu'HÉBERT expose en détail dans le « Code de la Force ».
Ce système comporte douze épreuves :
Course de 100 mètres.
Course de 500 mètres.
Course de 1.500 mètres.
Saut en hauteur sans élan.
Saut en hauteur avec élan.
Saut en longueur sans élan.
Saut en longueur avec élan.
Grimper à la corde lisse.
Lever à deux mains un « développé ».
Lancer du poids de 7 kgs 257.
Natation : parcours de 100 mètres.
Natation : plongée sous l’eau.
Aux performances corresporident un nombre de points établis d’avance. |
Suivant le nombre des points obtenus dans les douze épreuves, l’aptitude est dite :
Nulle lorsque le nombre est inférieur à zéro.
Inférieure, lorsque ce nombre est au moins égal à zéro, et ainsi de suite jusqu'aux performances exceptionnelles ou athlétiques.
Ces résultats sont consignés dans ce qu'HÉBERT
appelle la « fiche-type » du sujet.
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