‹ Etude de l'Evolution des Idees en matière d'éducation physique: Origine des conceptions pédagogiques et scientifiques modernesChapitre 21 sur 30 · AY 1 EC · texte numérisé non relu

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soit pas très grande. On dirait que les individus entraînés aux exercices naturels et exposés aux intempéries, comme l’étaient leurs pères, sont capables de plus longs et de plus durs efforts que nos athlètes. Ceux-ci ont besoin également de beaucoup de sommeil, d’une bonne nourriture, d’habitudes régulières. Leur système nerveux est fragile. Ils supportent mal la vie des bureaux, des grandes villes, les soucis des affaires et même les difficultés et les souffrances ordinaires de la vie.

« Les triomphes de l’hygiène et de l’éducation moderne ne sont peut-être pas aussi avantageux qu’ils le paraissent au premier abord ».

Nous avons tenu à citer longuement cette page parce qu’on ne saurait mieux que ne le fait l’auteur, souligner les avantages du développement obtenu par des procédés naturels.

Et la doctrine Hébertiste, d'inspiration originale, et qui possède à son actif des résultats magnifiques, mérite en effet une grande admiration.

Elle a éloigné l’éducation physique de deux excès : d’abord celui des disciplines amorosiennes.

Libérant les élèves de l’atmosphère des gymnases, bannissant de son enseignement les procédés artificiels et déformateurs de la gymnastique d’agrès, elle apparaît, en face de cette vieille discipline, comme un libératrice.

Mais c’est surtout contre l’excès de la gymnastique analytique que s'est élevé Georges HÉBERT. Il a, à juste titre, restauré les exercices utilitaires qui doi-

vent être le but final de toute éducation physique et occuper au programme de la leçon la première place.

Il a par là-même introduit, avec le goût de l'effort et de la lutte, l'attrait de l’éducation physique. Car nous savons que le caractère fastidieux de la leçon suédoise constitue un défaut grave et qui empêche sa généralisation à des classes nombreuses où elle se montre totalement inopérante.

Au fond, si nous voulions résumer en un mot la pensée de HÉBERT, nous dirions qu’il a créé une méthode efficace.

Cependant cette méthode est incomplète précisément parce qu’elle n’est pas scientifique.

Elle fait une excessive confiance à la moyenne des organismes humains qu’elle estime capables de réaliser tous les mouvements utilitaires naturels.

Cela se conçoit d’ailleurs, du fait des conditions dans lesquelles la méthode fût élaborée.

Le recrutement de l'Ecole des mousses et de l'Ecole des fusiliers marins, composée de sujets ayant subi un examen médical, dispensait en grande partie de la sélection, autrement dit de adaptation de l’éducation physique aux possibilités et à la résistance de chacun.

On sait que c’est un des points essentiels de la méthode de LiNG que cette adaptation de l'exercice à l'individu qui l'opposent aux méthodes anciennes qui ne concernaient que l'adaptation de l'individu à l’effort demandé.

Cette affirmation a priori, que tout sujet (hormis

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ie cas de maladies et d’insuffisances graves) est capable de fournir directement telle série d’efforts, est une des faiblesses du système.

On conçoit son danger si elle s’appliquait aux enfants.

En diminuant à l’extrême les exercices d’assouplissement et en réduisant l’importance des exercices éducatifs, HÉBERT priva sa méthode de cette variété et de cette souplesse qui permettent une adaptation parfaite des efforts demandés à la nature physique des sujets.

Enfin, la lacune la plus grave de la méthode Hébertienne est évidemment de se tenir à l’écart du médecin.

Elle n’a pas déterminé de façon précise sa place à côté de l’éducation physique. Elle n’a pas entrevu le rôle que seule la méthode française devait lui donner et qui n’est pas de distinguer seulement les malades des sujets bien portants, mais de contrôler de facon permanente, à l’aide des procédés cliniques et expérimentaux, les effets de l’entrainement sur lorganisme de chacun.

La méthode française qui, pour la composition de sa lecon, devrait puiser très largement dans la méthode de G. HÉBERT, y apporta, nous le verrons, d’utiles correctifs.

Ici encore, DEMENY fut à la tête du progrès.

Il s’intéressa vivement à l’effort de la méthode naturelle, malgré son absence de bases scientifiques, l’encouragea et préfaça un des livres de G. HÉBERT, L’Education physique raisonnée.

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LE PROBLEME DES RAPPORTS DES SCIENCES BIOLOGIQUES ET MEDICALES AVEC L'EDUCATION PHYSIQUE LA METHODE FRANÇAISE ET SON ROLE

Ainsi jusqu’à la veille de la dernière guerre, aucune méthode n’aurait encore prévalu.

La gymnastique suédoise avait toujours de chauds partisans et devenait officielle, elle était adoptée par l'Ecole de Joinville et par l’Université.

Dans l’Université comme dans l’armée, les pratiques amorosiennes des agrès étaient toujours en honneur.

HÉBERT cite avec ironie le paragraphe du Règlement de 1910, qui porte bien la marque de lincertitude du moment.

« Il serait prématuré et même irrationnel de vouloir résoudre « ne varietur » le problème compliqué de la Gymnastique Moderne. Le Nouveau Règlement réserve à l’Avenir la forme définitive à donner à l'Education physique contemporaine ».

En dehors des Règlement officiels se développe un mouvement original — dont le succès est considérable — la méthode naturelle de HÉBERT,

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