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IL. — Traitement du syndrome sympathique

Encore ce traitement de l’hyperthyroïdie aurat-il dû être complété par une médication destinée à régulariser le déséquilibre du système vago-sympathique. La thérapeutique à appliquer, écrivent MM. MARCEL LABBE et GILBERT-DREYEUS, sera de longue haleine, variable selon les troubles fonctionnels prédominants et les résultats de l’épreuve de Danielopolu.

Les moyens d'action directe sur le système végétatif peuvent être rangés sous trois rubriques :

— les modificateurs du tonus du vague.

— les sédatifs du Sympathique.

— les calmants de l’hyperexcitabilité nerveuse générale.

Les Médications de ce dernier groupe seront dans tous les cas mises en œuvre; celles du premier seront exceptionnellement indiquées. Quant aux sédatifs du système sympathique, très souvent de mise simultanément ou consécutivement au traitement de l’hyperthyroïdie, ils constitueront en tout cas le fond du traitement des SYNDROMES PARA-BASEDOWIENS, syndromes « n’offrant pas de gravité réelle, maïs souvent plus longs et plus difficiles à guérir qu’une Maladie de Basedow franche ».

. 1° En cas d’Hypervagotonie, on conseillera donc (MM. MAR- CEL LABBE et GILBERT-DREYFUS) le Sulfate d’Atropine (de 1/4 à 1 milligramme) ou plus simplement la Belladone.

Pilules de Trousseau (dosées à 1 centigramme de poudre et d’extrait de Belladone) : 2 à 4 par jour.

Ou bien :

Teinture de Belladone ............

Teinture de Jusquiame ............

de XX à XXX gouttes par jour.

2° Les Sédatifs du Sympathique.

Au premier rang, l’Eserine, que MM. MARCEL LABBE et GILBERT-DREYFUS recomandent d'employer suivant la formule de MOUTIER :

Salicylate neutre d’Eserine .... Un centigramme.

Glycérine neutre ........... 3,5 centimètres-cube. Hauddishlees chere ee 1,5 centimètres-cube.

OR A nn Dre re aobe QS pour 10 centimètres-cubes.

de X à XX gouttes

(Selon un rythme croissant) à chacun des trois repas).

(1 gramme ou L gouttes de cette solution renferment 1 milligramme de Salicylate d’Esérine.)

On peut aussi la prescrire,

— soit en granules dosées à ! milligramme; — soit en injections hypodermiques dosées à 1 milligramme par cc.

La Générésine est préférée de certains auteurs. Physiologiquement et chimiquement très voisine de l’Esérine, elle est, coinme elle, extraite de la Fève de Calabar, mais sa toxicité est relativement faible. Le sel le plus utilisé en est le Salicylate que lon prescrit — soit en solution aqueuse au millième (dont XX gouttes ren-

ferment 1 milligramme de principe actif) ; — soit en Granules au demi-milligramme.

On commence le traitement par un demi-milligramme avant chacun des deux repas puis, si les résultats obtenus sont insuffi-

sants, on augmente de 1 ou 2 milligrammes par jour, par doses

fractionnées; la médication peut être continuée dix à quinze jours, à cette dose de 2 à 3 milligrammes, sans inconvénients tant que ne surviennent pas de courbature lombaire ou de troubles digestifs.

Certains auteurs leur préfèrent le Tartrate d’Ergotamine; antagoniste de l’Adrénaline; cet alcaloïde qui a pu donner de bons résultats à l’étranger, n’a aucune action sur l’Exophtalmie; divers accidents ont en outre été signalés pour des doses normales du médicament, et même pour des doses infra-normales. &« L’Ergotamine offre des inconvénients que ne compense point la valeur de ses résultats. >» (MM. MARCEL LABBE et GIL- BERT-DREYFUS.)

3° Les médications calmantes générales consisteront d’abord en une série d'excellentes préparations à base de Passiflore, de Cratoegus, de Saule blanc, de Ballotte Fétide, d’Anémone, etc. sous forme d’extraits, d’intraits ou de teintures.

Les Bromures pourront être prescrits de la façon suivante :

Bromure de Potassitm eee LR

Brôémure de-Sodhimeinesss tr ASCSeons ES. aà 10 grs. Promure d'AmMmONnRUIR. ee sue 2 se CU

Sirop d'Ecorces d'Oranges Amères ...:. Lu 50 grs. Éd” Meme sect Den eee ne Re QS pour 150 cc.

trois cuillerées à café par jour.

La Valérianate de Quinine (0,50 à 1 gramme) est également un bon sédatif.

Notre maître M. O. CROUZON recommande :

Extrait fluide de Valériane ......... ARRET AN ENES 40 er. Feinture de Faléhaner Re ee Sitop.-de Menthe... ete CRE:

SHOP. de- SUCRE Re rers tee QS pour 150 cc.

trois cuillerées à café par jour.

La plus large place, pour MM. MARCEL LABBE et GIL. BERT-DREYFUS, est à faire aux barbituriques qu'ils utilisent avec succès à la dose de l centigramme ou 1 centigramme 1/2, trois ou quatre fois par jour, par prises espacées.

Pour calmer l’hyperexcitabilité nerveuse, les mêmes auteurs formulent en premier lieu des prescriptions d’hygiène et de diététique générale : aération, exercice physique rationnel, hydrothérapie calmante, longues heures de repos au lit, chaise longue après chaque repas, alimentation simple, saine et substantielle (supression du café, de l’alcool, des mets excitants et épicés, des sauces relevées, de la cuisine indigeste, etc.) (1).

Des saisons sédatives à Divonne, Néris, Bourbon-Lancy (2) enfin seront, dans les limites du possible, conseillées.

En somme, puisque nous avons développé ce chapitre en vue surtout des Syndromes Para-Basedowiens, « dans nombre de cas, on atténue plutôt qu’on ne fait disparaître la dystonie végétative; sous l’influence des médicaments sédatifs (dont le plus approprié peut n’être découvert qu'après plusieurs essais infructueux), sous l’influence du repos moral et physique, les troubles s’amendent; mais ils reparaissent à la moirdre occasion. Certains malades rebelles sont pendant des années les hôtes des maisons de santé et des villes d’eaux. Il en est heureusement d’autres qui réagissent nettement à la médication sédative et qui guérissent complètement. Dans tous les cas, il ne faut jamais désespérer. Les

(1) « Il semble, en effet, écrit CARREL (« l'Homme, cet inconnu ») que le système autonome soit devenu moins capable de protéger le cœur, l’estomac, l'intestin et les glandes contre les émotions de l’existence, Dans les dangers et la brutalité de la vie primitive, il était suffisant. Mais il ne résiste pas aux chocs incessants de la vie moderne. Chose étrange, nous nous accommodons sans souffrir à la plupart des conditions de la vie moderne. Mais cette accommodation provoque des changements organiques et mentaux qui constituent une véritable détérioration de l'individu. »

(2) « Bourbonnensy » est un des divers lieulx de bains chaulx qui comme Coderetz, Limous, Dast, Balleruc, Neric .… et mille aultres lieux ont inspiré à notre compatriote Maistre Alcofribas Nasier, ce savoureux passage que nous ne pouvons nous refuser le plaisir de citer « Et m’esbahis grandement d’un tas de fols philosophes et medicins qui perdent temps à disputer dont vient la chaleur de ces dictes eaulx, ou si c’est à cause du baurach ou du soulphre ou de l’alun ou du salpetre qui est dedans la minere, car ilz ne y font que ravasser, el mieulx leur vauldroit se aller froter le cul au panicault que de perdre ainsi le temps à disputer de ce dont ils ne scavent l’origine : car la résolution est aysée, et n’en fault enquester davantaige que lesdictz bains sont chaulx parce qu’ils sont yssus par une chauldepisse du bon Pantagruel. >» (Pantagruel, Livre Deuxième, Chapitre XXXIII : « Comment Pantagruel feut malade, et la facon comment il guerit ».)

sara-Basedowiens sont des sujets qu’il faut suivre longtemps et ont le traitement demande parfois de multiples tâtonnements

ct beaucoup de patience .» (GILBERT-DREYFUS.)

HI. — Traitement de l'Exophtalmie

1° Ce sont les mauvais résultats si fréquents des autres thérapeutiques, en même temps que les arguments pathogéniques lors invoqués à la base de l’exophtalmie, qui ont prolongé la pratique des interventions sur le Sympathique Cervical, qu’il ’agisse de l’opération de JABOULAY (résection totale ou par- ‘ielle du ganglion cervical supérieur et des 2 ou 3 centimètres ous-jacents) ou de l’opération de JONNESCO (résection totale lu sympathique cervical et de ses trois ganglions). Leurs indi- -ations se sont en fait rapidement restreintes, de panacée qu’elles ‘taient primitivement, aux seules manifestations oculaires ‘ardives.

Il y aurait, en effet, une action réelle et vraiment immédiate; ‘es différents signes sont améliorés. La rétraction du globe oculaire est quasi constante. [l s’y ajoute ordinairement un rétrécis- ‘ement de la fente palpébrale, un resserrement pupillaire, une vaso-dilatation passagère des vaisseaux conjonctivaux. Il n’y vurait jamais aucun trouble trophique du côté des yeux ou de la ‘ace après la sympathectomie.

Voici une observation de M. MARCEL LABBE, qui montre

bien l'importance des résultats parfois obtenus :

Observation XXXIV. — Homme de 64 ans. Maladie de Basedow vec corps thyroïde de volume normal, exophtalmie intense, énucléaion menaçante de l’œil ayant nécessité une suture des paupières (sans ‘isultai aucun), tachycardie à 110, amaïigrissement de 6 kilos, métabosme basal à + 23,6 %.

Ni les traitements médicaux, ni la faradisation du sympathique avaient eu d’action dans ce cas. L’iode à la dose de 0 gr. 10 en eut une apide; la ta‘hycardie disparut, le métabolisme basal revint à la normale; le poids augnrenta pendant toute une année; mais l’exophtalmie esta toujours aussi acccntuée.

C’est alors que la résection du sympathique cervical fut effectuée, ur notre conseil, par le professeur LERICHE. Elle amcna une diminu-

tion notable de lexophtalmie, mais non des autres symptômes (amai grissement, élévation du Métabolisme Basal, tachycardie) qui durent une fois encore, être réfrénés par l’Iode.

Nous avons également trouvé dans la thèse de BENDERIT TER deux observations récemment publiées par VIANNEY qu’ a pratiqué sur ses malades la résection de la partie supérieure de la chaîne sympathique cervicale sous anesthésie local: à l’Allocaïne Lumière à 1/200. Dans le premier cas, l’action es légère sur l’exophtalmie, nulle sur le goitre. Tachycardie € tremblement sont en revanche très sensiblement améliorés. L’éta: général se relève rapidement; par la suite, l’exophtalmie rétre cède encore un peu. Dans le second cas, le côté droit est d’aborc opéré, il y a rétrocession nette de l’exophtalmie avec rétrécisse ment de la fente palpébrale. Trois mois plus tard, l’intervention pratiquée du côté gauche amena le même succès,

Beaucoup d’auteurs ont également suivi cette méthode êt l'or pourrait citer plusieurs observations de M. le professeur JEAN-

NENEY.

Mais la Sympathectomie n’est pas toujours couronnée de succès.

CARRE, KOCHER, KURTIS entre autres n’en ont pas obtent: de bons résultats. Nous donnerons ci-dessous une observatior rapportée par M. le professeur MARCEL LABBE qui montrc en outre que la section du sympathique cervical, même entre les mains les plus habiles n’est pas toujours inoffensive :

Observaion XXXV. — Dans un autre cas de Maladie de Basedow où la thyroïdectomie pratiquée par M. LEIBOVICI avait abaissé le Métabolisme Basal à + 12 % et fait disparaître tous les symptôme: hormis l’exophtalmie, la sympathectomie unilatérale pratiquée par M. le professeur LERICHE fut inopérante. Bien plus, trois ans après l’acte chirurgical, l’œil du côté opéré est nettement. plus saillant que l’autre. Enfin, l’opération a été suivic d’une paralysie du Nerf Spinal qui a duré plus d’une année.

On pourrait dire avec M. JUSTIN-BESANCÇON « qu'on es: presque étonné de ne pas la voir toujours réduire l’exophtalmie > puisqu'il en est expérimentalement ainsi. Maïs à là réflexion. cela n’est pas tellement surprenant. Suivant chaque individu, la

disposition sympathique cervicale varie : condensation en un cordon, dispersion en plexus, indépendance totale ou accollement des filets au Pneumogastrique, prédominance des vaso-dilatateurs dans les racines de tel ou tel ganglion, etc. Il peut y avoir de telles différences d’un sujet à un autre qu’il ne faut pas s’étonner d'obtenir des guérisons durables avec une simple section chez les uns, des insuccès ou des récidives avec une résection complète des ganglions sympathiques, chez d’autres.

Ces interventions qui peuvent être dangereuses sont donc loin d’avoir une efficacité certaine.

A moins enfin de considérer comme CHALLIER qu’il importe moins de détruire que de perturber, — ces interventions ne peuvent plus être considérées comme « pathogéniques ». Selon l'expression de M. JUSTIN-BESANÇON ce ne sont que de « simples tentatives orthopédiques », de simples pis-aller prothétiques, — au même titre que ces résections ostéo-plastiques modelantes de l’Orbite, actuellement abandonnées, et que nous ne ferons que citer.

2° Parmi les méthodes tendant à remonter à la cause de l’Exophtalmie, nous mentionnerons — sans plus — les Méthodes Sympathicothérapiques, tant par voie nasale que par acupuncture. Notre ignorance de la question est actuellement entière, mais nous pensons qu’il y a là matière à études consciencieuses et scientifiques.

3° Le traitement actuellement de beaucoup le plus efficace, entièrement anodin, aisément praticable, est basé sur l’emploi des Médicaments Sympatholytiques, fruit des recherches et des observations de M. le professeur agrégé JUSTIN-BE:- SANCON, et de ses collaborateurs, recherches et observations consignées au long de cette thèse.

Aussi laisserons-nous dorénavant la parole à M. JUSTIN-

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