‹ Étude de l'exophtalmie BasedowienneChapitre 29 sur 40 · BESANCON · texte numérisé non relu

BESANCON

« Le deuxième traitement, écrit-il, est basé sur l’emploi des Sympatholytiques. C’est seulement, ne l’oublions pas, un traitement symptomatique de l'excitation‘du sympathique orbitaire, au

même titre que la belladone est un traitement symptomatique de l’hypertonie du tractus digestif.

1° Les Médicaments : Nous avons utilisé essentiellement les alcaloïdes du groupe de l’Yohimbine. Il est indispensable de n’employer que des yohimbines soumises au contrôle biologique. et efficaces contre l’exophtalmie ephédrinique chez le chien, lout en étant peu toxiques. Les isomères dextrogvres donnent lieu à certains phénomènes d’intolérance : troubles digestifs (nausées) et nerveux (tendances à l’insomnie). L’isomère levogyre, la Corynanthine, est, au contraire, très bien toléré.

Ces médicaments exposent à l’accoutumance, en ce sens qu'après quelques semaines ou quelques mois, les mêmes doses ne semblent pas produire les mêmes effets.

Notons que ces yohimbines ne produisent aucun effet génital, ni à faibles, ni à fortes doses (contrairement, ajouterons-nous, à l’assertion de certain fabricant d’Yohimbine du commerce, qui conseille les fortes doses pour éviter les désagréments inhérents aux petites).

(MM. FOURNEAU et BOVET, Mille JEANNE LEVY ont préparé des sympatholytiques synthétiques qui pourront peutêtre remplacer l’yohimbine et auront l’avantage de posséder une activité plus constante. Nous les avons indiqués page 122.

M. JUSTIN-BESANCON et Mlle D. KOHLER en poursuivent actuellement l’étude expérimentale. Ils ne sont pas encore appliqués à la clinique.)

2° Posologie : La voie d'administration la plus pratique de l'Yohimbine est la voie buccale. Nous donnons aux malades des cachets dosés à 2 centigrammes d’alcaloïde, en nombre progressif jusqu’à atteindre 5 cachets par jour, soit 10 centigrammes.

Le traitement doit être continué de façon ininterrompue pendant quatre à six mois. Après ce temps, il est poursuivi avec des interruptions d’une quinzaine tous les deux ou trois mois.

3° L’indication majeure de ce traitement sympatholytique est réalisée par. les exophtalmies résiduelles des malades dont l’hyperthyroïdie a été efficacement effacée et, cas plus rare, par les Exophtalmies de type Basedowien sans hyperthyroïdie.

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Plus précoce a été le traitement, meilleurs sont les résultats. Mais la médication sympatholytique conserve une action incontestable, même pour des exophtalmies Basedowiennes très anciennes, datant de dix et quinze ans. Cependant, dans ces cas anciens, l’organisation fibro-graisseuse retro-bulbaire en limite beaucoup les effets.

Les résultats dûment suivis sous le contrôle de l’exophtalmomètre et de la photographie (cf.), pendant plusieurs années, se répartissent actuellement en trois groupes :

1. — Dans un premier groupe, de bons résultats: l’exophtalmie disparaît tctalement en huit à dix mois. Tantôt cette régression persiste et le traitement Yohimbinique cesse d’être utile, tantôt les cures d’entretien sont nécessaires.

Dans les 3 cas de diplopie (Observations I, IT et IIT, pages 38 et 39) étudiés avec Mme SCHIFF-WERTHEIMER, nous avons

obtenu la régression totale ou partielle de ce symptôme gênant.

(Dans le cas de cette autre diplopie (Observation XXX, page 139) une seule semaine de traitcment ambulatoire par 3 cachets de 2 centigrammes d’Yohimbine pro die, amena une rétrocession de 2 millimètres pour un œil, 3 1/2 pour l’autre.)

2. — Dans un second groupe se placent les résultats bons mais incomplets. Pendant quelques mois, la courbe exophtalmométrique s’abaisse, puis s’arrête à un chiffre au-dessous duquel elle ne descend pas. Cet effet partiel est en pratique très intéressant quand il s’agit d’exophtalmie monstrueuse mettant la cornée en danger. Depuis que nous avons à notre disposition ce traitement yohimbinique nous n’avons plus eu à faire pratiquer une seule blépharorraphie.

3. — Enfin nous tenons essentiellement à souligner que nous avons observé des échecs thérapeutiques chez quelques sujets, avec des yohimbines possédant pourtant une efficacité expérimentale incontestable et agissant sur d’autres malades; il y a là une question fort intéressante du point de vue ni ee a

logique. » M. JUSTIN-BESANCON.)

LS

Rétrocession d'une exvphlalmie Basedowienne sous l'influence d’un traitement Yohimbinique. (Photographie extraite de l’article de M. Justin-Besançon, in Presse Médicale n° 6, 18 janvier 1936.)

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