CONCLUSIONS
LE — Au cours des âges, les notions concernant le Goitre Exophtalmique se sont peu à peu modifiées. Considérée d’abord comme un phénomène à part, l’exophtalmie a, par la suite, été rattachée au goitre qui l’accompagne. Tel est le mérite de PARRY, de GRAVES, de BASEDOW. Les noms de TROUS- SEAU et de CLAUDE BERNARD illustrent cette évolution.
Le mérite enfin de notre maître, M. le professeur MARCEL LABBE, fut de démembrer les Syndromes Basedowiens et d’établir la notion de Syndromes Para-Basedowiens qui peuvent être en tous points (hormis l’évolution) semblables au Goitre Exophlalmique (ou Maladie de Basedow vraie), mais relèvent exclusivement d’un déséquilibre vago-sympathique, sans qu’intervienne nulle hyperthyroïdie, ainsi qu’en témoigne un chiffre normal ou sub-normal du Métabolisme Basal.
EH. -— L’Exophtalmie de ces Syndromes Basedowiens et Para-Basedowiens est en effet indépendante de l’hyperthyroïdie. C’est une variété bien définie d’exophtalmie : généralement bilatérale, elle est axile, réductible et variable. Nullement inflammatoire, elle ne s’accompagne en outre ni d’œdème orbito-palpébral, ni de stase rétinienne, ni de stase rétro-oculaire, ni d’hypertonie du globe, ni de troubles visuels subjectifs. Ce n’est enfin et surtout pas une Exophtalmo-Mydriase.
Elle est en général associée à un certain nombre de signes oculaires actuellement bien classiques, parmi lesquels les Paralysies de la Musculature Extrinsèque sont exceptionnelles, mais d’un gros intérêt pathogénique.
Jil. — Le diagnostic d'Exophtalmie est généralement facile. L'absence de mydriase exclut une excitation directe du Sympathique Cervical. Bien que des exophtalmies de type Basede: en
aient été signalées au cours ou au décours de lésions ou troubles encéphaliques ou hypophysaires, on est généralement très vite amené au diagnostic d’ « exophtalmie manifestation d’un Syndrome Basedowien ».
La mesure du Métabolisme de Base indiquera alors le degré d’activité du corps thyroïde. Exagérée, il s’agira bien d’une Maladie de Basedow. Normale ou subnormale, il ne pourra s’agir que d’un déséquilibre neuro-végétatif. Une étude complète du malade (tests pharmacodynamiques notamment) montrera les modalités et le sens de cette perturbation.
IV. — Si la gravité de la Maladie de Basedow influe peu sur l’exophtalmie, celle-ci peut en revanche entraîner de graves complications. Les complications cornéennes (dont la pathogénie est vraisemblablement complexe) peuvent aboutir à d’importants troubles de la vision, voire à la perte d’un ou des deux yeux, — à la mort.
V. — On a longtemps et successivement invoqué pour déterminisme de cette exophtalmie Basedowienne, un développement exagéré du tissu adipeux rétro-oculaire, une augmentation des liquides intra-oculaires, une gêne de la circulation orbitaire. Il semble bien démontré à l’heure actuelle qu’il faille chercher la raison de cette protrusion dans un contracture de la museulature lisse extra-oculaire (Muscle de Landstrôm ou autre) habituellement confondue avec la Capsule de Tenon.
VI. — Il ne peut donc s’agir que d’une excitation sympathique. L’excitation directe du Sympathique Cervical ne peut être en cause puisque déterminant une Exophtalmo-Mydriase aves augmentation du tonus du globe et œdème orhito-palpébral. L’hyperthyroïdie, on le sait, n’est ni nécessaire ni suffisante à produire pareilles exophtalmies; elle n’a qu’un rôle adjuvant. . Une excitation locale ou générale de l’Ortho-Sympathique n’en est pas davantage capable. L’expérimentation pharmacodynamique de M. le professeur-agrégé JUSTIN-BESANÇON, de Mile D. KOHLER, de Mme SCHIFF-WERTHEIMER et de M. PIERRE SOULIE a en réalité démontré l’individualité pharmacologique, donc physiologique, complète, des terminaisons sympathiques motrices des fibres lisses produisant l’evorbitis, en