ET DES MOTIFS DE LA PRENDRE POUR BUT
Le bien n’est que l’ordre, ou le beau dans le sens moral. Lame qui en fait l’objet de ses constantes recherches aspire à la perfection. Elle ne peut y parvenir que par le triomphe de la raison sur les passions, de l’intérêt général sur l’intérêt privé, et parfois de l'amour du prochain sur l'amour de soimême. Parmi les obstacles sans nombre qui nous rendent cette victoire difficile et souvent impossible, il faut placer au premier rang notre molle indulgence pour nos penchants ou nos caprices. C’est celte indulgence qui nous habitue a considérer tous nos désirs comme des besoins légitimes, et qui finit par étouffer en nous le sentiment moral.' Pour conserver à la conscience son autorité tutélaire, nous devons étudier, avec soin, les plus secrètes impulsions de notre àme, et juger chacune de nos actions avec la sévérité que nous mettrions à la juger dans autrui. S’il nous arrive de nous tromper, malgré tant de soins pour discerner la vérité, nous pourrons bien sentir le regret, mais jamais le remords.