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CHAPITRE III

Un bon cœur, attristé par l’ingratitude, se distrait eu faisant encore des ingrats.

L’esprit attire, la bonté fixe. Leur alliance est d’un charme irrésistible.

L’homme le meilleur, quand il éprouve une violente souffrance, n’accorde sa pitié qu’aux douleurs semblables à la sienne. Sa sensibilité ne s’émeut plus que de celles-là, pour les autres, comme pour lui-même.

La compassion est une habitude chez les hommes Ijons, une distraction chez les autres.

Il n’est permis de blâmer un malheureux qu’après l’avoir secouru.

La souffrance même a ses douceurs, quand on peut la confier à uriefemme qui sait y compatir.

Le pauvre, dans sa compassion, est ordinairement plus généreux que le riche : il comprend la misère. Mais quelquefois l’exa • géralion de la bienfaisance du pauvre n’est qu’une inspiration de sa vanité, ou qu’un blâme infligé à l’égoïsme du riche.

g II. — Générosité.

La génèl'ositè est une l>onté magnifique. Elle naît d’un penchant à faire le bien , et va jusqu’à le rendre pour le mal. Mais

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